Javier Milei est arrivé en France ce mercredi 30 septembre et il sera jusqu’à vendredi avec l’objectif de promouvoir l’investissement en Argentine dans le cadre du forum « Argentina week ». Mais si le centrage économique du voyage est indéniable, il comprend aussi un volet plus politique, avec une allocation de l’Argentin à l’OCDE et surtout une rencontre à l’Élysée avec Emmanuel Macron prévue jeudi.

L’exercice d’équilibrisme peut sembler complexe pour Paris, qui voit la relation avec Buenos Aires comme une opportunité économique, mais qui se retrouve à composer avec un invité d’extrême droite aux antipodes du président français. Javier Milei choque en France et dans le monde, tant par sa politique ultra-libertarienne et conservatrice que par ses propos parfois brutaux, notamment envers l’Europe qui serait « en train de couler » – comme il l’a affirmé sur LCI – ou sur l’ONU, « une organisation inutile » qui nourrit « une caste de parasites ».

La venue du président argentin a déjà suscité une levée de boucliers dans l’Hexagone. Un rassemblement est prévu dans la soirée de jeudi devant l’ambassade d’Argentine à Paris, rappelle franceinfo, et plusieurs syndicats de journalistes ont condamné le voyage du dirigeant, y voyant une « insulte à la liberté de la presse », compte tenu de ses attaques répétées contre les médias.

Une visite bénéfique pour « les relations économiques et commerciales »

Dans ce contexte, l’Élysée a clarifié comment la venue de Javier Milei était appréhendée côté français. Initialement décrite comme une « rencontre privée » selon les termes employés par l’AFP, la visite du président argentin est bien qualifiée d’« officielle » par la présidence… tout en insistant sur le fait qu’il s’agit « d’abord d’une visite argentine » dans le cadre de l’« Argentina week ». « C’est une visite officielle à l’occasion » de cet évènement et « pour ce qui concerne les aspects bilatéraux », a-t-on précisé au HuffPost.

Au Palais, on insiste sur l’importance pour Emmanuel Macron de « maximiser les intérêts de la France auprès d’un pays important en Amérique latine », tant pour « les relations économiques et commerciales » que pour des « raisons plus stratégiques » notamment autour des minerais critiques comme le lithium ou le cuivre. Dans ce cadre, le président français recevra son homologue « ainsi que sa délégation » composée notamment de plusieurs ministres « pour un entretien ».

Un « échange » des deux présidents « avec les entreprises françaises déjà engagées en Argentine ou qui peuvent avoir intérêt à s’y déployer » est également annoncé. Au-delà d’une rencontre sur les relations entre Paris et Buenos Aires, l’Élysée voit aussi dans la visite de Javier Milei l’occasion de travailler sur les rapports de l’Union européenne avec « les pays du Mercosur », où « nos entreprises ont des arguments à faire valoir ».

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