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La capitale du désert veut aussi devenir oasis : un ambitieux plan de rénovation se propose de réhabiliter ses berges desséchées.
Par Agnès Lichten pour Israël Magazine.

Le coup d’envoi des travaux a été donné. Beersheva va se doter du plus grand lac artificiel du pays. Un projet ambitieux, parmi les plus imposants en termes d’infrastructures locales, jamais initié en Israël. Il faut dire que la ville du sud, porte d’entrée du Néguev a du pain sur la planche pour remodeler son image, aussi peu reluisante que le cours d’eau qui la traverse.
Hormis quelques jours de fortes pluies et d’inondations à la clé, Nahal Beersheva ne consiste en effet – la majeure partie de l’année – qu’en un filet d’eau boueux. C’est pourtant lui qui se trouve désormais au cœur d’un projet de développement économique, censé revitaliser la ville et lui permettre de renouer avec sa gloire d’antan. Objectif : transformer ses 90 kilomètres de berge en un oasis municipal.
Au programme, l’assainissement du cours d’eau qui coupe la ville d’Est en Ouest, et la création d’un parc et d’un lac artificiel. Des travaux d’envergure qui devraient se poursuivre jusqu’en 2018. Le coût, estimé à quelque 100 millions de shekels, sera réparti entre la mairie de Beersheva, le ministère pour la Protection de l’Environnement et le KKL.
Une promenade, des circuits pédestres et pistes cyclables, une jetée, des ponts, une île centrale, une île aux oiseaux, des fontaines uniques en leur genre, trois aires de pique-nique et 15 kilomètres de deck sont ainsi à l’ordre du jour, aux côtés de zones commerciales, avec restaurants, cafés, magasins et vastes étendues vertes. Le tout sur une surface totale de 450 km2.
C’est le KKL, ou Fonds national juif qui va gérer les avancées du projet en partenariat avec l’Autorité de drainage Shikma-Basor. Il entend mettre son expertise dans le traitement des eaux au profit du plan de réhabilitation. Les eaux usées de Beersheva seront ainsi recyclées, stockées puis déversées vers le lit sec du fleuve sous forme d’eaux propres qui feront office de bain de jouvence pour Beersheva. Une flore et faune des plus riches, de verdoyants jardins, des oiseaux, des cygnes sont ainsi prévus, ainsi que la plantation de 40 000 arbres.
Des bateaux, des poissons et des cygnes au cœur du désert
Le maire de la ville, Rouvik Danilovich, qui a donné son feu vert au projet ne cache pas son enthousiasme. Il s’est déjà rendu sur le site à plusieurs reprises et a même tenu à inviter le ministre de la Protection de l’Environnement pour suivre de près l’avancée des travaux. « Le lac sera le point central du projet. Nous sommes en train de créer une attraction de niveau international, pour le bénéfice de tous les résidents du Néguev», s’est-il ainsi réjoui. Un rêve en train de devenir réalité, a poursuivi l’édile : « Notre vision est de voir des bateaux, naviguer, des poissons, nager, des cygnes, barboter, au cœur du désert. Et elle est en train de prendre forme.»
L’enjeu est de taille pour la ville. Celle que l’on surnomme la capitale du désert a entrepris depuis quelques années de véritables efforts pour tenter de séduire les Israéliens. Une campagne en demi-teinte puisqu’à ce jour, le nombre d’habitants de Beersheva ne décolle pas vraiment et plafonne à 200 000 âmes. Avec ce projet de réhabilitation appelé à avoir un impact sur toute la région, la municipalité vise à doubler le nombre de ses résidents et parvenir à 400 000. Forte d’un parc aquatique digne de ce nom, la ville espère voir l’installation de nouveaux commerces et attirer les visiteurs qui répondront présent pour venir se détendre, se ressourcer ou se promener dans cette verte oasis au cœur du Néguev.
Source : http://israelmagazine.co.il

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