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Quarante-trois pays ont réclamé jeudi à la Chine, dans une déclaration commune lue à l’ONU par la France, de « garantir le plein respect de l’Etat de droit » à l’égard des Ouïghours au Xinjiang, s’attirant une vive critique de Pékin dénonçant « un bilan terrible en droits humains » de Washington, Londres et Paris.

« Nous appelons la Chine à autoriser un accès immédiat et sans entrave au Xinjiang pour les observateurs indépendants, y compris le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et son Bureau », a ajouté l’ambassadeur français Nicolas de Rivière, lors d’une réunion virtuelle d’une commission de l’Assemblée générale de l’ONU spécialisée dans les droits humains.

« Nous sommes particulièrement préoccupés par la situation dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang », a-t-il précisé, en évoquant des informations crédibles sur des « camps de rééducation politique où plus d’un million de personnes sont arbitrairement détenues ».

La déclaration commune aux 43 pays – Etats-Unis, pays européens, d’Asie, etc – parle de torture, de traitements cruels, inhumains et dégradants, de stérilisation forcée, de violence sexuelle et sexiste et de séparation forcée d’enfants, ciblant « de manière disproportionnée les Ouïghours et les membres d’autres minorités ».

Israël ne fait pas partie des signataires. En juin, c’était l’un des 41 pays qui ont appelé la Chine à autoriser « un accès immédiat, significatif et sans entrave » afin que des observateurs indépendants puissent se rendre au Xinjiang.

Après 23 signataires il y a deux ans, la déclaration avait recueilli l’an dernier l’appui de 39 pays auxquels se sont ajoutés en 2021 notamment la Turquie, Eswatini, le Portugal et la République tchèque.

En revanche, ne figurent plus dans les signataires cette année, ni Haïti, aux relations avec la Chine compliquées depuis la reconnaissance par Port-au-Prince de Taïwan, ni la Suisse.

Selon une source diplomatique, la position de fond de la Suisse sur les Ouïghours n’a pas changé mais ce pays a accueilli récemment une rencontre à haut niveau entre les Etats-Unis et la Chine et décidé de donner la priorité à son rôle de facilitateur entre ces deux puissances plutôt qu’à sa signature de la déclaration annuelle sur le Xinjiang.

A en croire des diplomates, la Chine multiplie chaque année les pressions pour dissuader les membres de l’ONU de signer, menaçant de ne pas renouveler une mission de paix dans tel pays ou d’empêcher la construction d’une nouvelle ambassade en Chine pour tel autre.

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