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Un article de Philippe de Saint-Amant. C’est aujourd’hui le 8 mars, date dédiée aux droits des femmes, journée internationale mettant en avant la (longue) lutte pour leurs droits et la réduction des inégalités par rapport aux hommes.

Ce n’est ainsi qu’en 1944 que le droit de vote leur a été accordé en France et seulement depuis 1965 qu’elles peuvent travailler sans l’accord de leur mari et ouvrir de compte en banque à leur nom propre. De façon plus anecdotique, c’est en 2013 qu’a été abrogée la loi datant du 7 novembre 1800, selon laquelle « toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation », ce qui interdisait de facto le port du pantalon.

Au XIXème siècle, celles qui voulaient quand même en porter un devaient demander tous les 6 mois une «permission de travestissement » comme le fit l’écrivaine Georges Sand qui préférait éviter les lourdes robes incommodes et surtout onéreuses. Sans renier sa féminité, elle avait choisi le vêtement masculin pour des raisons d’économie « Mes fines chaussures craquaient en deux jours, les socques me faisaient tomber, je ne savais pas relever ma robe. J’étais crottée, fatiguée, enrhumée, et je voyais chaussures et vêtements, sans compter les petits chapeaux de velours arrosés par les gouttières, s’en aller en ruine avec une rapidité effrayante. ».

C’est que parmi toutes les interdictions et contraintes qui leur ont été imposées, celles qui visaient à les empêcher de s’habiller en homme était la plus marquée, car il s’agissait pour elles de s’émanciper et de reprendre le contrôle de son corps. Ce raisonnement a été tellement poussé à l’extrême que lors du procès de Jeanne d’Arc, le fait qu’elle ait adopté des vêtements masculins a été un élément déterminant pour l’amener au bûcher.

Qu’une femme s’habille en homme était tellement inimaginable dans le passé, que lorsque Jeanne Baret s’embarqua déguisée en marin en 1767 à bord du bateau L’Etoile, elle put naviguer six mois sans que sa condition féminine fût découverte, alors que la promiscuité était totale.  Mais, lors d’un débarquement à Tahiti les locaux qui n’avaient pas les mêmes barrières mentales que les Occidentaux virent tout de suite de quel genre elle était, révélant ainsi son subterfuge.

Inversement, comme les femmes n’avaient pas le droit de jouer au théâtre, les rôles féminins étaient interprétés par des hommes jusqu’au XVIIème siècle, puis l’interdiction est tombée et bientôt, les femmes ont pu jouer des rôles masculins.

Reste certains cas célèbres, comme celui du chevalier d’Eon, dont on s’est longtemps interrogé sur le genre. Ayant vécu habillé en homme pendant quarante-neuf ans et en femme pendant trente-deux ans, la question pouvait se poser. Cependant, à sa mort à Londres, un médecin pratiqua son autopsie et son constat a été clair : sans contrefaçon, c’était un garçon.

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