STARTUP NATION. C’était il y a six ans. Dans Les Echos : « Ambiance surchauffée à Tel-Aviv au salon de l’innovation DLD, qui avait pour guest star Emmanuel Macron, reçu par le gourou de la tech israélienne Yossi Vardi. A 73 ans, celui qui a fondé ou soutenu plus de 86 jeunes pousses, tel Mirabilis, l’inventeur de ICQ (cédé à AOL pour $400 millions), n’a pas boudé son plaisir face au patron geek de Bercy.
De son côté, le ministre de l’Economie n’a guère eu de mal à expliquer pourquoi il avait mis le cap sur la « Nation Start-up », second pôle d’innovation mondial derrière la Silicon Valley. « Nous avons besoin de votre énergie ! », a lancé le VRP de la French Tech ».
LE CYBER. Cinq à six ans ans après cette déclaration il n’y a malheureusement pas eu un boom des relations entre la France et Israël dans la hightech. On assiste cependant a de nombreux rachats par des multinationales françaises de startup israéliennes. Le domaine du cyber est en numéro 1. Les visites des ministres français de l’innovation n’ont plus eu lieu depuis la crise du Covid, mais les israéliens n’en veulent pas trop aux ministres français qui font de belles déclarations, juste pour marquer leur passage dans l’Etat Hébreu. Ce qui a vraiment évolué en cinq ans : les industriels français connaissent bien le potentiel hightech israélien. L’effet « découverte » est terminé. De plus en plus de spécialistes et relais d’affaires existent entre les deux pays. Les français collaborent avec des israéliens sans entraves majeures. Ce qui est certain : le rôle des relations politiques entre la France et Israël, qui ont joué dans la passé un frein majeur, a diminué fortement. Les français n’attendent pas un feu vert avant de s’attaquer au marché israélien. Ceci est bien le cas dans les domaines du cyber, biotech. CONCLUSION. Le saviez-vous? Depuis l’élection de Emmauel Macron, des entreprises israéliennes ont été rachetées par des firmes françaises. Des labos ont été montés. Des investissements ont eu lieu. Des emplois ont été créés. Selon kountrass.com : « 78 % des acquéreurs d’entreprises israéliennes sont américains. Les français rachètent aussi des leaders israéliens. Certains rachètent des petites entreprises comme LVMH, Thales, Havas, Faurecia. D’autres créent des laboratoires locaux, comme STMicroelectronics, Renault-Nissan ou Orange ; d’autres encore investissent dans des fonds de capital-risque et des partenariats locaux, comme Engie, Valeo, Airbus, Thales ou Alstom. La filiale d’une grande entreprise publique comme EDF est numéro un local de l’énergie solaire, avec plusieurs centrales photovoltaïques installées dans le Néguev. Total ou Sodexo ont également une forte présence en Israël. Le premier y produit des batteries électriques via sa filiale Saft et détient ou co-détient cinq centrales solaires avec Total Eren. Le second, leader mondial de la restauration collective, emploie plusieurs milliers de personnes dans différentes filiales locales, et s’enorgueillit de détenir la concession de la buvette du Parlement israélien. Plusieurs groupes français, pour l’essentiel figurant dans le CAC 40, s’illustrent particulièrement en Israël : Altice, Publicis, L’Oréal, Danone et enfin Orange. Publicis, dont Élisabeth Badinter est la première actionnaire, est le numéro un de la publicité en Israël, avec une dizaine d’agences. Le réseau gère d’énormes budgets, comme ceux de Coca-Cola ou d’El Al, la compagnie aérienne. Altice, dirigé par Patrice Drahi, propriétaire en France de SFR et de BFM, détient notamment le groupe Hot — télécoms, câble et production audiovisuelle — et la chaîne I24 News. Danone est pour sa part le deuxième actionnaire de Strauss, le leader des produits laitiers frais, qui fabrique et commercialise plusieurs marques du groupe, avec 20 % du capital ». LE PLUS. Henri Cukierman, Président de la CCFI (Paris). « Israël est-il un partenaire intéressant ? Sur le plan macroéconomique, c’est l’un des pays de l’OCDE qui a le mieux traversé la crise.Partager :