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YAD VASHEM. En Israël, la nouvelle est tombée ce jour. Le Prince Philippe est mort. Selon le protocole israélien ce sera le Premier Ministre qui se rendra à Londres pour les funérailles. Dans tous les cas les israéliens se préparaient depuis des semaines à l’annonce de la mort du Prince. L’Ambassade de Grande Bretagne à Tel-Aviv a déjà mis les drapeaux en berne. Les Autorités israéliennes et les médias de l’Etat hébreu ont souvent parlé du prince en des termes élogieux.

La mère du Prince Philippe repose à Jérusalem.

Elle a connu un destin tourmenté. Alice de Battenberg avait épousé le prince André de Grèce en 1903. De leur union sont nés cinq enfants, parmi lesquels le prince Philip, décédé ce vendredi 9 avril, à l’âge de 99 ans.

Durant la Seconde Guerre mondiale, elle se serait servie de sa surdité pour sauver la vie d’une famille juive. Elle aurait notamment utilisé cet argument pour empêcher la Gestapo de fouiller son domicile durant l’occupation nazie en Grèce. Elle se verra attribuer après son décès le titre de «Juste parmi les Nations», qui revient aux personnes ayant protégé des Juifs durant l’Holocauste. Bien des années plus tard, en 2018, le prince William rencontrera un descendant de cette famille de rescapés, Philippe Cohen, en Israël. (Le Figaro).

JUSTE. Alice de Battenberg, la mère de Philippe, a été reconnue par le Mémorial de Yad Vashem comme « Juste parmi les Nations » et par le gouvernement britannique comme une « Héroïne de l’Holocauste ». Durant l’occupation de la Grèce par les nazis, elle avait caché une femme juive et deux de ses enfants. En 1994, le Prince Philip, époux de la Reine Elisabeth II, s’était rendu en Israël pour assister à une cérémonie d’hommage consacrée au courage de sa mère.

DECES. Le prince Philip, duc d’Édimbourg, époux d’Elizabeth II, est mort vendredi à l’âge de 99 ans, après sept décennies passées au cœur de la vie publique du Royaume-Uni.  Il détenait le record de longévité en tant qu’époux auprès d’un monarque britannique. Prince consort du Royaume-Uni et des royaumes du Commonwealth depuis le 6 février 1952, Philip Mountbatten avait épousé la princesse Elizabeth cinq ans avant l’accession au trône de Sa Majesté.

L’époux de la reine Elizabeth avait été hospitalisé récemment pour un problème cardiaque. « C’est avec un profond chagrin que sa majesté la reine annonce la mort de son époux bien aimé le prince Philip, duc d’Edimbourg », a indiqué le communiqué du Buckingham, précisant que le prince Philip est mort « paisiblement ce vendredi matin au château de Windsor ».

ISRAËL. Le PM israélien a présenté vendredi ses « plus sincères condoléances » à la reine Elizabeth après le décès de son époux, le prince Philip, qui sera « très regretté en Israël ». « J’exprime mes plus sincères condoléances à sa majesté la reine Elizabeth, au prince Charles, à la famille royale et au peuple britannique pour le décès du duc d’Edimbourg. Le prince Philip sera très regretté en Israël et dans le monde », a écrit le PM sur Twitter. « 

Selon i24News : « Le prince Philip est mort vendredi à l’âge de 99 ans au château de Windsor. Il avait été le premier membre de la famille royale britannique à se rendre en Israël, en 1994, dans le cadre d’une visite privée.

Pendant ce déplacement, il avait reçu le titre de « Juste parmi les Nations », l’une des plus hautes distinctions d’Israël, décernée à sa mère à titre posthume pour avoir sauvé une famille juive des griffes des nazis durant la Seconde guerre mondiale.  La princesse Alice est d’ailleurs inhumée à Jérusalem dans la crypte d’une église sur le Mont des Oliviers, où le prince Philip s’était rendu.

En 2018, son petit-fils le prince William était devenu le premier membre éminent de la famille royale britannique à se rendre en visite officielle en Israël et dans les Territoires. Le président israélien, Reuven Rivlin, a également présenté ses condoléances à la reine Elizabeth II sur Twitter, exprimant le souhait que la mémoire du prince Philip « soit bénie ».

MALADE.

Hospitalisé le 16 février, le prince Philip avait subi une « intervention » pour un problème cardiaque dans cet établissement, doté du plus grand service cardiovasculaire spécialisé en Europe. Il était rentré chez lui, auprès de la reine à Windsor, le 16 mars dernier.

Fin décembre 2019, il avait été hospitalisé pendant quatre jours au King Edward VII Hospital « en raison de problèmes de santé préexistants », selon le palais.

BIOGRAPHIE.

Philip est né sur l’île grecque de Corfou, le 10 juin 1921, de l’union d’André, prince de Grèce et du Danemark, et de la princesse Alice de Battenberg, petite-fille du grand-duc Louis IV de Hesse-Darmstadt et arrière-petite fille de la reine Victoria. En 1922, alors que Philip n’a qu’un an, sa famille doit quitter la Grèce, son oncle, le roi Constantin Ier, étant contraint à l’exil après le désastre militaire de la guerre gréco-turque.

