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Benny Gantz, est ce mercredi à Paris afin de « tenir au courant » les autorités françaises des derniers développements concernant la NSO, société de cybersécurité israélienne dont le logiciel Pegasus est soupçonné d’avoir été utilisé pour espionner Emmanuel Macron.

Il est clair que les relations entre la France et Israël semblent se dégrader…Au cours de ses entretiens en France, Benny Gantz, ex-chef d’état-major de l’armée israélienne, doit aussi discuter de la situation au Liban voisin, et de la question d’un accord sur le nucléaire iranien auquel l’Etat hébreu s’oppose, ont précisé ses services.

Nathalie Sosna-Ophir : « Benny Gantz va tenter de convaincre la Ministre française que Jérusalem n’était pas au courant que ce logiciel espion conçu et commercialisé par l’ entreprise israélienne NSO était utilisé à mauvais escient par certains états acquéreurs.
Et n’autorise l’exportation de ce type de produits informatiques exclusivement aux gouvernements, et uniquement dans le but de prévenir et d’enquêter sur les crimes et le terrorisme. Et non comme l’a révélée un consortium de médias pour espionner des journalistes, des militants des droits de l’homme, des opposants et même des chefs d’état. Comme d’ailleurs le président français Emmanuel Macron qui aurait été écouté par le Maroc via ce logiciel.
Pour l’heure rien ne prouve que le gouvernement israélien n’ait été au courant des utilisations illégitimes de Pegasus. Mais, soyons honnêtes et lucides, Jérusalem connaît les états clients de NSO, puisque l’Agence de contrôle des exportations militaires qui dépend du ministère de la Défense israélien, doit accorder les autorisations d’exportation pour ce logiciel considéré comme un produit de cybersécurité offensif au même titre qu’une arme. Des états nombreux à ne pas être exemplaires en matière des droits de l’homme.
De surcroît les fondateurs de NSO sont tous des anciens d’une unité d’élite de Tsahal chargée des services d’espionnage électronique qui entretiennent sans doute des relations étroites avec le ministère de la défense. En fait, sans la moindre intention de complaisance, le logiciel Pegasus ne fait que recueillir des informations comme le font avec certes d’autres méthodes toutes les agences de renseignement du monde entier… Donc tout au plus Israël pourrait être montré du doigt pour avoir laissé faire ».
Selon i24News : « Gantz fera le point avec son homologue Florence Parly sur « les questions stratégiques et de sécurité » et la « tiendra au courant au sujet de la NSO », a indiqué mardi dans un communiqué le ministère israélien de la Défense.

« La ministre des Armées profitera de cette rencontre prévue de longue date pour savoir quelle connaissance le gouvernement israélien avait des activités des clients de NSO et quels dispositifs avaient été mis en place – et le seront à l’avenir – afin de prévenir un détournement de ces outils hautement intrusifs », a-t-on également indiqué dans l’entourage de Florence Parly. L’entretien aura lieu mercredi en fin d’après-midi à l’Hôtel de Brienne, siège de la ministre des Armées.

Permettant d’infiltrer des systèmes informatiques, le logiciel Pegasus est considéré comme un produit de cybersécurité offensif et doit donc obtenir le feu vert de l’Agence de contrôle des exportations militaires (DECA), qui dépend du ministère de la Défense israélien, pour être vendu à des pays tiers, au même titre qu’une arme.

Pegasus est au coeur d’un scandale mondial d’espionnage qui a poussé l’ONG Reporters sans frontières à réclamer un moratoire sur ses ventes et la chancelière allemande Angela Merkel à demander plus de restrictions sur la vente de ces systèmes.

Le Parlement israélien a mis en place une commission pour enquêter sur des allégations selon lesquelles le logiciel d’espionnage Pegasus a été utilisé à « mauvais escient » par certains Etats pour espionner des personnalités, a indiqué jeudi dernier un haut responsable israélien.

Au cours de ses entretiens en France, M. Gantz, ex-chef d’état-major de l’armée israélienne, doit aussi discuter de la situation au Liban voisin et de la question d’un accord sur le nucléaire iranien auquel l’Etat hébreu s’oppose, ont précisé ses services ».

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