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EDITORIAL. Dans quelques , Benjamin Netanyahu pourra mettre en oeuvre le projet de l’annexion de 30% de la Judée-Samarie et de la Vallée du Jourdain. Une mesure à laquelle s’oppose la communauté internationale, notamment l’Union européenne qui dénonce une décision contraire au droit international. Et menace de sanctionner l’Etat Hébreu.

Cependant pas de consensus des pays membres. Si la France, la Belgique et le Luxembourg, prônent la ligne dure contre Jérusalem, l’Allemagne, elle, privilégie le dialogue. C’est dans ce contexte qu’Heiko Maas le ministre allemand des affaires étrangères est venu en Israël, en éclaireur. Il a tenu à prévenir que l’Allemagne était contre ce projet d’annexion unilatérale, que cela risquait d’entacher les relations entre Berlin et Jérusalem et que surtout plusieurs pays européens pourraient fortement sanctionner Israël.

Pouvant même aller jusqu’à reconnaître l’Etat de Palestine. « Ne prenez pas encore de mesures avant la décision finale d’Israël, de surcroit les cartes liés à l’annexion ne sont pas encore prêtes » lui a répondu son homologue israélien Gaby Ashkénazi. Alors que Netanyahu -et même Gantz sans trop y croire- ont évoqué une opportunité exceptionnelle qu’Israël ne devait pas rater.

En fait Berlin est confronté à un difficile dilemme. Choisir entre son alliance avec l’Etat Hébreu et celle avec l’Union Européenne dont elle assumera la présidence dès le 1er juillet. Les relations entre Jérusalem et Berlin sont sensibles, essentiellement basées sur la Shoah.

Berlin se sent responsable et tente de compenser, jusqu’à ce jour, en construisant et cofinançant des sous-marins militaires destinés à Tsahal et en payant des rentes mensuelles aux survivants. L’Allemagne ne devrait pas prendre de graves sanctions contre Israël mais tenter de modérer au sein de l’UE. Si tant est que l’annexion soit mise en œuvre. Car il se pourrait que la montagne accouche d’une souris.

Elle pourrait être reportée ou prendre une forme plus édulcorée. Il faut dire que Washington est opposée à l’annexion unilatérale et que Trump à d’autres chats à fouetter que de gérer une nouvelle crise au Proche-Orient. D’autant plus qu’il brigue un nouveau mandat en novembre et qu’il pourrait lui être reproché d’être responsable du balagan.

On chuchote dans les couloirs que l’équipe américaine pour la paix s’apprête à débarquer en Israël pour remettre un peu d’ordre. Une réunion qualifiée de décisive. Les américains pourraient arguer que le travail préparatoire de cartographie des zones sur lesquelles Israël pourra imposer sa souveraineté n’est pas terminé. Que pourrait alors répondre Netanyahu ? Qui cependant ne devrait pas surseoir entièrement à son projet. Il pourrait commencer par annexer trois implantations, Maale Adumim, Ariel ainsi que les localités du Gush Etzion, des zones bien définies qui ne nécessitent pas de travail de cartographie.

Et laisser de côté pour l’heure la Vallée du Jourdain, calmant la Jordanie. Une décision qui rassurera son bloc et devrait arranger Benny Gantz lui évitant d’être accusé par le sien de vendre son âme au diable. En effet le vice-1er ministre s’est toujours opposé à l’annexion unilatérale mais n’a pas eu d’autre choix de l’accepter pour assurer la formation d’un gouvernement d’union nationale. Quant aux israéliens ils ne sont que 3 sur 10 à soutenir l’annexion unilatérale d’après les résultats d’un sondage publié hier. Et si l’on ne sait pas si le ministre allemand a réussi à dissuader Netanyahu en tout cas Netanyahu a réussi à le dissuader d’aller rencontre Mahmoud Abbas à Ramallah sous pretexte qu’il devrait se mettre en quatorzaine à son retour à Jérusalem…

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