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La marque américaine Ben & Jerry’s a déposé mardi une plainte fédérale contre sa société mère Unilever, dans le but de bloquer un accord avec une entreprise israélienne permettant la vente de ses crèmes glacées en Cisjordanie.

La plainte fait valoir qu’Unilever a rompu son accord d’acquisition avec Ben & Jerry’s en annonçant un accord la semaine dernière avec le fournisseur israélien qui produit et distribue la crème glacée dans le pays, afin de poursuivre les ventes en Cisjordanie. Ceci alors que le conseil d’administration de Ben & Jerry’s a décrété l’année dernière l’arrêt des ventes dans le « territoire palestinien occupé » selon ses termes.

Unilever a en effet conclu un accord avec Avi Zinger, le propriétaire de Ben & Jerry’s Israël, et sa société American Quality Products (AQP), donnant à ce dernier une indépendance pour poursuivre les ventes en Israël et en Cisjordanie avec les logos Ben & Jerry’s en hébreu et en arabe, mais pas en anglais.

Le boycott décidé par Ben & Jerry’s  devait quant à lui entrer en vigueur à la fin de 2022, date d’expiration des contrats de Ben & Jerry’s avec Avi Zinger.

« En s’assurant que les ventes des glaces Ben & Jerry’s puissent se poursuivre en Israël et en Cisjordanie, Unilever a choisi la voie moralement correcte et socialement juste », a déclaré au Times of Israel Alyza Lewin, présidente du Louis D. Brandeis Center for Human Rights Under Law, qui représente Avi Zinger et AQP.

Le procès intenté par Ben & Jerry’s contre Unilever vise à bloquer le transfert de la marque Ben & Jerry’s à la société israélienne, à empêcher les ventes en Cisjordanie sans l’approbation de la société de crème glacée et à annuler l’accord conclu par Unilever avec Avi Zinger.

Ben & Jerry’s affirme ainsi qu’Unilever a enfreint les accords liés à son conseil d’administration et ses engagements sociaux en transférant la marque à la filiale israélienne.

« La décision unilatérale d’Unilever a été prise sans le consentement du conseil d’administration indépendant de Ben & Jerry’s, l’entité contractuellement habilitée à protéger la marque », indique la plainte soumise à la cour fédérale.

Ben & Jerry’s réclame une injonction empêchant Unilever de « violer les conditions expresses » de leur accord de fusion pour « préserver le statu quo et protéger la marque et l’intégrité sociale que Ben & Jerry’s a mis des décennies à construire ».

Israël et ses partisans ont salué l’accord entre Unilever et le fabricant israélien comme une victoire majeure contre le mouvement de boycott contre l’Etat hébreu.

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