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Le fiasco de la finale de la Ligue des Champions de football entre le Real Madrid et Liverpool, organisée à Saint-Denis samedi 28 mai, n’est pas près d’être oublié. « La fierté du pays en a pris un coup.” La télévision israélienne en a parlé dans le journal du 20 heures et a expliqué que le chaos était lié aux organisateurs français, pas aux supporters Anglais.

Courrier International : « Non seulement, le fiasco a eu lieu là où Zidane a remporté la Coupe du monde, mais aussi, et surtout, parce que le “rayonnement” de la France à l’étranger a été remis en question et, du même coup, sa capacité à organiser des événements à venir comme la Coupe du monde de rugby et les Jeux olympiques de 2024″.

EN ISRAËL? C’est certain l’image de la France n’a pas été vraiment touchée dans l’Etat hébreu. En Israël, le chaos de la soirée qui a eu lieu au Stade De France n’étonne pas trop. Peu d’articles en parlent… En Israël, d’autres sujets sécuritaires préoccupent les journaux. Des supporters se sont fait dépouiller ou agresser. Pas de morts, ni de blessés grièvement touchés. Le balagan à Saint-Denis n’intéresse pas les Rédactions en Israël.

Dans Courrier International : « Les téléphones d’amis se sont mis à biper, des “ping” incessants : leurs enfants, terrifiés par l’agressivité de l’encadrement policier, bousculés par des groupes de jeunes Français, pour certains des pickpockets, les suppliaient de venir les chercher, vite, vite, s’il te plaît. Des textos furieux sont arrivés d’agents de joueurs, voire de cadres du club, coincés dans le passage souterrain, écrasés contre la porte B, exigeant de parler à quelqu’un de l’UEFA pour comprendre le chaos autour du Stade de France, fruit d’une mauvaise organisation, d’un maintien de l’ordre malsain et d’un peu de resquillage, en partie de supporteurs de Liverpool, mais surtout de jeunes venus en voisins.

Dans la lumière du jour d’après, à froid, cela ne fait aucun doute : les événements survenus ce samedi [28 mai], durant les trois heures qui ont précédé le coup d’envoi de la plus grande rencontre entre clubs au monde, la finale de la Ligue des champions, étaient largement prévisibles. C’est un miracle que les incidents n’aient pas tourné à la catastrophe. Elle n’a été évitée que grâce à l’infinie patience des supporteurs anglais, confrontés à une police agressive et à des stadiers désorganisés, et si elle ne l’avait pas été, l’UEFA aurait du sang sur ses mains manucurées. Gaz lacrymogènes ou pas, il est temps que l’instance européenne ouvre les yeux ».

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Un article exceptionnel (1) que nous avons sélectionné. « Vous étiez présent sur place dès le matin, avez-vous senti arriver ce fiasco ? »
En tant qu’élu aux sports et aux Jeux olympiques de Paris, je me suis retrouvé en quelque sorte en première ligne. J’ai participé auparavant au comité d’organisation en alternance avec le maire.
Bien sûr, nous avons vu se profiler la catastrophe. Ce fiasco résulte d’une addition de plein de faits : problème dans la chaîne de commandement de la préfecture de police, absence d’orientation du public, etc.
Nous avions eu une première alerte voici quelque temps, autour d’un France-Italie en rugby. Notre cher préfet de police avait décidé pour la première fois d’interdire la vente d’alcool autour du Stade de France. Du coup, les gens ont picolé plus loin et sont arrivés plus tard. Pour la finale de la Coupe de France, de nouveau interdiction de la vente d’alcool, ce qui élimine les points de fixation du public à proximité. Nous nous sommes retrouvés avec la Brigade Loire en centre ville, 7000 personnes, qui ont laissé derrière eux des traces, et du côté de la Plaine Saint-Denis, une situation tendue avec les Niçois.

