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EDITORIAL. Bizarre quand même. En Israël le dossier explosif de corruption du Parlement Europeen n’intéresse personne… du moins en public. La presse n’en parle presque pas (une prudence très inhabituelle). Israël observe avec attention le rôle du Maroc, du Qatar et des Emirats dans ce dossier explosif.

Le Parlement européen a demandé jeudi de fermer temporairement la porte à tout représentant des intérêts du Qatar et a décidé de suspendre tout travail législatif en lien avec l’émirat, à l’issue d’une semaine agitée par un scandale de corruption touchant le cœur de l’institution européenne.

À une quasi-unanimité (541 voix pour, deux voix contre et trois abstentions), les eurodéputés, « consternés » par ces actes présumés de corruption visant en premier lieu l’eurodéputée socialiste grecque Eva Kaili, demandent « instamment la suspension des titres d’accès des représentants d’intérêts qatariens » le temps des enquêtes judiciaires.

SELON EURONEWS.

Scandale au Parlement européen. La vice-présidente de l’institution, Eva Kaili, a été arrêtée vendredi et mise en examen pour corruption, blanchiment d’argent et organisation criminelle en lien avec un pays du Golfe. En pleine Coupe du monde, tous les soupçons et les premiers éléments de l’enquête se tournent vers le Qatar.

Ce lundi la présidente du Parlement européen a vivement réagi. Roberta Metsola a ainsi affirmé que « la démocratie européenne est attaquée », exprimant également  « f_ureur, colère et tristesse_ » dans l’hémicycle de Strasbourg ce lundi après-midi.

« Il n’y aura aucune impunité (…) rien ne sera mis sous le tapis« , a-t-elle promis, en annonçant une « enquête interne » pour examiner tous les faits liés au Parlement européen et faire en sorte que l’institution améliore ses procédures.

La police belge, elle, a mené également ce lundi une perquisition dans les locaux du Parlement européen à Bruxelles. Il s’agit de la vingtième perquisition en quatre jours en Belgique dans le cadre de cette enquête, selon une source judiciaire. C’est la première qui cible directement des locaux du Parlement européen.

Des sacs de billets.

Eva Kaili, élue socialiste grecque, est soupçonnée d’avoir utilisé son rôle au sein du Parlement européen pour essayer d’influencer les décisions de l’hémicycle.

« La Coupe du monde au Qatar est en fait la preuve que la diplomatie sportive peut réaliser une transformation historique d’un pays, avec des réformes qui ont inspiré le monde arabe« , défendait Eva Kaili en pleine session plénière.

Depuis son arrestation, l’ancienne présentatrice télé a vu tous ses avoirs gelés par l’Autorité grecque de lutte contre le blanchiment. Elle est aussi suspendue de toutes ses fonctions au Parlement.

Selon le quotidien belge Le Soir, l’entourage de l’eurodéputée est aussi dans le viseur de la justice. Son compagnon est mis en examen. Francesco Giorgi est assistant parlementaire dans l’hémicycle européen et responsable au sein de l’ONG Fight Impunity. La police aurait retrouvé au domicile du couple 150 000 euros dans des sacs à main et sacs de voyage de luxe.

Le père d’Eva Kaili a été arrêté à la sortie de son hôtel avec une valise pleine de billets. Après une nuit en détention il a finalement été libéré par la police.

Autre personnage clef de cette affaire : Pier Antonio Panzeri. L’ancien député européen, social-démocrate, et président de Fight Impunity est mis en examen. Les enquêteurs ont retrouvé chez lui 600 000 euros en cash. Ils soupçonnent l’ancien parlementaire de diriger une véritable organisation criminelle soutenue par un Etat étranger, encore une fois les regards se tournent vers le Qatar.

Une quatrième personne est poursuivie par la justice mais son identité reste secrète pour le moment. Au moins 20 perquisitions ont eu lieu, dont certaines dans les locaux du Parlement européen à Bruxelles où des bureaux sont toujours scellés par la justice.

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