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Des experts en hématologie-oncologie du Centre Médical Schneider pour enfants et de l’Université de Tel-Aviv ainsi que des scientifiques du Technion et de l’Université de Glasgow.

Ils ont présenté dans Nature Cancer une découverte qui pourrait influencer le traitement de la leucémie métastatique se propageant au cerveau : l’utilisation d’un médicament inhibant la production d’acides gras semble capable de bloquer la propagation de la leucémie.

 

Leurs recherches se concentrent sur la leucémie lymphoblastique aiguë (LLA), type de cancer le plus fréquent chez les enfants. Bien que les taux de guérison de cette maladie soient relativement élevés, le traitement est lourd et accompagné de nombreux effets secondaires qui peuvent persister plusieurs années après la guérison du patient.

Les enfants atteints de cette maladie reçoivent un traitement prophylactique (processus qui prévient l’apparition, la propagation ou l’aggravation d’une maladie) qui protège le cerveau contre les cellules métastasées, l’un des principaux risques de cette maladie. Actuellement, ce traitement consiste à injecter des substances de chimiothérapie dans le liquide céphalo-rachidien (liquide biologique dans lequel baigne le cerveau), et dans certains cas à appliquer des radiations au niveau du crâne. Cependant, le traitement n’opère aucune distinction entre les cellules saines et les cellules malades, ce qui justifie le risque élevé de dommages des fonctions cérébrales.

Le développement de traitements sélectifs, qui permettent de faire disparaître uniquement les cellules leucémiques (sans affecter les cellules saines, et donc en préservant le patient d’effets secondaires collatéraux), constitue un enjeu mondial. Les recherches en cours révèlent que la solution est susceptible de résider dans les acides gras, composés essentiels au fonctionnement des cellules, même cancéreuses.

Les cellules leucémiques trouvent leurs acides gras dans la moelle osseuse et le sang, mais ne peuvent plus en obtenir lorsqu’elles atteignent le cerveau, zone pauvre en acides gras.  Selon les recherches récemment publiées, afin de continuer à prospérer dans le cerveau, les cellules ALL développent une capacité à synthétiser des acides gras par elles-mêmes.

À partir de ces résultats, les chercheurs supposent que le fait de traiter le patient avec des médicaments qui bloquent la production d’acides gras empêchera les cellules leucémiques de produire des acides gras, les « affamera », et les empêchera de se développer dans le cerveau. L’utilisation de tels médicaments chez la souris a effectivement permis d’arrêter la propagation de la leucémie métastatique dans le cerveau.

Les médicaments utilisés dans le cadre des recherches actuelles sont encore en cours de développement et ne sont donc pas encore approuvés pour une utilisation chez l’Homme. Cependant, les résultats de la recherche permettent d’espérer un traitement plus ciblé qui sera très probablement moins toxique pour prévenir la propagation de la leucémie au cerveau.

L’article est le résultat d’une collaboration entre les groupes de recherche accompagnés par trois scientifiques talentueuses : Le Docteur Angela Maria Savino du laboratoire du Professeur Shai Izraeli au sein du Département d’Hématologie-Oncologie du Centre Médical Schneider pour Enfants, qui fait partie du Groupe Clalit, et du Département de Génétique Moléculaire Humaine et de Biochimie de la Faculté de Médecine Sackler de l’Université de Tel-Aviv ; le Docteur Sara Isabel Fernandes du laboratoire du Professeur Eyal Gottlieb de l’Institut Rappaport et de la Faculté de médecine Rappaport du Technion ; et le Docteur Orianne Olivares du laboratoire de la Professeure Christina Halsey au Centre de Recherche sur le Cancer Wolfson Wohl de l’Université de Glasgow. Une partie de la recherche a par ailleurs été menée au sein du laboratoire du Professeur Michael Kharas au Memorial Sloan Kettering Cancer Center à New York.

Les résultats de la recherche sont également pertinents pour plusieurs autres types de cancer chez les enfants et les adultes car la plupart des décès par cancer ne sont pas causés par la tumeur primaire mais plutôt par la propagation de cellules métastasées à des organes éloignés. Cette recherche, qui démontre que les cellules cancéreuses s’adaptent aux organes vers lesquels elles se propagent, ouvre la voie à des traitements biologiques qui bloquent ces mécanismes d’adaptation, empêchant ainsi les cellules cancéreuses de se métastaser.

La recherche est soutenue par le Scientifique en Chef du Ministère Israélien de la Science et de la Technologie, la Fondation Italienne pour la Recherche sur le Cancer (FIRC), la Fondation William et Elizabeth Davies, le Fonds Laura et Ike Perlmutter, la Fondation Germano-Israélienne pour la Recherche Scientifique, la Fondation Norman et Sadie Lee, la Fondation Israélienne pour la Science, l’Union Européenne (le programme ERA-NETTRASCALL), le Fonds Israélien de Recherche sur le Cancer et Cancer Research UK. En outre, le projet a reçu un financement du Programme de Recherche et d’Innovation Horizon 2020 de l’Union Européenne dans le cadre de la convention de subvention Marie Skłodowska-Curie META-CAN No 766214.

Source : technionfrance.org

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