Plastik back : retour aux sources, chronique de Jean-François Strouf.
Cette start up israélienne a pour objectif de recycler 100 000 tonnes de déchets plastiques d’ici 2030.
Quel problème le pastique pose-t-il à la planète ? Les plastiques sont utilisés dans presque tous les aspects de la vie humaine. Ils sont destinés à durer, adaptés à une large gamme d’applications et peu coûteux à produire. Cependant, sur les 400 millions de tonnes produites chaque année, moins de 10 % sont recyclées.
La pollution au plastique est partout : sur terre, dans les sous-sols, dans les océans, avalé par les poissons, on les retrouve dans les systèmes digestifs de tous leurs prédateurs, notamment les oiseaux, dans l’alimentation. Les microplastiques pénètrent dans tout. La grande difficulté après des décennies de production massive est de s’en débarrasser !
Vous nous parlez d’une startup israélienne qui s’appelle Plastic Back et qui révolutionne la question de la pollution plastique ? Plastic Back s’attaque à ce problème majeur en détournant les plastiques des décharges et de l’environnement naturel, pour les reconvertir en leur forme d’origine (pétrole brut). Son procédé chimique à basse température permet de traiter des flux de déchets difficiles, non recyclables par les méthodes mécaniques et chimiques actuelles. Le polymère plastique est décomposé en fractions liquides courtes, qui peuvent être valorisées pour produire de nouveaux plastiques et d’autres produits du quotidien.
Le processus de dépolymérisation du polymère plastique s’effectue par une attaque d’anions radicaux. Des produits chimiques facilement disponibles sont utilisés pour créer des « radicaux libres » qui attaquent les liaisons carbone-carbone du polymère plastique. Ces produits chimiques sont ensuite recyclés dans le processus, assurant ainsi une performance à la fois économique et écologique.
Et ils sont très ambitieux dans le choix et la dimension de leurs objectifs ! La mission de l’entreprise est de recycler 100 000 tonnes de déchets plastiques d’ici 2030, établissant ainsi une nouvelle référence en matière de recyclage durable du plastique. Les types de plastique qu’elle peut traiter incluent le polypropylène, le polypropylène haute et basse densité (HDPE et LDPE), les plastiques multicouches, les plastiques mixtes et le polychlorure de vinyle (PVC).
En quoi cette invention est-elle stratégique ? Le recyclage chimique du PVC est une opportunité majeure parce que le PVC constitue un véritable goulot d’étranglement dans l’industrie du recyclage chimique. Plastic Back parvient de manière unique à séparer le chlore de la chaîne carbonée, puis à convertir ces chaînes de carbone en hydrocarbures liquides courts.
Que devient ce plastique après le processus de Plastic Back. Le procédé chimique de l’entreprise décompose le plastique pour le transformer en substances similaires au pétrole brut (naphta), qui peuvent ensuite être raffinées pour produire de nouveaux plastiques. Cela permet non seulement de réduire la pollution liée aux déchets plastiques et leur accumulation dans les décharges, mais aussi de diminuer la dépendance aux matières premières vierges, offrant ainsi une solution durable à l’industrie pétrochimique.
Jean-François Strouf
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