Philip suivra ensuite sa scolarité en France et en Allemagne. « Si je n’arrivais pas à trouver un mot dans une langue, j’avais tendance à le dire dans une autre », expliquera-t-il plus tard à The Independant à propos de sa vie au sein de cette famille polyglotte.

Quand Hitler prend le pouvoir en 1933, Philip est interne en Allemagne. Le directeur de son pensionnat, juif, s’enfuit alors au Royaume-Uni, où il fondera une nouvelle école en Écosse, Gordonstoun. Le jeune prince le suit.

Sur les conseils de son oncle, le roi de Grèce George II, Philip quitte Gordonstoun en 1939 pour rejoindre la Royal Navy, alors que le spectre du nazisme menace l’Europe.

Il combat avec bravoure lors de la Seconde Guerre mondiale, principalement en mer Méditerranée, où il est distingué pour son rôle aux côtés des forces grecques lors de la bataille de Crète en 1941. Mais son heure de gloire sonne véritablement en 1943 lors du débarquement des Alliés en Sicile, un an après avoir obtenu le grade de premier lieutenant à bord du HMS Wallace.

La Royal Navy est alors sous le feu d’une intense campagne de bombardements menée par la Luftwaffe, l’aviation allemande, déterminée à couler ce destroyer britannique. Philip échafaude alors un plan : il fait tirer des fumigènes pour faire croire aux Allemands que le bâtiment a sombré. Sans l’intervention de Philip, l’équipage n’avait que « très peu de chances » de survivre, révélera un vétéran, 60 ans plus tard.

Pendant la guerre, Philip et la princesse Elizabeth échangent des lettres. Leur première rencontre remonte à 1939, lors d’une visite du roi George VI, de la future reine et de sa sœur Margaret au Royal Navy College, où Philip s’entraînait. Elizabeth, 13 ans, tombe immédiatement amoureuse du jeune homme de 18 ans et décide de l’épouser.

Ils se marient à l’abbaye de Westminster à Londres le 20 novembre 1947, plusieurs mois après que Philip ne devienne un citoyen britannique et renonce à ses titres de prince de Grèce et du Danemark. Le matin même de la cérémonie, George VI le désigne duc d’Édimbourg.

Philip poursuit sa carrière militaire à la tête de la frégate HMS Magpie pendant un an, là encore en mer Méditerranée, où une grande partie de la Royal Navy est déployée pour freiner l’expansion du communisme. Sa carrière de marin s’achève en 1951. Alors que la santé de George VI commence à décliner, le duc endosse à plein temps le rôle de prince consort. Le roi décède le 6 février 1952. La princesse Elizabeth accède au trône.

Au moment de prendre sa retraite à l’âge de 96 ans, en août 2017, Philip avait participé à plus de 22 000 engagements publics officiels. Il continuait d’accompagner la reine pour certaines apparitions.

Le duc était également à la tête de 780 associations de charité ou d’organisations chargées de promouvoir la préservation de l’environnement, l’apprentissage des sciences et des technologies ou encore la pratique du sport.

Il joua notamment un rôle fondamental dans le développement du World Wildlife Fund (WWF). Il présida la branche britannique de la célèbre ONG à sa création, en 1961, avant d’en prendre la tête au niveau mondial, entre 1981 et 1996, mettant au service de la cause environnementale l’apparat et l’influence de la Couronne.

Mais l’opération de charité la plus célèbre du prince Philip est celle du « Prix international du duc d’Édimbourg ». Créé en 1956 en Grande-Bretagne puis élargi à 144 pays, ce prix reste extrêmement populaire aujourd’hui : plus de 400 000 jeunes britanniques tentent leur chance cette année. Ce programme a pour objectif de développer les compétences et améliorer le bien-être des jeunes à travers le sport, l’engagement dans des actions de charité ou encore la préparation d’expédition en milieu naturel.

Le duc était aussi célèbre pour son sens de l’humour piquant, autant que pour ses nombreuses gaffes. Mais Philip a su aussi faire preuve d’une grande sensibilité après la mort de la princesse Diana en 1997, l’un des moments les plus difficiles du règne d’Elizabeth II. Le prince William, alors âgé de 15 ans, très proche de son grand-père paternel, ne souhaitait pas marcher derrière le cercueil de sa mère lors des funérailles nationales, préférant la pudeur d’un deuil privé. Mais le duc parvient à le convaincre avec cette phrase : « Si tu ne le fais pas, tu le regretteras plus tard. Si je marche avec toi, acceptes-tu de marcher à mes côtés ? »

Quelques mois plus tard, lors d’une cérémonie à l’occasion des noces d’or du couple royal, la reine a rendu hommage au prince Philip : « Il n’accepte pas volontiers les compliments, mais il a été tout simplement pour moi ma force et mon pilier pendant toutes ces années ». Déclaration qu’elle réitérera en 2012, lors de son jubilé de diamant, affirmant avoir trouvé en lui une source de « force constante ».

En 69 ans de règne, et 74 ans de mariage, la reine Elizabeth aura su incarner, en des temps si changeants, un symbole inchangé de la nation britannique. Cette présence rassurante, ce gage de continuité, ce dévouement sans failles en ont fait, aux yeux de certains Britanniques, la plus grande monarque que le Royaume-Uni ait jamais connue. Le « co-auteur de ce succès, c’est le duc d’Édimbourg », estime son biographe, Gyles Brandeth. (france24.com)

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