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Réunir dans un même bâtiment un fonds d’investissement, des services de légalisation, un bureau de l’Office de la propriété industrielle et commerciale, des services postaux et un bureau de sécurité sociale, le tout avec des conférences et autres workshops tout au long de l’année. C’est la recette du Technopark pour booster l’entreprenariat innovant au Maroc. Accueillies dans cet écosystème, les start-up sont incitées à faire leurs preuves pendant cinq ans au bout desquels, elles doivent avoir musclé leurs chiffres d’affaires, doublé leurs effectifs et être capables de voler de leurs propres ailes.

Implanté à l’entrée de Casablanca, à proximité du centre d’affaires de Sidi Maârouf, cet immeuble à l’architecture futuriste est devenu au fil des années une pépinière de jeunes pousses du royaume. Si bien qu’en vingt ans, la Moroccan Information Technopark Company (MITC), la société de gestion du lieu, a accompagné quelque 3 000 entreprises opérant dans le domaine de la technologie, « dont 1 500 hébergées directement au Technopark », se félicite sa directrice générale Lamiae Benmakhlouf.

Une « aventure » qui a démarré en 2001 quand le roi Mohammed VI a donné le coup d’envoi de l’incubateur, dont les services se limitaient alors à proposer des locaux prêts à l’emploi, moyennant moins de 150 euros de loyer mensuel et un accès gratuit à internet – dont le prix était très dissuasif à l’époque. « C’est comme cela que nous avons attiré de plus en plus de start-up. Mais notre business model s’est transformé au fur et à mesure, et nous avons rapidement identifié que ces entreprises avaient absolument besoin d’un accompagnement de proximité », explique encore la maîtresse des lieux.

Il s’agit de permettre aux startupeurs de se consacrer totalement à leur activité, loin des tracasseries administratives du quotidien. Une méthode qui a porté ses fruits au vu du bilan présenté en 2021 : 86 % de ces jeunes pousses réussissent après deux ans d’incubation. « C’est énorme en comparaison de celles qui se développent sans l’accompagnement du Technopark, et pour lesquelles le taux de réussite est de 30 % dans les meilleurs des cas », explique Lamiae Benmakhlouf. Par ailleurs, 25 % des entreprises accompagnées parviennent à exporter leurs services à l’international, et particulièrement en Afrique subsaharienne.

« Nous avons créé plus de 15 000 emplois directs à travers l’ensemble de ces start-up, qui génère un chiffre d’affaires annuel de 900 millions de dirhams (près de 85 millions d’euros), soit 10 % du marché national IT, hors télécom », résume la directrice générale de MITC, qui s’attelle désormais à étendre l’expérience à d’autres régions du royaume.

Après avoir lancé un Technopark à Rabat en 2012, puis à Tanger en 2015, la Moroccan Information Technopark Company a en effet dupliqué le projet en 2021 à Agadir, où il gère parallèlement depuis 2020 une « cité de l’innovation », en attendant d’investir d’autres villes. « Nous avons par ailleurs trois projets en développement à Fès, à Oujda et à Tiznit. Nous sommes sollicités par d’autres régions, mais on va y aller crescendo parce qu’il faut ficeler un partenariat solide avec les régions pour réussir ces projets », nous confie la dirigeante.

Une expansion qui épouse les orientations du nouveau modèle de développement du royaume, qui fait la part belle à l’innovation et à la régionalisation. Des talents existent dans tout le pays dans le domaine de la technologie et tout citoyen marocain porteur d’idée innovante de la transformer en entreprise performante doit avoir sa chance de la développer.

Source : Jeune Afrique & Israël Valley (résumé)

 

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