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IsraelValley (Ilan Dreyfus). Des pressions énormes ont eu lieu ces derniers jours sur Israël par les Etats-Unis. Ceux-ci ne soutiennent pas la Catalogne libre. Habituellement Israël suit les USA. Sans trop discuter.  « Israël espère que la crise interne en Espagne sera résolue rapidement et pacifiquement et par un large consensus national », a malgré tout indiqué le ministère des Affaires étrangères israélien. Sans plus. L’organisation-cadre des Juifs espagnols a attribué la responsabilité de la crise qui déchire le royaume aux séparatistes et ont proclamé leur allégeance à la constitution.
Pourquoi donc de très nombreux israéliens soutiennent, malgré tout, la Catalogne libre? En fait la ville de Barcelone est devenue après Berlin la capitale la plus sympathique pour les jeunes israéliens qui quittent pour un temps le pays et prennent un break. Une histoire d’amour réelle et profonde. IsraelValley a posé sans cesse des questions aux israéliens sur la Catalogne. Le résultat? Un lien invisible très positif semble exister entre les deux « Nations ».
Les politiques israéliens se gardent bien de s’exprimer sur le conflit Madrid-Barcelone. La Catalogne et Israël ont des liens solides et anciens. Une relation amorcée en 1987 par l’ancien président catalan et père de la Catalogne moderne, Jordi Pujol. Ce dernier, en visite officielle à Jérusalem, reçu par le Premier ministre Isaac Shamir, et le ministre des Affaires étrangères de l’époque Shimon Peres, avait manifesté sa « compréhension » envers les « problèmes » de l’État d’Israël et sa « grande sympathie pour le sionisme ».
Depuis, les structures conjointes catalano-israéliennes se sont multipliées ces dernières années à Barcelone, tant au niveau économique que sur le plan politique. « Israël figure en bonne place dans bon nombre de documents élaborés par les nationalistes pour préparer la transition vers l’indépendance. Entrer en relation avec les services de renseignements d’Israël pour connaître leur organisation et leurs services de sécurité » est un des objectifs des futurs services secrets de Catalogne, l’Agence Nationale de Sécurité » a ainsi révélé le journal espagnol en ligne « El Confidencial ».
Les nationalistes espèrent ainsi obtenir une aide israélienne pour qu’une Catalogne nouvellement indépendante ne soit pas asphyxiée. Le juge Santiago Vida, qui a collaboré à la rédaction d’une constitution catalane, a ainsi reconnu dans un entretien accordé au « Periodic Delta » : « Nous ne pourrons pas aller vers la Banque Centrale Européenne pour financer la dette parce que nous ne serons pas encore membres de l’Union Européenne, et la solution serait qu’un autre État solvable, et nous parlons d’Israël, nous fournisse des financements pendant un certain temps ».

DERNIERES ACTUALITES SURLA SITUATION. Selon 20Minutes : « Carles Puigdemont, visé par une procédure judiciaire en Espagne et un mandat d’arrêt européen (MAE), peut-il rester en Belgique ? La justice espagnole a lancé vendredi un mandat d’arrêt contre le président catalan destitué par Madrid et quatre de ses « ministres », arrivés lundi à Bruxelles, après leur refus de comparaître devant une juge d’instruction madrilène.
Le pays dans lequel une personne est réclamée doit renvoyer celle-ci dans le pays émetteur du MAE dans un délai maximal de 60 jours à compter de son arrestation. Si la personne consent à sa remise, la décision de remise doit être prise dans un délai de dix jours.

« Rébellion » et « sédition »

En Espagne, le procureur général a requis des poursuites pour « rébellion », « sédition » et « malversations » contre Carles Puigdemont et les membres du gouvernement catalan destitué. Le délit de rébellion est passible d’un maximum de trente ans de prison. Le parquet fédéral belge a confirmé la réception et le mandat va être examiné puis transmis à un juge d’instruction belge. Le juge belge envoie une convocation qui doit être honorée sous 24 heures et signifie aux personnes concernées les poursuites lancées et leur permet de prendre connaissance de leurs droits.
En moyenne entre 2005 et 2014, les personnes recherchées ont été remises dans un délai de 14 à 16 jours avec leur consentement, soit environ la moitié des cas, et dans un délai inférieur à deux mois sans consentement, selon les statistiques officielles de la Commission européenne.

Débat technique sur les charges

Si ce mandat est émis, il n’existe « pas beaucoup d’opportunités pour la Belgique de le refuser », fait valoir Me Maxime Chomé, avocat à Bruxelles. La loi stipule que l’infraction reprochée doit figurer dans le droit belge, ce qui n’est pas le cas de la « sédition » et de la « rébellion », selon Me Chomé. Mais ce même texte, transposition d’une directive européenne, liste ensuite une série d’infractions additionnelles auxquelles l’Espagne pourrait se référer.
Pour Anne Weyembergh, présidente de l’Institut d’études européennes de l’ULB, la définition des contours de l’infraction « pourrait donner lieu à certaines difficultés ». Selon elle, Puigdemont et son avocat pourraient en outre arguer du respect de ses droits fondamentaux, même s’il « faudrait qu’ils démontrent qu’il y a un réel risque » d’atteinte à ces droits.
Les voies de recours existent si l’intéressé refuse son extradition, mais elles n’aboutissent qu’« extrêmement rarement », selon Me Chomé. « L’idée de base, avec le mandat d’arrêt européen, c’est qu’on a confiance dans les droits fondamentaux du pays émetteur. Avec l’Espagne, on n’est pas dans le cas d’un pays qui pratique la torture », explique le pénaliste. Les autorités judiciaires espagnoles peuvent aussi opter pour un mandat international, notamment dans le cas où Carles Puigdemont prendrait la fuite ».

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