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Si vous avez passé les semaines écoulées en télétravail, il y a de bonnes chances que vos oreilles, elles, aient pris des vacances. À l’occasion du confinement contre la contagion du coronavirus, le trafic s’est retiré des rues…Et avec lui, le bruit de fond incessant de la ville. Une baisse brutale et durable qui, vous ne l’avez peut-être pas remarqué, a fait un bien fou à votre ouïe, et à votre cerveau tout entier. A Tel-Aviv le silence a également été considéré comme un bonheur.

Selon (1) : « C’est bien sûr à Paris que la différence s’est fait le plus entendre, avec une baisse allant jusqu’à 9 décibels pour les habitants proches des grandes voies: cela correspond à un effondrement du bruit émis de 90%! Mais il n’y a pas qu’à Paris qu’un tel phénomène a pu être mesuré. Comme le rapporte le journal Lyon capitale, des capteurs placés dans le centre-ville ont mesuré des chutes allant jusqu’à 13 décibels depuis le 17 mars. Pour les conduits auditifs, cela change tout.

Parce qu’en temps normal, nos oreilles passent un mauvais moment. Le bruit ambiant d’une rue est déjà à plus de 60 décibels. Il faut rajouter par-dessus les bruits que nous produisons volontairement: la musique écoutée au casque, ou même une conversation avec quelqu’un… On s’élève alors allègrement au-delà des 70db au quotidien, de manière continue ou au moins dans des phases de longue durée. On arrive au même niveau sonore lorsque l’on travaille dans un open space.

Passer toute une vie à 70db, c’est un problème chronique”, résume un médecin ORL à Paris. “L’audition est en permanence sollicitée, cela libère des médiateurs excito-toxiques dans notre cerveau qui peuvent paralyser les cellules auditives plus ou moins longtemps, ou même les endommager définitivement.” Les cellules ciliées, dans notre oreille interne, sont très fragiles, et lorsqu’elles souffrent, c’est le risque, à long terme, de souffrir d’acouphènes ou d’hyperacousie, mais aussi de troubles vasculaires, de stress, ou d’une baisse des performances cognitives.

Voilà pourquoi la baisse du bruit ambiant a permis au plus négligé de nos cinq sens de prendre du repos. Moins sollicitée, notre oreille récupère, à la manière des professionnels dans une atmosphère bruyante (le BTP par exemple) et qui, une fois à la retraite, retrouvent (en partie) leurs capacités auditives après six mois d’interruption de leur activité. “Quand tout est noyé dans un brouhaha, l’attention se ferme”, explique un ORL. “Là au contraire, on s’ouvre” à mesure que nos cellules retrouvent leur sensibilité. Ces oiseaux que vous entendez à nouveau chanter dans la rue? Ce n’est pas seulement que la nature reprend ses droits. C’est votre oreille qui écoute mieux ».

(1) https://www.huffingtonpost.fr

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