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Amazon qui réalise un chiffre d’affaires important dans l’Etat Hébreu, n’en finit plus de tisser sa toile. Le géant américain du numérique, qui est très actif dans la R&D en Israël (des centaines de chercheurs), vient d’annoncer le possible rachat de MGM, grand pourvoyeur de contenus et de savoir-faire. Une transaction à 9 milliards de dollars et un nouveau bouleversement dans la diffusion des films et séries. En Israël cette annonce n’est pas passée à la trappe car la diffusion de films va être bouleversée. Le monde du cinéma israélien s’intéresse beaucoup à l’annonce. Et ce n’est donc pas par hasard.

Autre élément à savoir sur la présence de Amazon en Israël : « Israël a officiellement annoncé lundi la signature d’un accord avec Google et Amazon Web Services pour l’installation de centres de données régionaux en Israël, ce qui, selon les responsables du ministère des Finances, garantira la continuité du service même si les géants de la technologie subissent des pressions pour boycotter le pays.

Les deux entreprises technologiques ont été sélectionnées comme les gagnants de l’appel d’offres de 4 milliards de NIS pour construire et fournir des centres régionaux d’hébergement de données et de services au pays. »

LE PLUS. AMAZON ET MGM

elon Europe 1 : « La légende dit que Jeff Bezos, quand il a créé Amazon en 1994, après avoir testé quelques noms, a ouvert le dictionnaire pour trouver un nom en « A », historie d’être en haut de la liste. Il se serait arrêté sur Amazon parce que le fleuve était considéré comme le plus grand du monde, et c’est évidemment ce qu’il voulait pour sa société. 27 ans plus tard, le pari est réussi. Amazon est aujourd’hui le plus grand supermarché du monde. On y trouve tout, des livres en passant par la pharmacie, les assurances et donc maintenant le cinéma. Le géant américain a en effet annoncé sa volonté de racheter du studio MGM, célèbre pour son lion qui rugit au générique, pour un montant de 9 milliards de dollars.

Un catalogue pour devenir numéro un mondial des contenus

Ce rachat, le deuxième pour Amazon en termes de montant derrière la chaine alimentaire Whole Foods en 2017 (13,7 milliards de dollars), vise là encore à s’assurer une place de numéro un mondial, cette fois dans la diffusion de contenus. C’est avec cette ambition qu’Amazon Prime vidéo avait été lancé fin 2016. Les sites concurrents Netlfix ou Disney Plus proposent eux aussi des films, des séries et des émissions de télévision. Et pour se démarquer de ces autres plateformes, et d’autres, il fallait à Amazon toujours plus de contenus et de contenus exclusifs, d’où le rachat du studio au lion.

Reste à savoir ce que ce rachat va changer pour les abonnés à Amazon et pour le monde du cinéma. D’abord, grâce à cette acquisition, Amazon étoffe d’un coup le catalogue de sa plateforme Prime Vidéo. Car la MGM, ce sont des films mythiques – Autant en Emporte le Vent, Le Magicien d’Oz –, mais aussi les franchises Stargate, Le Hobbit, La Panthère Rose et tous les James Bond. Les abonnés Amazon pourront donc retrouver ces films sur Prime Vidéo, ainsi que les séries de la MGM comme Fargo ou La Servante Ecarlate.

Les gendarmes de la concurrence impuissants

Mais avec ce rachat, Amazon s’offre aussi un savoir-faire en matière de production, puisque le studio va bientôt fêter ses 100 ans. La question, c’est de savoir si le géant jouera toujours le jeu de la salle, et sortira donc ses films d’abord sur grand écran, avant de les proposer à ses abonnés. Pour le moment, la société de Jeff Bezos s’est montrée plus conciliante que Netflix sur ce point, mais rien ne dit que les prochains James Bond – par exemple, une fois Mourir Peut Attendre qui sortira en octobre -, ne seront pas disponibles directement – et uniquement – sur Prime Vidéo.

Alors qui pourra bien arrêter l’expansion d’Amazon ? L’antitrust américain, les gardiens de la concurrence. Mardi, par exemple, la ville de Washington a porté plainte contre le géant de l’e-commerce qu’il accuse d’abuser de sa position dominante dans le secteur du commerce. L’Union européenne a déjà engagé des poursuites sur le même fondement. Mais cela n’empêche pas le rouleau-compresseur Amazon de continuer à avancer ».

Europe 1
Par Emmanuel Duteil, Mathieu Charrier et Nicoals Barré, édité par Rémi Duchemin
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