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Les israéliens ne connaissent pas vraiment l’excellence des Universités françaises. Alors que le monde entier se confine pour faire face au coronavirus, Educpros s’est intéressé à l’attractivité des universités françaises ces dernières années. À la 5e place des principaux pays d’accueil, selon Campus France, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et l’Allemagne, la France continue d’attirer les étudiants étrangers. Si les universités concentrent l’essentiel des effectifs, les flux varient fortement d’une université à une autre.

Alors que l’épidémie de coronavirus continue de sévir, Educpros s’est penché sur l’attractivité de l’enseignement supérieur français auprès des étudiants étrangers. Les mobilités sont certes à l’arrêt aujourd’hui, mais nous avons fait le choix de publier cet article, fruit d’un long et patient travail auprès des universités françaises.

La France reste une des destinations phares des étrangers pour étudier. En 2018, ils étaient ainsi 358.005 à être inscrits dans un établissement de l’enseignement supérieur français, soit 21% de plus que cinq ans auparavant et 4,9% de plus qu’en 2017–2018. Des chiffres qui ne suffisent toutefois pas à conserver sa place dans le classement mondial. Troisième sur le podium en 2012, elle perd deux places pour se retrouver désormais à la cinquième place des principaux pays d’accueil.

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D’où viennent les étudiants étrangers [1] ? Principalement du Maroc (41.729 étudiants, soit 23% d’augmentation sur cinq ans), d’Algérie (31.196 étudiants, +9% par rapport à 2018), de Chine (28.436 étudiants, –6% sur cinq ans), d’Italie (14.692) et de Tunisie (13.025). Avec 5.591 étudiants inscrits en France, l’Inde fait un grand bond de 130% par rapport à la période 2013–2018. La France attire également beaucoup plus d’étudiants ivoiriens qui, en cinq ans, ont augmenté leur nombre de 77% dans les établissements français.

Les universités attractives

Premier choix des étudiants étrangers, les universités françaises continuent de rassembler la grande majorité d’entre eux. Si l’on en croit les chiffres publiés par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESRI) [1], en 2018–2019, ils étaient 246.890 inscrits dans nos facultés, soit 69% de l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur.

Ce sont les étudiants en licence qui sont le plus nombreux (122.086), suivi de ceux inscrits en master (101.330) puis des doctorants (23.474). Mais quand on observe la part de l’ensemble des inscrits, c’est, de loin, au niveau du doctorat qu’ils sont les plus présents (41%), puis en master (17%) et enfin seulement en licence (12%). Ces chiffres pourraient cependant évoluer au vu des progressions constatées entre 2015 et 2018 : les effectifs en licence croissent en effet de 18%, tandis que ceux inscrits en doctorat diminuent (-4%).

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Une « baisse régulière du nombre de doctorants étrangers en France » (-8% en cinq ans), qui selon Campus France, s’expliquerait notamment par « le raccourcissement de la durée des thèses, en particulier dans le domaine des sciences dites ‘exactes’, mais aussi par une diminution du nombre de premières inscriptions en doctorat ».

Une tendance qui devrait se confirmer à l’horizon 2026 : dans une note consacrée à l’état de l’emploi scientifique en France parue en 2018, le MESRI estime ainsi que le nombre total d’inscrits en doctorat à l’université, nationaux comme étrangers, devrait atteindre 52.000 d’ici six ans, contre 73.500 en 2017–2018.

De grandes variations selon les universités

Ces chiffres généraux cachent toutefois de très grandes différences entre les politiques d’accueil des universités. Ainsi, les universités Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, Paris 3 Sorbonne-Nouvelle et Strasbourg comptent respectivement 24,29% ; 23,67% et 18,91% d’étudiants étrangers, tandis que les universités de Nantes et de Bretagne-Sud en recensent à peine 6%.

Si les universités de Vincennes St-Denis, Sorbonne-Nouvelle et Sorbonne Université continuent de se partager le haut du panier année après année, une petite dizaine d’universités provinciales enregistre une hausse progressive mais constante de leurs effectifs étrangers entre 2008 et 2018. C’est notamment le cas de Lyon 3-Jean Moulin et de l’université polytechnique Hauts-de-France qui ont vu leur contingent international grimper de sept points en dix ans, avec respectivement 19% et 16%.

En revanche, Paris Sud accuse une baisse conséquente de son contingent étranger : l’université accueillait en 2018 1.876 étudiants étrangers, contre 3.826 en 2014 et 3.902 en 2008. Un phénomène qui aurait toutefois une explication : si la fusion dans l’Université Paris-Saclay n’est officiellement effective que depuis le 1er janvier 2020, masters et doctorats, qui concentrent l’essentiel de l’attractivité internationale, sont mutualisés au sein de l’ensemble universitaire depuis 2015. Reste à savoir si le nouvel ensemble universitaire aura pour conséquence d’attirer de nouvelles inscriptions hors de nos frontières.

/www.letudiant.fr
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