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EDITORIAL DE LPH. Lors de la première séance du Likoud depuis la prestation de serment du nouveau gouvernement, Netanyahou a entre autre évoqué la question de l’extension de la loi israélienne en Judée-Samarie et la vallée du Jourdain: « nous avons une opportunité historique qui ne s’est pas présentée depuis 1948 d’étendre notre souveraineté de manière concertée, en tant que décision politique souveraine de l’Etat d’Israël. C’est une occasion que nous ne laisserons pas passer ».

Face à cette assurance, du moins affichée, les principaux concernés – les responsables des habitants juifs de Judée-Samarie – sont en total désaccord entre eux sur la question de l’acceptation de ce plan. Les membres du conseil des localités se divisent entre ceux qui qualifient le plan « d’occasion du siècle » et ceux qui y voient un « piège de miel ».

Le 13 mai dernier, jour de la visite en Israël du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, le conseil s’était réuni et son président David Elhayani avait présenté une carte des « lignes rouges ». Il avait expliqué que le Plan Trump avait pour grandes lignes l’extension de souveraineté israélienne sur seulement 32% de la Judée-Samarie, mais qu’un tiers de la superficie des zones C seraient interdit à toute construction (juive et arabe) durant quatre ans en espérant que l’Autorité Palestinienne reprenne les négociations en vue de la création d’un Etat ‘palestinien » avec continuité territoriale qui recouvrirait finalement les deux-tiers de la Judée-Samarie. Autre point de contestation, un certain nombre de localités juives se retrouveraient dans des enclaves, entourées de « territoires ‘palestiniens’ ». Mais c’est surtout le principe de l’acceptation de principe d’un Etat ‘palestinien’ qui provoque la division, les uns estimant que l’accepter comporterait des risques considérables, les autres rappelant que la création d’un tel Etat est soumis à de nombreuses de conditions qui font qu’une telle entité ne verra jamais le jour.

Après un vote de 24 présidents de conseils locaux et régionaux, 16 d’entre eux ont pris la décision de soutenir la carte des lignes rouges présentée par David Elhayani et s’opposer au Plan Trump tel qu’il se présente, alors que huit ont estimé qu’il ne fallait pas rater cette occasion unique. Le conseil a également décidé à une majorité de refuser catégoriquement les articles du Plan Trump qui concernent la création d’un Etat ‘palestinien’.

Depuis dimanche, le Conseil des localités a entamé une campagne auprès des députés et ministres de droite pour obtenir leur soutien, notamment en vue d’une modification de la cartographie avant le mois de juillet. Ils espèrent que les preneurs de décisions, Premier ministre en tête, prendront en compte leurs revendications face à l’Administration américaine.

Ayelet Shaked, qui a rencontré des dirigeants du conseil a déclaré ensuite: « Il ressort des discussions que j’ai eues que leurs remarques ne sont pas du tout prises en compte. Durant l’année écoulée, le Premier ministre nous a empêché tout contact avec la commission mixte israélo-américaine du tracé cartographique, et je constate que c’est la même chose pour le conseil des localités, avec le risque que la carte sera exactement celle dictée par les Américains. Nous exigeons de voir cette carte et nous nous opposons fermement à tout Etat palestinien ».

Les divergences sont telles au sein du conseil que certains vont jusqu’à dire qu’il vaudrait mieux carrément renoncer à la souveraineté si elle inclut la perspective d’un Etat ‘palestinien’ même sur le plan déclaratif!

Le maire d’Efrat Oded Revivi, qui fait partie de la minorité des huit membres qui ont voté en faveur de l’acceptation du Plan américain a mis en garde face à certaines prises de position et déclarations extrêmes: « Il faut adopter une attitude respectueuse envers l’Administration américaine, qui est la plus favorable à nos intérêts qui n’ai jamais existé, avec la reconnaissance de Jérusalem, le transfert de l’ambassade, la reconnaissance du Golan ainsi que de la légalité des localités juives. Nous, habitants de Judée-Samarie, devons avoir un dialogue ouvert avec l’Administration américaine et pour cela, il faut se comporter respectueusement et éviter des propos du genre ‘ils nous ont trompés!¨’. Je crois au dialogue ouvert et franc, je crois en l’oreille attentive de l’ambassadeur David Friedman et celle des responsables américains, et j’appelle la direction du conseil des localités d’y croire aussi et d’agir en ce sens ».

Le président du conseil des localités, David Elhayani et la majorité qui le soutient entendent faire pression sur le Premier ministre afin qu’il mette en route le processus de souveraineté dès le mois de juillet mais sans accepter le Plan Trump dans sa globalité comme le demande Washington. Une demande qui n’a que très peu de chances d’être entendue.

A l’approche du mois de juillet, ces divergences de fond et de forme au sein du conseil des localités juives de Judée-Samarie pourraient aboutir à une scission entre « idéologiques » et « pragmatiques », chacun avec des arguments valables.

Un scénario qui s’est tant de fois présenté dans l’histoire de l’Etat d’Israël, et seul le temps avait donné raison soit aux une soit aux autres.

https://lphinfo.com/plan-trump-le-fosse-se-creuse-entre-les-dirigeants-de-judee-samarie/

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