On connaît tous en outre les difficultés d’acheminement du public au Stade de France en temps ordinaire. Ajoutez-y les travaux du RER, la grève du RER B – qui était annoncée donc à anticiper – et forcément, tout était compliqué. Mais le vrai drame a été qu’on n’a pas songé à réorienter des supporters anglais à la sortie du RER D et que, de la sorte, ils finissent par s’entasser dans un goulot d’étranglement. Tout cela a pu se produire malgré les alertes durant les réunions préparatoires. Sans parler de la volonté aussi, il faut le dire, des Anglais de pouvoir utiliser des faux billets.

Justement, la question des faux billets revient souvent dans les explications…
Il y en avait effectivement beaucoup, mais il est impossible en revanche d’avancer des chiffres. Beaucoup d’Anglais tendaient ces faux billets, mais ils les avaient payés. On a encore des stickers collés sur les murs autour du stade avec des numéro WhatsApp en Allemagne ou ailleurs pour s’en procurer…

« Depuis 1998, il n’y a jamais eu de problème autour des matchs. Il s’avère très malhonnête de faire retomber sur les habitants de Saint-Denis les dysfonctionnements de la préfecture de police. »

Le nœud du chaos se forme vraiment à la sortie du RER D ?
L’enchaînement de la catastrophe commence avec le RER D. Un cheminement dans une avenue large avait été prévue. On ne sait pas pourquoi les supporters anglais sont passés ailleurs, vers le tunnel. Surtout, comment se fait-il qu’aucun responsable n’ait eu la jugeote de songer à mettre en place leur orientation avec des indications, orales ou écrites, en anglais ?

Après, les gendarmes mobiles, devant ce qui se préfigurait et le risque d’un drame, ont fait sauter ce goulot d’étranglement qui n’aurait jamais dû exister. Cette première ceinture de sécurité existait pour filtrer et sécuriser le parvis devant le stade. Or c’est l’inverse qui s’est produit. Énormément de gens se sont retrouvés devant les portes d’accès.

Des Anglais, mais aussi des personnes en errance – et nous avons un souci d’accueil du côté de la porte de Paris ou porte de la Chapelle comme tout le monde le sait -, des vendeurs de cigarettes à la sauvette, des gens en situation irrégulière… Du coup, certains ont senti la bonne affaire avec ce chaos pour en profiter, des supporters se sont fait dépouiller ou agresser. De même, effectivement, des jeunes des alentours qui vivent de l’illicite ont aussi sauté sur l’occasion d’effectuer leurs larcins habituels…

(1) Propos recueillis par Nicolas Kssis-Martov (sofoot.com)

LE MONDE. « Un triste spectacle. Le sacre du Real Madrid en finale de la Ligue des champions face à Liverpool (1-0) a été éclipsé par des scènes chaotiques aux abords du Stade de France (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis) où s’est disputée, samedi 28 mai, la finale de la grande compétition européenne de football.

Spectateurs bloqués à l’entrée du stade, gaz lacrymogènes, et tentatives d’intrusion en escaladant des barrières… Dans la presse européenne, les journalistes sont largement revenus sur les incidents survenus autour du Stade de France. A commencer par les médias britanniques. Plus que sur la défaite de Liverpool (1-0), les journaux ont insisté logiquement sur les graves défaillances constatées en marge de la rencontre en raison des difficultés d’accès à l’enceinte de Saint-Denis, qui ont retardé le coup d’envoi du match de plus d’une demi-heure et provoqué des tensions à l’extérieur ».

Le tabloïd The Sun est le plus virulent avec un titre en français et le témoignage de Marvin Matip, le frère du défenseur des Reds Joël Matip, qui a raconté avoir dû se réfugier dans un restaurant avec sa femme enceinte pour échapper aux lacrymogènes dispersés dans leur direction.

Le Daily Telegraph publie de son côté le récit accablant de Jason Burt, le chef de la rubrique football du journal. «J’étais devant la porte Y quand j’ai été pris dans les gaz lacrymogènes utilisés sans discernement par la police anti-émeute française au Stade de France, a-t-il relaté. Je parlais à des supporters qui attendaient tranquillement, certains depuis trois heures, quand ils ont atteint mon visage, me piquant les yeux, mes lèvres et ma langue. J’ai vu qu’on en dispersait. Je n’arrivais pas à y croire. […] C’était absolument honteux.»

