Le contrôleur de l’État israélien publie un rapport sévère sur l’aide économique apportée aux entreprises depuis le début de la guerre du 7-Octobre. Selon le document, les mécanismes censés soutenir les petites entreprises en difficulté de trésorerie et protéger les exportateurs israéliens face aux pressions internationales n’ont pas fourni la réponse attendue, en raison de dysfonctionnements administratifs anciens, non corrigés malgré l’urgence créée par la guerre.
Le premier échec concerne le fonds de prêts garantis par l’État pour les petites et moyennes entreprises. Ce dispositif devait permettre à des sociétés fragilisées, que les banques refusaient de financer dans des conditions ordinaires, d’obtenir des prêts à taux réduit grâce à la garantie publique. Après le 7-Octobre, deux parcours spécifiques, « Glaives de fer » et « réservistes », ont été ouverts pour les entreprises touchées par les combats, les évacuations ou la mobilisation militaire. En 2024, 23.004 demandes ont été déposées, dont 70 % liées directement à ces parcours de guerre.
Mais le résultat est accablant : 75 % des demandes présentées au fonds en 2023-2024 ont été rejetées, et seules environ 4.000 ont obtenu une approbation finale. Autrement dit, trois patrons de petites entreprises sur quatre ayant sollicité l’aide de l’État sont restés sans soutien. Le rapport souligne aussi l’inefficacité de l’accompagnement officiel : seuls 1 % des demandeurs ont utilisé le mécanisme public d’aide au dépôt des dossiers, poussant de nombreux entrepreneurs vers des consultants privés, souvent sans résultat.
Le second volet touche les exportateurs. L’entreprise publique Ashra, chargée d’assurer les exportateurs israéliens contre le risque de non-paiement de clients étrangers, dispose toujours d’un plafond d’assurance fixé à 3,5 milliards de dollars depuis 2015, alors que les exportations israéliennes ont augmenté d’environ 60 % depuis. Ce décalage réduit la capacité de l’État à protéger ses entreprises à l’heure où les boycotts, annulations de contrats et difficultés de crédit se multiplient.
De plus, Ashra est quasiment paralysée depuis mi-2023 faute de quorum au sein de son conseil d’administration. Malgré les alertes adressées aux ministres compétents, les nominations nécessaires n’ont pas été effectuées. Le ministère des Finances affirme toutefois qu’une réforme doit entrer en vigueur en 2026 et assure qu’en mai 2026, plus de 55 % des demandes d’aide sont désormais approuvées. Reste que le rapport décrit un État arrivé trop tard, avec des outils trop lourds, au moment où son économie avait besoin de réactivité.
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