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Un article de Pascale Zonszain. « Israël n’a pas oublié les attentats de 2015 ».

Le 7 janvier 2015, en Israël, on attendait la tempête de neige. Toujours un événement sous cette latitude. Alors, les premières infos en provenance de Paris sur une fusillade dans les locaux du journal Charlie Hebdo, n’ont pas été comprises tout de suite. Mais très vite, le doute n’est plus permis. Ce qui vient de se passer est terrible. Et comme dans le reste du monde, mais peut-être avec une proximité particulière, les Israéliens vont suivre minute par minute les trois jours de cauchemar qui frappent la France.

En Israël, le terrorisme est un ennemi familier. On l’identifie rapidement, et on sait y répondre plus vite. Alors on s’étonne que les assassins des journalistes aient pu prendre la fuite, qu’un autre terroriste ait pu tuer une policière en pleine ville sans être rattrapé, puis prendre en otage et massacrer quatre Juifs dans un supermarché. Comment fonctionne la police ? Et les services de renseignement ? Toujours, les Israéliens ont pour premier réflexe de chercher à comprendre comment les terroristes ont réussi à atteindre leur cible.

Puis, ils ont découvert que la France était un autre monde, où le terrorisme islamiste restait encore une abstraction, même après le massacre de l’école Otsar HaTorah de 2012 à Toulouse. Qu’en France, la statistique joue en faveur des terroristes, qui ne risquent pas de rencontrer à chaque coin de rue un ancien soldat d’une unité combattante, capable de les désarmer ou de les neutraliser. Car la France n’était pas un pays en guerre.

Et les Israéliens ont voulu comprendre comment le djihadisme avait pu faire son nid en France. On a parlé de Charlie Hebdo, de blasphème, de laïcité, de liberté d’expression. Quand les rédactions ont dépêché leurs envoyés spéciaux couvrir les événements, elles n’ont pas choisi les journalistes  francophones mais ceux qui parlaient l’arabe et qui sont allés chercher l’info dans les quartiers, à la sortie des mosquées salafistes. Et là, évidemment la résonance n’était pas tout à fait la même. Quelques mois plus tard, la traduction en hébreu de Soumission, de Houellebecq, qui avait servi de prétexte au premier attentat, est aussi devenu un best-seller en Israël, restant numéro un des ventes durant de longues semaines. Les Israéliens aussi, ont dit « Je suis Charlie ».

Mais en Israël, on n’oubliera jamais non plus l’attaque de l’Hyper Cacher. Car là, la tragédie a touché au cœur. Yohan Cohen, Yoav Hattab, Philippe Braham et François-Michel Saada, reposent désormais au cimetière de Jérusalem. Les Israéliens en étaient surs alors : les Juifs n’avaient plus d’avenir en France. Il était temps pour eux de monter en Israël. 2015 avec plus de 6.000 nouveaux immigrants, aura été une année record pour l’alyah de France. Depuis, la performance n’a pas été renouvelée et l’immigration a régulièrement décru. Israël n’a pas encore suffisamment investi sur l’alyah des Juifs de France. Mais, ça, c’est une autre histoire…

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Pascale Zonszain

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