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La Chronique de Gilles Hagadol. La langue française est vivante et chaque année, de nombreux articles sont consacrés aux nouveaux mots introduits dans le Larousse ou le Robert, qu’ils proviennent de nouveaux usages, du monde de l’entreprise ou d’innovations technologiques. Mais la contrepartie de ces apports signifie que d’autres mots vont disparaître du langage courant et des termes autorisés.

S’il est logique de ne plus trouver dans les dictionnaires le verbe « daguerréotyper » du nom d’un des premiers appareils de photographie et si les rubans disposés à l’arrière des chapeaux, appelés « suivez-moi jeune homme » sont devenus politiquement totalement incorrects, il est regrettable de ne plus entendre « indulgencier » qui n’est pas exactement synonyme de « pardonner ».

« Péccamineux »,  qui désigne celui qui est enclin au péché n’est plus de mode, mais un « patte-pelu» (personne sournoise) ou un « ardélion »  (homme qui se mêle de tout inopportunément), sont des personnes qui se rencontrent encore couramment et qu’il convient d’appeler par leurs noms.

Mais les mots ont le grand avantage, par rapport aux humains, de pouvoir ressusciter. Le mot belge « carabistouille » (mensonge / bêtise), jadis intégré aux dictionnaires français en a été retiré avant d’être remis en usage grâce au film « Bienvenue chez les Ch’tis ».

Plus étonnant est le destin du mot hébreu « schibboleth » qui signifie épi ou branche. Les membres d’une tribu d’Israël, sachant que leurs ennemis prononçaient mal le son « che », demandaient aux passants de prononcer ce nom et ceux qui n’y arrivaient pas étaient exécutés.  Depuis, ce mot a longtemps pris le sens de signe de reconnaissance ou de mot de passe.

Bien négligé des conversations, il a été retiré des dictionnaires au XXème siècle avant de retrouver une nouvelle jeunesse grâce aux geeks qui ont donné ce nom à un système de sécurisation d’accès à internet.

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L’histoire des mots n’est donc qu’un éternel recommencement.

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