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La France a passé la barre des 10.000 morts le 7 avril. Des dizaines de morts sont juifs. Face à la contagiosité du Covid-19, les autorités sanitaires françaises ont interdit certains rites funéraires, comme la toilette du défunt. Une épreuve supplémentaire pour les croyants, particulièrement les juifs.

Pour Richard Wertenschlag, grand rabbin de Lyon : « Pour les inhumations, nous avons interdit les rassemblements, quinze personnes maximum peuvent participer aux funérailles. Même le shabbat, le jour le plus sacré du judaïsme, peut être enfreint quand c’est pour sauver la vie humaine. Nous acceptons de renoncer à ces rites funéraires car c’est dangereux pour tous ceux qui vont convoyer le corps jusqu’à l’inhumation. »

Mais au delà de la toilette mortuaire, « rituel très important dans la religion juive », c’est tout l’accompagnement qui est bouleversé. « Nous devons accompagner l’agonisant, il doit être entouré de ses proches, de sa famille, à l’image du patriarche Jacob qui avait réuni ses enfants et ses petits-enfants avant de quitter ce monde. Même une fois qu’il est décédé, il ne faut pas l’abandonner. Il y a une veillée funéraire où on psalmodie, on lit tous les psaumes à tour de rôle. Il y a un accompagnement jusqu’à l’inhumation, explique le grand rabbin Wertenschlag. Actuellement, il n’y a pas de rassemblement. Pour l’inhumation, il faut dix hommes pour pouvoir dire le kaddish, la prière de sanctification que doit faire la personne qui est elle-même endeuillée, l’épouse, le mari ou les enfants. S’il n’y a pas dix hommes, on ne pourra pas dire kaddish. »

LE PLUS. L’épidémie de Covid-19 « continue sa progression » a indiqué le directeur général de la Santé.

Depuis début mars, 7.091 décès ont été enregistrés en milieu hospitalier, et 3.237 dans les Ehpad et établissements médico-sociaux, soit un total de 10.328 morts. L’épidémie « continue sa progression », a poursuivi le directeur général de la Santé.  La France, entrée le 7 avril dans sa quatrième semaine de confinement pour lutter contre le coronavirus, est encore loin du « pic » de l’épidémie. Le respect de ce confinement inédit imposé sur tout le territoire national montrant de nouveaux signes de relâchement, le gouvernement a affiché sa détermination et entrepris une nouvelle fois de resserrer les boulons. La pression sur les hôpitaux et les Ehpad reste pour l’heure très forte. Le ministre de la Santé a annoncé le lancement d’une vaste opération de dépistage dans ces maisons de retraites médicalisées, dont certaines ont été décimées par la maladie.

JUIFS. Très peu d ‘articles font les point sur le nombre de morts de juifs en France. Ce qui est certain : un »pont aérien » de France vers Israël va avoir lieu après la crise pour transporter les corps de victimes juives en France. De nombreux juifs vont réciter le Kadish cette semaine.

Le kadich est l’un des prières juives les plus connues, plus encore peut-être que le chema Israëlou la amida. Pourune raison toute simple probablement: il est récité pendant les funérailles puis la période de deuil par les proches d’un défunt. Or, comme la mort reste dans nos sociétés sécularisées le rare moment où presque tout le monde éprouve encore le besoin de recourir à des rituels, même les juifs les plus éloignés de la pratique religieuse en viennent un jour ou l’autre à réciter le kadich. Il est même imprimé, en phonétique, dans les éphémérides de toutes les institutions religieuses ou funéraires

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