Le président d’une banque israélienne a participé à un forum d’investisseurs en Arabie saoudite et souligné les « opportunités incroyables » dans la riche monarchie pétrolière du Golfe, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël.

L’Arabe israélien Samer Haj-Yehia, qui pilote le conseil d’administration de la banque Leumi depuis 2019, était l’un des invités de la Future Investment Initiative (FII), un forum de trois jours dans la capitale saoudienne Ryad, surnommé parfois le « Davos du désert ».

Selon la banque Leumi, l’apparition de Haj-Yehia est « la première visite publique officielle d’un haut responsable d’une entreprise israélienne » dans la monarchie du Golfe, première économie du monde arabe.

« Les opportunités sont incroyables et l’industrie fintech en particulier est en pleine expansion », a déclaré Samer Haj-Yehia devant un panel d’experts, auquel participaient aussi le PDG du groupe saoudien EXIM Bank et des banquiers occidentaux.

« L’économie est très saine, contrairement à d’autres économies dans le monde, et les perspectives d’avenir sont très favorables », a-t-il ajouté, soulignant l’abondance du capital dans le royaume et l’accès de sa jeune population à une « technologie mobile très avancée ».

Interrogé par les journalistes, Samer Haj-Yehia n’a pas voulu s’exprimer sur les obstacles auxquels font face les entreprises israéliennes pour pénétrer le marché saoudien.

Il a également refusé de répondre aux questions concernant son voyage et le passeport qu’il a utilisé.

Sa participation au forum représente néanmoins « un nouveau petit pas vers une relation israélo-saoudienne plus importante mais toujours limitée, une coopération et même du commerce », a estimé Hussein Ibish de l’Arab Gulf States Institute, un centre de réflexion basé à Washington.

Selon le chercheur, « les Israéliens accepteront tout ce qu’ils peuvent obtenir des Saoudiens ».

Quant à l’Arabie saoudite, le pays semble, a-t-il souligné, de plus en plus « à l’aise avec tout ce qui ne crée pas trop de polémique publique: des mesures limitées, des choses qui semblent ne pas signaler un changement majeur ».

L’Arabie saoudite, qui n’autorise généralement pas les Israéliens à entrer sur son territoire, a commencé ces derniers mois à délivrer des visas spéciaux aux citoyens israéliens, principalement aux hommes d’affaires, a rapporté le média israélien Globes en mai 2022.

L’Arabie saoudite ne reconnaît pas Israël et n’a pas adhéré aux accords d’Abraham qui ont normalisé les relations entre l’État hébreu et deux autres pays du Golfe – les Émirats arabes unis et Bahreïn – conclus en 2020 sous l’égide des Etats-Unis.

La visite du président américain Joe Biden à Jeddah en juillet avait alimenté les spéculations sur un éventuel rapprochement entre Israël et le royaume, où s’étaient rendus plusieurs journalistes israéliens détenteurs de passeports étrangers.

L’autorité saoudienne de l’aviation civile avait annoncé pendant cette visite la levée des restrictions de survol pour « tous les transporteurs », ouvrant la voie à l’utilisation de l’espace aérien saoudien par les avions israéliens.

Bien qu’Israël et l’Arabie saoudite n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles, ils ont maintenu des liens secrets ces dernières années, le prince héritier saoudien Mohammad bin Salman considérant apparemment Israël comme un partenaire stratégique dans la lutte contre l’influence iranienne dans la région.

En outre, avant la visite du président américain Joe Biden à Djeddah en juillet, l’Arabie saoudite a autorisé les compagnies aériennes à commencer à utiliser son espace aérien pour des vols à destination d’autres régions que le Moyen-Orient, tout en insistant sur le fait que cette mesure ne constituait pas un pas vers la normalisation.

Le Fonds monétaire international prévoit une croissance de l’économie saoudienne de 7,6 % en 2022. Le rapport sur les perspectives de l’économie mondiale, publié par le Fonds monétaire international, a montré l’Arabie saoudite en tête des pays du G20 en termes de taux de croissance en 2022, après que le Fonds a mis à jour ses précédentes prévisions publiées en juillet 2022.

Le Fonds monétaire international a maintenu ses prévisions de croissance de l’économie saoudienne pour 2023, à 3,7%, selon le rapport sur les perspectives de l’économie mondiale.

 

Souhail Ftouh

//identitejuive.com

 

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