Dans son dernier opus, « Reset », l’économiste Marc Touati oscille entre dure loi des statistiques, conseils aux entreprises et vision prospective d’un avenir qui ne pourra passer, selon lui, que par un reformatage du disque dur économique. Après l’annonce du plan de relance français, il se montre sceptique.
A-t-on déjà, dans l’histoire, tenté un « reset » ? Marc Touati : En 1929, par exemple. À l’époque, ce que l’on appelle l’État providence n’existait pas. L’État n’intervenait pas dans l’économie. Le New Deal de Roosevelt, c’était complètement nouveau, pour que le marché retrouve son équilibre via un soutien public de l’économie, et ça a plutôt bien fonctionné. Même chose avec le plan Marshall, en sortie de Seconde Guerre mondiale. Mais le principe de base, c’est que l’État est là pour donner l’impulsion ; et une fois que les moteurs privés ont pris le relais, à ce moment-là l’État se retire et retrouve un équilibre budgétaire, voire un excédent, qui lui permettra de relancer la machine à la prochaine crise. C’est dynamique, et c’est comme ça que ça doit fonctionner. Mais aujourd’hui que voit-on ? Des dettes publiques qui flambent, et ce que j’appelle la “morphine” des banques centrales dans le monde… La morphine, ça calme la douleur, mais ça ne soigne pas. C’est pour cette raison que j’appelle à un reset, pour repenser complètement la politique économique, avec une stratégie d’investissement et d’innovation. Malgré les annonces, on en est malheureusement très loin.« Si, d’aventure, une nouvelle crise venait à se profiler à court terme, pas forcément sanitaire, et sans plus aucune marge de manoeuvre, qu’adviendrait-il ? » Marc Touati
« TOUS LES PAYS SE RETROUSSENT LES MANCHES POUR SORTIR DE L’IMPASSE, ET NOUS, ON SE PLAINT, EN ENFANTS GÂTÉS QUE NOUS SOMMES. »“Reset”, c’est un mot “sexy” pour réforme… Un jour, il va falloir sonner la fin de la récré. Et il ne faudra pas attendre d’être dans la situation de la Grèce. Il faut absolument que cette crise débouche sur quelque chose. Que pensez-vous du plan de relance tel qu’annoncé ? Je l’ai dit à Bruno Le Maire, qui a eu l’intelligence de consulter les économistes en amont : Que l’État se soit montré si généreux, c’est comme un coup d’épée dans l’eau. Baisser (un peu) les impôts, investir (un peu) sur l’innovation, pourquoi pas ? Mais le gros problème, c’est qu’il n’y a là aucune vision d’avenir, aucune stratégie. On saupoudre, dans les rénovations thermiques, dans le climatique… On est en fait très loin du compte. Ce qu’il faut, c’est être les premiers sur l’avion à hydrogène, sur les nouvelles sources d’énergie, et non pas rester dans la “mesurette”. Pendant la crise, on a donné 100 milliards d’euros aux Français, alors qu’ils ne pouvaient pas consommer. Ils ont donc épargné. Et devant la menace du chômage qui arrive, cet argent est devenu de l’épargne de précaution… C’est assez maladroit de donner de l’argent pendant une crise, sauf bien sûr pour les personnes en difficulté.

Propos recueillis par Isabelle Auzias (Tribune Côte d’Azur) Un colloque Israël – France (Région Auvergne Rhône-Alpes) en webinaire sur des thématiques liées à l’environnement et l’économie circulaire, l’intelligence artificielle et l’économie numérique et la biotechnologie. « Rebondir après la crise ». Comment rétablir les partenariats entre Israël et la région Auvergne Rhône-Alpes. Organisé par la Chambre de Commerce France-Israël Auvergne Rhône-Alpes. En partenariat avec la Région et l’Agence Auvergne Rhône-Alpes Entreprises et la Chambre de Commerce et d’Industrie Israël-France. Communiqué : « Depuis le début de l’année 2020 avec l’apparition d’une pandémie mondiale qui a été la cause d’un dérèglement économique et social sans précèdent qui a aussi impacté nos relations internationales, notamment avec Israël, nous pensons que nous devons, aujourd’hui, envisager et analyser les conditions d’une possible reprise dans les prochains mois. D’autre part, une nouvelle situation s’impose au Moyen-Orient avec « Les Accords d’Abraham » signés par Israël et un grand nombre de ses voisins immédiats, ce qui pourrait avoir une grande influence dans nos échanges d’expertises avec Israël dans de nombreux domaines communs (digital, agriculture, environnement, R&D, biotechnologies etc..) Le thème du colloque : « Rebondir après la crise sanitaire », Comment rétablir les partenariats économiques entre la région Auvergne Rhône-Alpes et Israël. Ce colloque a lieu ce jeudi 18 mars 2021 de 10h00 a 17h00 (French time). En webinaire. Il est organisé par la Chambre de Commerce France-Israël Auvergne Rhône-Alpes, en collaboration avec la Région , Team France Export et l’Agence Auvergne Rhône-Alpes Entreprises, la Chambre de Commerce et d’Industrie Israël-France a Tel-Aviv et avec le concours du département économique de l’ambassade d’Israël en France. Il s’adresse a tout public intéressé par la découverte du marché Israélien et au potentiel d’opportunités existant avec la Région Auvergne Rhône-Alpes. Notamment: Les entreprises des secteurs concernés, starts up, pôles de compétitivité, économistes, universitaires, fédérations professionnelles, responsables institutionnels, élus.

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