DECES. Le prince Philip, duc d’Édimbourg, époux d’Elizabeth II, est mort vendredi à l’âge de 99 ans, après sept décennies passées au cœur de la vie publique du Royaume-Uni. Il détenait le record de longévité en tant qu’époux auprès d’un monarque britannique. Prince consort du Royaume-Uni et des royaumes du Commonwealth depuis le 6 février 1952, Philip Mountbatten avait épousé la princesse Elizabeth cinq ans avant l’accession au trône de Sa Majesté.
ISRAËL. Le PM israélien a présenté vendredi ses « plus sincères condoléances » à la reine Elizabeth après le décès de son époux, le prince Philip, qui sera « très regretté en Israël ». « J’exprime mes plus sincères condoléances à sa majesté la reine Elizabeth, au prince Charles, à la famille royale et au peuple britannique pour le décès du duc d’Edimbourg. Le prince Philip sera très regretté en Israël et dans le monde », a écrit le PM sur Twitter. «
Selon i24News : « Le prince Philip est mort vendredi à l’âge de 99 ans au château de Windsor. Il avait été le premier membre de la famille royale britannique à se rendre en Israël, en 1994, dans le cadre d’une visite privée.
Pendant ce déplacement, il avait reçu le titre de « Juste parmi les Nations », l’une des plus hautes distinctions d’Israël, décernée à sa mère à titre posthume pour avoir sauvé une famille juive des griffes des nazis durant la Seconde guerre mondiale. La princesse Alice est d’ailleurs inhumée à Jérusalem dans la crypte d’une église sur le Mont des Oliviers, où le prince Philip s’était rendu.
En 2018, son petit-fils le prince William était devenu le premier membre éminent de la famille royale britannique à se rendre en visite officielle en Israël et dans les Territoires. Le président israélien, Reuven Rivlin, a également présenté ses condoléances à la reine Elizabeth II sur Twitter, exprimant le souhait que la mémoire du prince Philip « soit bénie ».
MALADE.
Hospitalisé le 16 février, le prince Philip avait subi une « intervention » pour un problème cardiaque dans cet établissement, doté du plus grand service cardiovasculaire spécialisé en Europe. Il était rentré chez lui, auprès de la reine à Windsor, le 16 mars dernier. Fin décembre 2019, il avait été hospitalisé pendant quatre jours au King Edward VII Hospital « en raison de problèmes de santé préexistants », selon le palais.BIOGRAPHIE.
Philip est né sur l’île grecque de Corfou, le 10 juin 1921, de l’union d’André, prince de Grèce et du Danemark, et de la princesse Alice de Battenberg, petite-fille du grand-duc Louis IV de Hesse-Darmstadt et arrière-petite fille de la reine Victoria. En 1922, alors que Philip n’a qu’un an, sa famille doit quitter la Grèce, son oncle, le roi Constantin Ier, étant contraint à l’exil après le désastre militaire de la guerre gréco-turque. Philip suivra ensuite sa scolarité en France et en Allemagne. « Si je n’arrivais pas à trouver un mot dans une langue, j’avais tendance à le dire dans une autre », expliquera-t-il plus tard à The Independant à propos de sa vie au sein de cette famille polyglotte. Quand Hitler prend le pouvoir en 1933, Philip est interne en Allemagne. Le directeur de son pensionnat, juif, s’enfuit alors au Royaume-Uni, où il fondera une nouvelle école en Écosse, Gordonstoun. Le jeune prince le suit. Sur les conseils de son oncle, le roi de Grèce George II, Philip quitte Gordonstoun en 1939 pour rejoindre la Royal Navy, alors que le spectre du nazisme menace l’Europe. Il combat avec bravoure lors de la Seconde Guerre mondiale, principalement en mer Méditerranée, où il est distingué pour son rôle aux côtés des forces grecques lors de la bataille de Crète en 1941. Mais son heure de gloire sonne véritablement en 1943 lors du débarquement des Alliés en Sicile, un an après avoir obtenu le grade de premier lieutenant à bord du HMS Wallace. La Royal Navy est alors sous le feu d’une intense campagne de bombardements menée par la Luftwaffe, l’aviation allemande, déterminée à couler ce destroyer britannique. Philip échafaude alors un plan : il fait tirer des fumigènes pour faire croire aux Allemands que le bâtiment a sombré. Sans l’intervention de Philip, l’équipage n’avait que « très peu de chances » de survivre, révélera un vétéran, 60 ans plus tard. Pendant la guerre, Philip et la princesse Elizabeth échangent des lettres. Leur première rencontre remonte à 1939, lors d’une visite du roi George VI, de la future reine et de sa sœur Margaret au Royal Navy College, où Philip s’entraînait. Elizabeth, 13 ans, tombe immédiatement amoureuse du jeune homme de 18 ans et décide de l’épouser. Ils se marient à l’abbaye de Westminster à Londres le 20 novembre 1947, plusieurs mois après que Philip ne devienne un citoyen britannique et renonce à ses titres de prince de Grèce et du Danemark. Le matin même de la cérémonie, George VI le désigne duc d’Édimbourg. Philip poursuit sa carrière militaire à la tête de la frégate HMS Magpie pendant un an, là encore en mer Méditerranée, où une grande partie de la Royal Navy est déployée pour freiner l’expansion du communisme. Sa carrière de marin s’achève en 1951. Alors que la santé de George VI commence à décliner, le duc endosse à plein temps le rôle de prince consort. Le roi décède le 6 février 1952. La princesse Elizabeth accède au trône. Au moment de prendre sa retraite à l’âge de 96 ans, en août 2017, Philip avait participé à plus de 22 000 engagements publics officiels. Il continuait d’accompagner la reine pour certaines apparitions. Le duc était également à la tête de 780 associations de charité ou d’organisations chargées de promouvoir la préservation de l’environnement, l’apprentissage des sciences et des technologies ou encore la pratique du sport. Il joua notamment un rôle fondamental dans le développement du World Wildlife Fund (WWF). Il présida la branche britannique de la célèbre ONG à sa création, en 1961, avant d’en prendre la tête au niveau mondial, entre 1981 et 1996, mettant au service de la cause environnementale l’apparat et l’influence de la Couronne. Mais l’opération de charité la plus célèbre du prince Philip est celle du « Prix international du duc d’Édimbourg ». Créé en 1956 en Grande-Bretagne puis élargi à 144 pays, ce prix reste extrêmement populaire aujourd’hui : plus de 400 000 jeunes britanniques tentent leur chance cette année. Ce programme a pour objectif de développer les compétences et améliorer le bien-être des jeunes à travers le sport, l’engagement dans des actions de charité ou encore la préparation d’expédition en milieu naturel.
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