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10 720 bureaux de vote à travers Israël ouvrent leurs portes aux 6 339 279 électeurs du pays pour voter pour la 21e Knesset. Dans la Knesset, qui compte 120 sièges, 61 sont nécessaires pour former une coalition au pouvoir. (Times of Israel & IsraelValley)
LE VOTE. ARTICLE DU JOUR SELECTIONNE PAR LA REDACTION.
Né en juin 1959 dans un village du sud d’Israël fondé par des immigrants rescapés de la Shoah, Benny Gantz, marié et père de quatre enfants, a une licence d’histoire de l’université de Tel-Aviv, un master en sciences politiques de l’université de Haïfa et un master en gestion de ressources nationales de la National Defense University aux États-Unis.
C’est son parcours militaire qui lui vaut les faveurs de la population. Après avoir rejoint l’armée en 1977 pour y faire son service national, Benny Gantz intègre les rangs des parachutistes. Par la suite, il prendra les commandes de la Shaldag, unité d’opérations spéciales de l’armée de l’air, avant d’être nommé chef d’une brigade puis d’une division en Cisjordanie occupée. Entre 2005 et 2009, il est nommé attaché militaire d’Israël aux États-Unis, puis chef d’état-major entre 2011 et 2015.
Dans un pays où la défense et la sécurité comptent parmi les principales préoccupations, ces faits d’armes jouent bien évidemment en faveur de Benny Gantz. L’ancien parachutiste l’a d’ailleurs bien compris et mise sur son image d’homme “fort” pour attirer les électeurs: avant même le lancement de sa campagne, il a publié trois vidéos relatant ses faits d’armes, dont l’élimination d’un chef du Hamas ou une partie de la destruction de Gaza.
“Les jours où je commandais l’unité de combat Shaldag dans des opérations en territoire ennemi au risque de nos vies, toi, Benjamin Netanyahu, tu progressais avec courage et détermination d’une séance de maquillage à l’autre sur les plateaux de télévision”, a taclé Gantz en février devant ses partisans, jouant sur l’image controversée de stratège (trop) rusé de l’actuel chef de gouvernement.

“Gauchiste” pour Netanyahu, centre-droit sur le papier

Politiquement parlant, Benny Gantz est situé au centre-droit de l’échiquier politique israélien. Et sur bien des points, ses positions ne sont pas si éloignées de celles de l’actuel premier ministre, qui a cependant affirmé que ceux qui comme Gantz se disent “ni de droite ni de gauche, sont en fait de gauche”.
Moins radical que Benjamin Netanyahu sur le conflit israélo-palestinien, Benny Gantz se dit favorable à une “séparation avec les Palestiniens”, sans ouvertement évoquer la solution des deux États. Il a cependant pris position contre tout retrait israélien du plateau de Golan, de la vallée du Jourdain en Cisjordanie occupée, ou encore de Jérusalem-est annexée, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de l’État auxquels ils aspirent.
À propos de l’Iran, ennemi juré d’Israël, il a également affirmé qu’il constituera -s’il en a l’occasion- un gouvernement qui fera ”échec à tous les complots du président Rohani”, quitte à miser sur des opérations militaires.
Mais son angle d’attaque favori reste l’actuel chef du gouvernement, empêtré dans un scandale de corruption qui pourrait bien coûter des voix au Likoud. “La simple idée qu’un premier ministre puisse exercer le pouvoir alors qu’une inculpation est présentée contre lui me semble ridicule, cela n’arrivera pas”, a déclaré Gantz en janvier. “Moi, j’ai les mains propres, je ne dois rien à personne et mon gouvernement fera preuve de zéro tolérance envers toute forme de corruption”, a-t-il assuré. À défaut de proposer un changement politique radical, Benny Gantz mise donc surtout sur la lassitude des Israéliens vis-à-vis de celui qui les dirige depuis dix ans.

Derrière le choix du premier ministre, le jeu des alliances

Malgré les sondages qui placent la liste “Bleu-blanc” au même niveau que celle du Likoud, l’avenir de Benny Gantz et de Benjamin Netanyahu peut cependant ne pas directement dépendre du choix des urnes.
41 listes ou partis sont en effet représentés lors de ces élections, et il est quasi impossible que l’un d’eux obtienne la majorité nécessaire (61 sièges) pour former un gouvernement. La tâche revient donc au président, qui consulte l’ensemble des partis pour savoir qui a le plus de chances de former une coalition. Et il n’y a aucune obligation à ce que le premier ministre soit issu du parti qui remporte le plus de sièges.
Tout l’enjeu pour Benny Gantz repose donc sur les alliances qu’il réussira (ou pas) à créer afin de former un gouvernement de coalition. Au cours de la campagne, il s’est déjà assuré le soutien de deux autres listes, celle de Moshe Yaalon, ex-chef militaire réputé très à droite, et celle du centriste Yaïr Lapid, à la tête du parti Yesh Atid (“Il y a un avenir”), qui compte actuellement 11 députés sur 120 au Parlement.
Mais s’il veut avoir une chance, le chef de “Bleu-blanc” va aussi devoir grappiller d’autres voix à droite de l’échiquier politique, chasse gardée de Netanyahu. Pour éviter de voir ses soutiens céder à Gantz, le premier ministre actuel a d’ailleurs forgé ces dernières semaines des alliances controversées avec des partis très à droite, qui sont pour certains ouvertement accusés de racisme.
“Quels que soient les résultats, former une coalition n’aura probablement jamais été aussi compliqué depuis 1961”, avance auprès de l’AFP Abraham Diskin, professeur de sciences politiques, en faisant référence aux mois nécessaires à David Ben Gourion pour constituer un gouvernement.
https://www.huffingtonpost.fr/entry/qui-est-benny-gantz-qui-fait-trembler-netanyahu-aux-elections-en-israel_fr_5cab57a2e4b0a00f6d4313d5

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