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A la fin de la 2nde Guerre Mondiale, plus de 900.000 Juifs vivaient dans les pays arabes.

Aujoud’hui, Ils ne sont plus que quelques milliers et ce malgré une présence souvent millénaire voire même antérieure à la conquête arabe.

Du début des années quarante au début des années soixante-dix, presque tous les juifs en sont expulsés ou contraints de quitter les terres d’Islam, la pression devenant trop forte suite notamment au vote intervenu à l’ONU le 29 novembre 1947 qui prévoit la création d’un Etat Juif en Ererz Israël.

600.000 prennent alors le chemin vers Israël et 300.000 s’installent en France et ailleurs. C’est ce départ trop souvent relégué au banc du souvenir qu’Israël commémore le 30 novembre ayant été déclaré, il y a 6 ans, Journée Nationale du Souvenir du Départ et de l’Expulsion des Juifs des Pays Arabes et de l’Iran ».

Nathalie Sosna-Ophir.

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La « Nakba » des Juifs d’Orient ne rencontre pas à l’ONU le même intérêt que celui des réfugiés palestiniens

C’est aujourd’hui, 30 novembre que se tiendra en Israël la commémoration de l’expulsion des quelques 850 000 réfugiés juifs des pays arabo-islamiques au cours du 20ème siècle.

Une loi a été adoptée par la Knesset en 2014, après de longues années d’efforts et de tractations, faisant du 30 novembre la date officielle de la commémoration annuelle de l’expulsion des Juifs de terre d’islam. Son décret d’application a été signé le 23 juin 2014 et elle sera donc en vigueur aujourd’hui pour la seconde fois.

Des Juifs ont vécu dans les pays arabes durant des millénaires. Nombre de communautés juives y ont même précédé l’arrivée de l’islam. Or au 20ème siècle, avec la montée du nationalisme arabe et en raison du conflit qui secoue la Palestine mandataire, les Juifs des pays arabes ont été victimes de violation massive de leurs droits.

La date du 30 novembre revêt une signification particulière dans la mesure où la veille, le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations Unies a approuvé le plan de partition de la Palestine mandataire et la création d’un État juif, qui a été immédiatement et unanimement rejeté par les nations arabes.

Ainsi, l’expulsion des Juifs des pays arabes a d’abord été présentée comme une sorte de revanche sur le partage de la Palestine mandataire.

Juste après l’adoption du plan de partition par l’ONU, et suivant l’ordre donné par la Ligue arabe, les Juifs  ont par exemple été victimes de pogroms à Aden, qui comptait 8.700 Juifs en 1948 (il y en avait 45.000 dans tout le Yémen) et à Alep en Syrie, où la communauté juive était forte de 20.000 âmes avant la création d’Israël.

Plus tard, après la défaite des armées arabes et la victoire d’Israël en 1948, commémorée dans la mémoire collective palestinienne en tant que Nakba (catastrophe en arabe), le plan d’expulsion a été présenté comme un acte de représailles face à la victoire d’Israël.

Au Maroc, le nombre Juifs est passé de 286.000 en 1948 à 50.000 en 1968. Début 2015, ils n’étaient plus que 2.500. En Algérie, ils étaient 130.000 en 1948 contre 1.500 en 1968, de même qu’en Égypte, ils sont passés de 75.000 à moins de 1.000 durant la même période.

L’Assemblée générale des Nations Unies, a statué à 197 reprises entre 1946 et 2014 sur le statut des « réfugiés palestiniens », alors qu’elle ne mentionne pas une seule fois le sort des réfugiés juifs des pays arabes.

Le Dr. Edy Cohen, orientaliste et chercheur à l’institut d’études Menahem Begin de l’Université Bar-Ilan, lui-même réfugié en provenance du Liban, évoque pour i24news cet exode des Juifs orientaux, parfois volontaire souvent forcé. Il le qualifie de “transfert”, voire de “Nakba juive”.

“Ils ont tout abandonné pour sauver leur vie. Leurs demeures, leurs usines, leurs immeubles communautaires, leurs synagogues, tout a été saisi, confisqué, un patrimoine s’élevant à des centaines de milliards de dollars”, souligne Edy Cohen.

Même si un léger commencement d’intérêt s’esquisse pour les Juifs originaires des pays arabes au niveau des autorités politiques, il ne peut cependant être en aucun cas comparé à l’écho médiatique que reçoit sur la scène internationale le sort des réfugiés palestiniens.

“Tout le monde parle de la Nakba des Palestiniens et de leurs droits éternels, mais personne ne fait mention de la souffrance des réfugiés juifs des pays arabes, des pogroms qu’ils ont subies et des biens qui leur ont été confisqués”, s’insurge Edy Cohen.

Le gouvernement israélien s’est engagé à ce que l’indemnisation des Juifs expulsés de terre d’islam soit négocié dans le cadre de la signature d’un futur accord de paix avec les pays arabes, parallèlement au dossier des réfugiés palestiniens.

“Il n’y aura pas de solution équitable au problème des réfugiés palestiniens tant qu’une solution ne sera pas trouvée pour les réfugiés juifs des pays arabes et le patrimoine qu’ils ont dû abandonner”, insiste le Dr Edy Cohen.

Un colloque sur l’expulsion des Juifs des pays arabes se tiendra ce 30 novembre de 09h30 à 18h30 à l’université Bar-Ilan de Ramat Gan, près de Tel-Aviv en présence du ministre de l’Education Naftali Bennett et du président du Congrès juif mondial en Israël, Shaï Hirmesh

Il est intitulé: « SORTIE – MIGRATION – EXPULSION – DERACINEMENT »

Une cérémonie se déroulera également ce soir au Malha Arena de Jérusalem au cours de laquelle se produiront de nombreux artistes et des personnes ayant vécu la tragédie de l’expulsion feront part de leur témoignage.

Cet article a été rédigé conjointement par Nathalie Boehler et Marc Femsohn, journalistes de la chaîne i24news. 

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