«Un scandale sans nom» pour la presse espagnole.

Soulignant les «goulots d’étranglement» vers lesquels étaient dirigés les supporters de Liverpool pourtant arrivés deux heures et demie avant le coup d’envoi et les contrôles «insupportablement lents», Jason Burt estime que «c’est une honte que l’UEFA ait accusé les supporters d’être arrivés tardivement. C’est tout simplement faux. Ils ont essayé de lancer leur version. Maintenant, ils doivent s’excuser».

Dans la presse espagnole, on évoque avant tout le 14e titre européen du Real Madrid. Mais les incidents de la soirée tiennent également une large place. Alfredo Relano, président d’honneur du quotidien sportif AS et voix respectée du football espagnol, se montre très sévère dans un éditorial, dénonçant Liverpool et «ses hordes de barbares sans ticket d’entrée» qui «ont créé un scandale sans nom aux portes du stade, qui aurait bien pu provoquer une catastrophe, même si tout est heureusement rentré dans l’ordre avec le retard du coup d’envoi.»

«Une triste saison pour la France», rappelle-t-on en Italie.

«Une honte : la finale a débuté avec une demi-heure de retard à cause du chaos aux accès du stade», a affiché le quotidien catalan Sport en bandeau de sa une, dimanche. Les médias allemands s’interrogent aussi sur des défauts d’organisation de l’UEFA. «La soirée du chaos», écrit Bild.

En Italie, le Corriere dello Sport revient comme toute la presse italienne sur le «flop de l’organisation» parisienne. «Une mauvaise soirée en conclusion d’une triste saison pour la France, où se sont multipliés dans les stades les problèmes de sécurité et d’ordre public», écrit le journal romain.

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Dans sofoot.com

« Réussir à intimider un freefighter, il faut le faire ».

Se battre, Paddy Pimblett en a l’habitude : il est combattant de MMA. Pourtant, le 30e mondial de la discipline – par ailleurs supporter de Liverpool – s’est senti moins en sécurité aux abords du Stade de France samedi dernier que dans une cage. Il livre à RMC un témoignage glaçant : « Quand on est sorti du stade, il y avait des groupes de 30 personnes qui couraient partout. Certains d’entre eux avaient des armes, des machettes, des couteaux, des barres de fer, des battes… Il fallait juste essayer de s’enfuir de cet endroit. Les gens étaient mis au sol, on leur volait leur montre et leurs affaires. Certains se sont fait arracher leur sac. Ils les agrippaient, les attiraient vers eux et coupaient la lanière pour arracher le sac et courir. […] La seule chose à laquelle je peux comparer ça, c’est le film American Nightmare. »

Les problèmes continuent dans le métro pour les supporters des Reds, raconte Paddy Pimblett : « Je n’ai pas réussi à avoir le métro. Et je suis si heureux de ne pas l’avoir eu… Tous ceux qui l’ont pris à qui j’ai parlé m’ont dit qu’il y avait plein de pickpockets, qu’on leur volait leur téléphone et des choses comme ça, que des gens se faisaient attaquer ou qu’on leur sortait un couteau. » Le combattant UFC affirme aussi que des stadiers indiquaient aux Anglais que les billets étaient faux pour les récupérer et les revendre. Évidemment, il ne peut finir sans attaquer Gérald Darmanin. « Cet homme devrait démissionner de son poste, car il est dégoûtant et méprisable » , lance-t-il en toute sobriété ».

Incidents au Stade de France : 5.000 témoignages de supporters reçus par Liverpool en 24 heures

Le directeur exécutif du club de football de Liverpool, Billy Hogan, a annoncé que le club avait reçu…

Le club de Liverpool offre «un soutien psychologique urgent» pour ses fans après les incidents de Saint-Denis

Après les graves événements survenus au Stade de France, le club anglais veut venir en aide à ses supporters qui en auraient besoin.

«Darmanin menteur»: les fans de Liverpool ne décolèrent pas contre le ministère de l’Intérieur

Une nouvelle fois mis en cause par le ministre de l’Intérieur, les supporters de Liverpool montent au créneau et l’accusent d’être un «menteur».

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