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Un fait peu connu sur le très grand écrivain Albert Memmi. En fait Docteur Honoris Causa de l’Université Ben-Gourion du Néguev. L’université Ben Gourion du Néguev a été fondée en 1969, à Beer-Sheva dans le Néguev en Israël. Elle s’appelait à l’origine « Université du Néguev », mais a été renommée en novembre 1973, à la mort de David Ben Gourion, premier chef de gouvernement d’Israël. Celui-ci pensait que l’avenir d’Israël se jouerait dans le développement du Sud. En hommage à la vision de Ben Gourion, le campus de l’université abrite à Midreshet Ben-Gurion, près du kibboutz Sdé Boker, un centre de recherches spécialisé dans l’étude des aspects historiques et politiques de la vie et de l’époque de David Ben Gourion.

BIO. Albert Memmi naît le dans le quartier juif de la Hara à Tunis, capitale de la Tunisie, alors placée sous protectorat de la France. Il est l’aîné de huit enfants. Son père, François Memmi, est un artisan bourrelier d’origine juive italienne ; sa mère, Marguerite Sarfati, Juive sépharade d’ascendance berbère, est analphabète. Sa langue maternelle est le judéo-arabe.

À sept ans, Albert Memmi entre à l’école de l’Alliance israélite universelle. Meilleur élève de sa promotion, il obtient une bourse privée qui lui permet de suivre des études secondaires au lycée Carnot de Tunis. En , il obtient un baccalauréat en philosophie. Il commence des études de philosophie à l’université d’Alger tout en demeurant à Tunis où, afin de subvenir à ses besoins, il occupe un poste de surveillant au lycée Carnot.

En , il fait — à peu près volontairement selon ses propres termes — l’expérience des camps de travail forcé.

En , Albert Memmi reprend ses études de philosophie, d’abord à Alger, puis à Paris où il s’inscrit à la Sorbonne afin de préparer l’agrégation, qu’il n’obtient cependant pas.

Parallèlement à son œuvre littéraire, il poursuit une carrière d’enseignant au lycée Carnot de Tunis () puis, après s’être replié en France à l’indépendance de la Tunisie, à l’École pratique des hautes études, à HEC et à l’université de Nanterre (). En , il obtient la nationalité française.

Bien qu’ayant soutenu le mouvement d’émancipation de la Tunisie, il ne peut trouver sa place dans le nouvel État musulman.

Il publie son premier roman largement autobiographique, La Statue de sel, en avec une préface d’Albert Camus. Son œuvre la plus connue est un essai théorique préfacé par Jean-Paul Sartre : Portrait du colonisé, précédé du portrait du colonisateur publié en et qui apparaît, à l’époque, comme un soutien aux mouvements indépendantistes. Cette œuvre montre comment la relation entre colonisateur et colonisé les conditionne l’un et l’autre. Il est aussi connu pour l’Anthologie des littératures maghrébines publiée en (tome I) et (tome II). Il apparaît dans l’émission Italiques à l’occasion du dixième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.

Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la décennie de la culture de non-violence et de paix. Il fait également partie du comité de parrainage de l’association La Paix maintenant.

Il est membre du comité d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité.

Albert Memmi meurt le à Paris à l’âge de 99 ans.


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