Partager :
L’Allemagne a obtenu l’approbation pour l’achat du système de défense antimissile israélien Arrow 3 Iron Dome. Ce contrat porte un nouveau coup dur à l’industrie européenne de l’armement.

Le budget de 100 milliards d’euros en armement décidé par l’Allemagne est dépensé à une vitesse hypersonique. Après la décision d’acheter des F-35, Berlin va s’équiper de l’Arrow 3, le système antimissile israélien également surnommé « Dôme de Fer ».

Ce projet avait été dévoilé par la presse allemande fin mars. Il vient de recevoir l’aval d’Israël et des Etats-Unis, selon une information du Jerusalem Post. Le lieutenant-général Ingo Gerhartz a même déclaré à ce quotidien que « l’Arrow 3 est le système le plus pertinent pour les menaces qui pèsent sur la nation européenne ». Développé par l’israélien IAI avec Boeing, l’Iron Dome est capable d’intercepter des missiles balistiques à des altitudes de plus de 100 kilomètres et avec une portée allant jusqu’à 2400 kilomètres.

« L’Iron Dome est utilisé pour les menaces à courte portée et nous avons une industrie assez capable chez nous et nous allons nous procurer des systèmes pour cela », a déclaré Ingo Gerhartz en ajoutant que des détails avec les Etats-Unis et Israël restent à régler sur une « collaboration ».

Un besoin urgent

Pour obtenir cette validation américano-israélienne, les choses ont été menées tambour battant. Le Jerusalem Post note même que ce serait la première fois que l’Arrow 3 serait vendu à un pays étranger.

« Pour nous protéger contre la menace russe, nous avons besoin rapidement d’un bouclier antimissiles à l’échelle de l’Allemagne », expliquait dans Bild le rapporteur au Bundestag pour le budget de la défense, Andreas Schwarz.

Cette annonce est perçue comme un nouveau coup dur pour l’unité européenne en matière d’armement. Après le choix d’acheter 35 chasseurs F-35 et peut-être même 15 de plus, et avoir choisi le moteur de GE pour équiper l’Eurodrone d’Airbus, l’Allemagne semble faire cavalier seul en matière de défense européenne.

Coup dur pour l’industrie européenne

Le dossier s’alourdit avec l’hélicoptère de combat Tigre dont la modernisation se fera sans l’Allemagne qui pourrait s’équiper des AH-64 Apache américains. Ou encore le contrat de 1,43 milliard d’euros avec Boeing pour équiper sa marine de cinq patrouilleurs maritime P-8A Poseidon plombant ainsi le programme MAWS avec la France.

Ces investissements vont-ils remettre en question la participation de Berlin dans le programme Scaf, l’avion du futur conçu avec la France et l’Espagne ou le char du futur MGCS (Main Groud Combat System) qui doit remplacer en 2035 le Leclerc et le Leopard? L’Allemagne assure que non.

En France, beaucoup le craignent, notamment Éric Trappier, patron de Dassault Aviation. Ces craintes ont aussi été soulevées par le rapport Mirallès/Thiériot de la Commission défense de l’Assemblée nationale. Sceptique, Éric Trappier a d’ores et déjà annoncé qu’il préparait un « plan B » au cas ou.

BFM BUSINESS.

Partager :