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50 jours après la fête de Pessah, la communauté juive célèbre la fête de « Chavouot » en souvenir du don de la Torah à Moïse sur le Mont Sinaï, 3 300 ans auparavant. Quelles sont les significations et coutumes de cette fête ?

Chavouot : La fête des semaines mais pas seulement.

Chavouot signifie semaines en hébreu. C’est l’une des trois fêtes de pèlerinage ce que l’on peut traduire de l’hébreu « Shaloche regalim », prescrites par la Thorah, au cours de laquelle on célèbre le début de la saison de la moisson du blé, mais aussi, le don de la Torah.

La fête de Shavouot a lieu au terme du décompte du Omer, le 6e jour du mois de Sivan. Elle dure deux jours en dehors d’Israël, mais un seul en Israël. Cette année cela tombe le dimanche 5 et le lundi 6 juin.

Cette fête juive possède également d’autres noms comme Yom ha-Bikkourim « jour des prémices », Hag ha-Qatsir « fête des moissons », ou encore Zeman Mattan Toraténou « époque du Don de notre Torah ».

Chavouot dans la Torah

Dans la bible, D.ieu a donné la Torah au peuple juif sur le Mont Sinaï et a délivré par la même occasion les 10 commandements. Cet événement fondateur de la religion juive est commémoré tous les ans lors de la fête de Chavouot. Le mot Chavouot est mentionné pour la première fois dans la Torah comme la « fête de la moisson » faisant suite à la fête des azymes et précédant la fête de la récolte : « Puis la fête de la Moisson, fête des prémices de tes biens, que tu auras semés dans la terre ; et la fête de l’Automne, au déclin de l’année, lorsque tu rentreras ta récolte des champs »., Exode 23 :16. Particularité de la fête Chavouot par rapport à Pessah et Souccot, la « fête des semaines » est la seule à ne pas être définie par une date précise du calendrier hébraïque, mais par sa relation à Pâque : au « lendemain du Chabbat », une offrande d’orge que l’on appelle omer en hébreu est prélevé sur les prémices de la nouvelle récolte d’orge et doit être offerte aux (Cohanims) Lévitique 23:11 « Il agitera de côté et d’autre la gerbe devant l’Éternel, afin qu’elle soit agréée : le sacrificateur l’agitera de côté et d’autre, le lendemain du sabbat ». À dater du jour de cette offrande, sept semaines complètes doivent être comptées.

Les différentes coutumes

Plantes, arbres et verdures

Une ancienne coutume veut que l’on décore les synagogues et les maisons, les tables avec des plantes et des fleurs pour la fête de Chavouot afin de rappeler que le mont Sinaï s’était couvert de verdure lors du Don de la Torah. Cette coutume serait tellement ancienne qu’elle remonterait au temps d’Aman. Lorsqu’il s’adressa au roi Assuerus pour porter atteinte au peuple juif il déclara : « Le mois de Sivan, les Juifs célèbrent deux jours de fête. Ils se rendent dans les synagogues, ils lisent le chéma, ils prient et lisent dans les livres de leur Torah… et ils appellent ce jour ‘Atséret’. Ils se rendent ensuite sur les toits des synagogues, ils répandent par terre des roses et des pommes. » (Targoum chéni sur Esther 3, 8. Il est donc avéré qu’en ces temps déjà, les Juifs répandaient des fleurs et des plantes dans les synagogues. Une autre coutume veut qu’on place dans les synagogues des arbres, pour rappeler qu’en ce jour, le peuple juif est jugé sur les « fruits de l’arbre ». De nombreux décisionnaires ont également l’habitude de décorer les Séfarims de fleurs (Kaf ha’Haïm ibid. 59).

La veillée de Chavouot : une nuit consacrée à l’étude de la Torah

Une coutume bien répandue parmi toutes les communautés juives, consiste à veiller pendant toute la nuit de Chavouot. Par ailleurs, les décisionnaires soulignent que ceux qui observent cette coutume auront l’assurance de ne subir aucun préjudice jusqu’à la fin de l’année. Les Juifs du monde entier suivent cette coutume afin de se préparer à recevoir la Torah le lendemain matin. L’une des explications de cette coutume est que les Hébreux ne s’étaient pas levés tôt le jour où Hachem a donné la Torah au mont Sinaï et il fallut que le Créateur Lui-même les réveille. Afin de réparer cette erreur, les Juifs ont pris sur eux l’habitude de rester éveillés cette nuit.

La coutume des mets lactés

Un des rites les plus connus consiste à consommer des mets lactés pendant Chavouot. Différentes explications sont données à son sujet :

  • Selon le Rama le fait de consommer à la fois du lait et de la viande le même jour rappelle les deux pains approchés en ce jour dans le Temple.
  • D’autres invoquent l’idée que pendant les sept semaines séparant Pessah du Don de la Torah, les Hébreux étaient semblables à une femme qui se purifie de son cycle menstruel grâce aux « sept jours pureté ». C’est le lait qui vient purifier ce cycle par une naissance. Dans ce cas précis le lait symbolise donc la miséricorde.
  • D’autres enfin rapportent la coutume de manger à la fois du lait et du miel, pour rappeler qu’il est dit dans le cantique des cantiques Chir Hachirim  4 : 11 : « Du miel et du lait sous ta langue ».

Les communautés juives ashkénazes ont également l’habitude de consacrer la totalité du repas du soir aux plats lactés. Cependant, de nombreux décisionnaires semblent désapprouver cette habitude, dans la mesure où un repas de fête digne de ce nom doit être obligatoirement accompagné de viande, en prenant cependant soin de séparer convenablement les plats lactés de la viande du repas de fête.

Lecture de Ruth : symbole des convertis et de la délivrance

Pendant la fete de Chavouot, nous avons la coutume de lire le livre de Ruth. Une femme qui porte un symbole très fort. Cette femme s’était convertie au Judaïsme et était l’arrière-grand-mère du Roi David. L’histoire de Ruth relate l’histoire de deux femmes, l’une Naomi, juive et l’autre, Ruth, sa belle-fille, Moabite qui ont connu de douloureuses épreuves. Cette histoire nous enseigne que la Torah n’a été donnée qu’à travers des épreuves et des difficultés. Cette histoire s’est déroulée à l’époque de la moisson de l’orge, et c’est à ce moment précis que Ruth est entrée sous les ailes de la Providence divine par la voie de la conversion.

Hag sameah à tous!

Raphaël Uzan

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