En 2026, Israël devrait connaître un net rebond de la croissance de son PIB, à +3,5 % en glissement annuel, à mesure que l’économie poursuit sa normalisation au sortir d’un conflit de 48 mois. En 2027, la croissance économique devrait se maintenir à un niveau élevé, atteignant +3,3 %. Ce rebond sera porté par la reprise normale de l’activité économique, en particulier dans les secteurs de la construction et du tourisme, qui ont été les plus durement touchés depuis octobre 2023, ainsi que par l’ensemble du marché du travail, mis sous tension par des pénuries de main-d’œuvre résultant de la mobilisation des réservistes et de la réduction du nombre de travailleurs palestiniens employés dans l’économie israélienne. Les répercussions de la guerre sur l’économie israélienne se manifestent clairement par l’augmentation de la dette publique et le renchérissement des rendements obligataires souverains.
L’inflation devrait rester stable à 2 % en glissement annuel, se situant ainsi dans la fourchette cible de la Banque centrale (établie entre 1 et 3 %). La Banque centrale d’Israël a procédé en janvier 2026 à une seconde baisse consécutive de son taux directeur, le ramenant à 4 %, après une première réduction en novembre 2025, renouant ainsi avec le cycle d’assouplissement qui était en suspens depuis le début de l’année 2024. Ce cycle d’assouplissement devrait se poursuivre tout au long de l’année 2026 par une nouvelle baisse d’au moins 50 points de base, à condition que l’inflation continue de refluer. Le cycle d’assouplissement d’Israël, retardé par le conflit, a encore une marge de manœuvre importante, le taux directeur du pays se situant en effet plus près de 0 % avant le choc des prix provoqué par la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine.
Troisième économie du Moyen-Orient après l’Arabie saoudite et la Turquie, Israël constitue un marché hautement ouvert et développé, doté de compétences clés dans les secteurs des hautes technologies, des services aux entreprises et de la défense, ainsi que d’une base d’exportation diversifiée et d’une main-d’œuvre hautement qualifiée. Le revenu annuel par habitant dépasse les 50 000 USD, et le PIB réel a enregistré une croissance annuelle moyenne de +4 % au cours des 15 dernières années. La Bourse de Tel-Aviv demeure l’une des plus dynamiques et diversifiées parmi les marchés émergents. Depuis 2024, elle a surperformé (+100 % et plus) les principaux marchés boursiers, toutes zones géographiques confondues.
Lluis Dalmau, Économiste Sénior pour le Moyent-Orient et l’Afrique
Mis à jour en février 2026
Laisser un commentaire