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Retardés, amendés, annulés… Les projets de fusions-acquisitions en Israël subissent aujourd’hui un sérieux coup de frein. Notamment parce que la crise sanitaire est génératrice d’incertitudes pouvant venir rebattre les cartes de ces opérations de grande ampleur. Et ce, quel que soit le secteur…

«Au premier trimestre 2020, les fusions et acquisitions mondiales et en Israël ont chuté de 30% par rapport au quatrième trimestre 2019», explique l’avocat Mickey Barnea (Tel-Aviv), associé directeur du bureau de Barnea-Jaffa-Landa (Israël). «Il s’agit d’une baisse importante, même en tenant compte tenu de l’expansion significative de la pandémie. « Depuis février, nous assistons en Israël à un phénomène dans lequel « le temps devient élastique ». Habituellement, les gens s’efforcent, une fois la poignée de main serrée, d’aller très vite afin d’entériner l’accord.

« À présent, les protagonistes d’un accord, prennent le temps de voir ce qui se passe, continuent de prendre la température du bain, en quelque sorte, avant de se lancer ». « Le facteur est l’incertitude ce qui n’est pas une solution mais vous ne pouvez plus compter sur votre expérience. Nous sommes dans une phase d’adaptation et personne ne peut faire des projections sur l’avenir d’une société, aussi solide soit elle ».

« Donc, les gens mettent les choses en suspens. Il y a des processus qui vont au ralenti et sont toujours là. Certains investisseurs veulent voir quel sera l’impact de la nouvelle réalité sur les entreprises dans lesquelles ils veulent investir, et certaines entreprises veulent réorganiser leur argent. »

La baisse du volume des transactions a touché tous les domaines: énergie 31%, institutions financières 29%, immobilier 29% et consommation 21%. Enfin,  cette chute se poursuivra au deuxième trimestre, même si la reprise s’amorce. (Source : Alliance.fr et IsraelValley)

LE PLUS. D’après Marsh & McLennan, 25% à 30% des transactions en cours dans la région Asie-Pacifique ont été mises en suspens et de nombreuses transactions ont été annulées ou différées. Les gestionnaires de risque prévoient que les entreprises avec un bilan solide pourront en profiter pour clore des transactions rentables à long terme. Cependant, un nouvel élément va entrer en jeu pour les acheteurs et les vendeurs immobiliers : l’introduction de « clauses coronavirus », comme l’ont déjà indiqué plusieurs contrats. Pensée pour atténuer un risque trop important, cette clause autorise l’augmentation des délais de dépôt fiduciaire ou de liquidation en raison de circonstances imprévues. Cela permet aux deux parties de se retirer, en cas de circonstances incertaines et imprévisibles. Il est fortement probable que le secteur de l’immobilier se retrouve confronté à un nombre croissant de ces situations dans les mois à venir. L’été 2020 sera intéressant à suivre.

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