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Hassen Chalghoumi était hier soir à la Résidence de France. Très souriant il a participé à une rencontre exceptionnelle menée par ELNET. IsraelValley a eu l’occasion d’échanger quelques mots avec l’Imam.

L’association Elnet en partenariat avec l’imam Chalghoumi de Drancy fait découvrir Israël à de jeunes musulmans de France et de Belgique. Elnet, soit European Leadership Network, affiche son ambition : « Œuvrer au renforcement des relations bilatérales entre Israël et la France ».

Selon ELNET :

Arié Bensemhoun, Président ELNET France. « Le projet des ambassadeurs de la paix est une chance inouie de faire découvrir la réalité d’Israël pour combattre la désinformation. Ce projet est né de la volonté partagée de créer un pont entre les acteurs de la paix de demain. Il était évident que la méconnaissance d’Israël ne pouvait trouver de solution que dans un voyage riche en partages et en émotions ».

AVANT LA VISITE EN ISRAËL DES PARTICIPANTS.

« Au mois de juillet prochain, 40 jeunes musulmans français et belges se rendront en Israël, à l’initiative de l‘Imam Hassen Chalghoumi, Président de l’association culturelle des musulmans de Drancy.

L’objectif de ce voyage organisé par ELNET est de montrer aux participants, originaires de villes sensibles comme Moleenbeek, bastion de l’islamisme, la réalité de la démocratie israélienne.

Pendant une semaine, les participants découvriront la diversité sociale du pays ainsi que les problématiques sécuritaires auxquelles il est confronté. Ils établiront un dialogue franc et constructif avec les représentants de la société civile mais aussi avec les mondes religieux et politiques. Le précédent voyage, qui avait eu lieu en juillet 2019, a eu un impact extrêmement positif. A leur retour en France et en Belgique, les jeunes sont devenus de véritables ambassadeurs de la paix et du dialogue, et continuent d’œuvrer au rapprochement des musulmans et des juifs ».

Les précédentes Visites en Israël de Hassen Chalghoumi :

Invité en Israël à un colloque intitulé « religion et laïcité », il se rend à Tel Aviv le . Il est accompagné de plusieurs personnalités françaises dont le philosophe Alain Finkielkraut, l’essayiste Caroline Fourest, et la journaliste Élisabeth Lévy.

Le , Chalghoumi se rend en Israël accompagné d’une délégation de douze imams français. Cette démarche, à l’initiative de l’ambassade d’Israël, reçoit le soutien du ministère français des Affaires étrangères (le quai d’Orsay).

Ce voyage qui est intégralement financé par l’ambassade d’Israël en France permet à la délégation de se recueillir au mémorial de Yad Vashem et sur les tombes des victimes de Mohamed Merah, assassinées le 19 mars à l’école juive d’Ozar Hatorah à Toulouse et enterrées en Israël. « Malheureusement, côté israélien, beaucoup pensent que les musulmans de France détestent les juifs, qu’il y a de l’antisémitisme. Notre voyage prouve que ça n’a rien à voir avec l’islam » et qu’il s’agit « d’actes isolés », a alors insisté Hassen Chalghoumi.

En , après une nouvelle visite en Israël où il a dénoncé le boycott anti-Israël et une rencontre avec le président Reuven Rivlin, il est l’objet de menaces de mort à son retour en France.

BIOGRAPHIE.

Hassen Chalghoumi, né à Tunis en 1972, est un responsable associatif et religieux francotunisien.

Il est président de l’association culturelle des musulmans de Drancy, qui gère la mosquée Al-Nour dont il est l’un des imams.

Il se présente comme partisan d’un dialogue inter-religieux, notamment entre islam et judaïsme ; ce qui lui a valu, de la part de certains de ses détracteurs, le surnom d’« imam des juifs ».

Après un début de notoriété en 2006, il est, dans les années suivantes, de plus en plus présent dans les médias français en tant que représentant d’un « islam modéré ». La classe politique française en fait l’un de ses interlocuteurs dans les milieux musulmans.

Sa représentativité, ses qualifications en tant qu’imam et sa médiatisation font cependant l’objet de controverses.

Biographie

Fils d’un vétérinaire originaire d’Algérie et d’une femme au foyer originaire de Bizerte, Hassen Chalghoumi grandit dans la ville du Bardo dans une famille qu’il décrit comme « religieuse mais libérale ». Il est le seul des quatre enfants à choisir de fréquenter une école coranique. Il aurait quitté la Tunisie en 1992, « après avoir été arrêté par la police de Ben Ali », selon son ancienne plume Farid Hannache. Le futur « acteur remarqué du dialogue entre islam et judaïsme », se rend alors brièvement en Syrie puis en Turquie avant de rejoindre Lahore au Pakistan, où il restera trois ans et demi dans une madrassa, école coranique fondamentaliste dépendant du mouvement Tabligh : « Après un an de perfectionnement en Inde, j’ai obtenu un diplôme de théologien qui me permet d’être imam », explique Chalghoumi.

Depuis lors, il déclare cependant : « Je n’ai jamais été fondamentaliste […] je ne porte pas la barbe, je serre les mains de femmes et mes enfants sont dans le privé catholique. ». Cette période de sa vie est présentée par Hassen Chalghoumi de façon très différente : après le bac et jusqu’en 1996, il aurait été à la recherche de ce qu’il appelle un « islam magique », et visite les pays mentionnés ci-dessus : Syrie, Algérie, Turquie, Inde, et Pakistan donc. Selon ses dires, il aurait été séduit par l’esprit de Gandhi en Inde et par la Turquie, où selon lui, « les minorités sont protégées » et « l’État séparé de la religion ». Toujours selon ses dires, les écoles qu’il aurait fréquentées seraient des écoles soufies.

Une fois formé au Pakistan, Hassen Chalghoumi rejoint la France, en 1996, s’installant chez son frère aîné en Seine-Saint-Denis. L’année suivante, il commence à prêcher dans les foyers immigrés, notamment au foyer Sonacotra de la rue Hector-Berlioz à Bobigny. En parallèle, rapidement devenu l’un des chefs de la mouvance tabligh en Île-de France, « sillonnant les banlieues pour pratiquer le prosélytisme pakistanais » (Farid Hannache), il se fait embaucher à l’Association pour une meilleure citoyenneté des jeunes (APMCJ), officiant, entre 1999 et 2003, comme « grand frère » (médiateur) à la RATP.

En 2000, il est naturalisé français.

Le , alors qu’il est manutentionnaire sur la plate-forme de Roissy, son badge d’accès lui est retiré pour « raisons de sûreté », dans le cadre d’une enquête portant sur l’un de ses frères. Une note de la Direction générale de la Police nationale rapporte qu’en 2004, lors d’un prêche dans un foyer Sonacotra de Bobigny, il aurait été remarqué pour ses positions extrémistes, et de ses appels en faveur du Djihad. Il y affirme « celui qui va mourir au Djihad ira en direction du paradis ». De plus, selon plusieurs sources au ministère de l’Intérieur, Hassen Chalghoumi serait répertorié par les services de renseignement pour son appartenance au mouvement fondamentaliste du Tabligh jusqu’en 2005, dont il aurait été encore proche en 2010. Selon son ex-conseiller Farid Hannache, en 2004, le ministère de l’Intérieur a lancé une procédure d’expulsion à son encontre en raison de son intégrisme. Cette procédure sera annulée à la suite de l’intervention de l’Union des organisations islamiques de France. Hassen Chalghoumi nie pour sa part avoir jamais été « extrémiste », tandis que Jean-Christophe Lagarde, maire centriste de Drancy et proche de l’imam, affirme que la fiche accusant ce dernier d’extrémisme vient d’une « manipulation des renseignements généraux » : selon lui, « elle a été écrite pour justifier le retrait du badge de M. Chalghoumi parce que ce dernier avait refusé de devenir un informateur de la police. »

Il participe aux cérémonies de commémoration au camp de Drancy, durant laquelle, il reconnait la « singularité de la Shoah », nouant à cette occasion des liens avec la communauté juive. C’est également à cette époque qu’il est remarqué par Jean-Christophe Lagarde, qui en fait l’un de ses contacts privilégiés dans les milieux musulmans de sa ville.

Lorsque Lagarde rencontre les associations musulmanes qui souhaitent édifier un lieu de culte, Chalghoumi est l’imam pressenti. Il devient président de l’Association des musulmans de Drancy. La mosquée est inaugurée le . Très vite, elle rassemble des milliers de personnes chaque semaine.

En , lors du débat sur le port de la burqa, il se déclare favorable à son interdiction. Il soutient alors la loi française sur l’interdiction de la burqa.

Entre janvier et , la mosquée de Drancy, gérée par l’association al-Nour qu’il dirige, est le théâtre de vives tensions entre les partisans de Chalghoumi, les fidèles, et des partisans du collectif Cheikh Yacine de l’islamiste Abdelhakim Sefrioui. Les menaces dont il est l’objet lui valent alors la protection de la police.

En , il coécrit avec son ex-conseiller Farid Hannache, journaliste, Pour l’Islam de France. Ce dernier, s’est depuis, totalement désolidarisé de Chalghoumi.

Positionnement religieux

Sur l’islam en France

Face à la « montée » d’un islam radical et de certaines « influences étrangères », il plaide pour la formation d’imams « républicains », qui vont « fortifier des valeurs », comme celle de la place à part entière des femmes. Il dénonce l’influence de la confrérie des Frères musulmans sur l’islam, qu’il qualifie de « plaie pour l’Islam ».

Son livre, Pour l’Islam de France, est un plaidoyer pour « un islam animé par le mieux-vivre en France », où il regrette que l’islam en France soit « sous-traité aux gouvernements étrangers et aux sectes intégristes ».

Après l’assassinat de Samuel Paty, il dénonce l’islamisme à Conflans-Sainte-Honorine, en compagnie d’une dizaine d’imams : « L’islamisme est une maladie de l’islam, il faut le combattre, déclare-t-il, très ému, face aux médias. Les pays musulmans le combattent, l’islam politique est interdit dans certains pays, pourquoi chez nous on n’interdit pas l’islamisme ? Jusqu’à quand notre jeunesse va-t-elle payer ça ? »

 

 

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