Le boycott mondial frappe de plein fouet la recherche israélienne.
Le nombre de prestigieuses bourses européennes accordées aux chercheurs israéliens s’est effondré depuis 2024.
Le recul touche également les chercheurs plus expérimentés. Chez les universitaires confirmés, le nombre de bourses israéliennes est tombé de 12 en 2024 à 7 en 2025. Pour les scientifiques en milieu de carrière, il est passé de 17 à 13. Les résultats de 2026 pour ces deux catégories ne sont pas encore connus.
Ces financements sont essentiels pour les universités israéliennes. Doté de 95,5 milliards d’euros sur sept ans, Horizon Europe est le plus important programme mondial de coopération scientifique et industrielle. Israël y participe depuis vingt-six ans et ses chercheurs concourent dans les mêmes conditions que leurs collègues européens.
Cette année, l’Université de Tel-Aviv décroche cinq des onze bourses attribuées aux jeunes chercheurs israéliens. C’est mieux que les trois obtenues en 2025, mais deux fois moins qu’en 2024.
L’Université hébraïque de Jérusalem n’en obtient aucune, contre trois l’année dernière et dix en 2023. L’Institut Weizmann n’en reçoit qu’une, alors qu’il en avait décroché huit en 2024. Le Technion et l’Université Bar-Ilan en comptent deux chacun, et l’Université Ben-Gourion une seule.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer une partie de cette chute. Le retour de la Suisse dans le programme a renforcé la concurrence. Les critères de sélection ont aussi changé : l’entretien pèse désormais davantage que le curriculum vitae. Enfin, le nombre de candidatures israéliennes a légèrement diminué. Mais ces éléments ne suffisent pas à expliquer l’ampleur du recul.
Le professeur Itai Ater, de l’Université de Tel-Aviv, met directement en cause la détérioration de l’image d’Israël : « Les actions du gouvernement au cours des quatre dernières années portent un coup fatal à l’image du pays dans le monde. Cela se traduit aussi par l’effondrement du nombre de bourses de recherche accordées par l’Union européenne. »
L’exclusion d’Israël du programme Horizon reste un objectif du mouvement BDS. Elle est difficile à imposer, car elle nécessite un large consensus européen. Mais un boycott plus discret progresse déjà sur le terrain.
En novembre 2025, 20 refus de coopération impliquant des chercheurs ou des universités étrangères avaient été signalés. En mai 2026, leur nombre atteignait 50, soit une hausse de 150 %. Certains scientifiques refusent de déposer un projet avec des partenaires israéliens. Dans d’autres cas, leur université bloque une collaboration déjà engagée et exige le retrait du chercheur israélien.
La prochaine échéance inquiète particulièrement les responsables universitaires. Les négociations sur la participation d’Israël au futur programme Horizon doivent se tenir en 2027 et les discussions ont déjà commencé.
Le Conseil de l’enseignement supérieur reconnaît que les années de guerre ont pesé sur le système de recherche, tout en assurant que l’excellence scientifique israélienne reste intacte. Un nouveau programme doit aider les chercheurs à mieux préparer leurs candidatures aux bourses ERC.
Le professeur David Harel, président de l’Académie nationale israélienne des sciences, se montre plus alarmiste : « Plus le boycott universitaire, ouvert ou dissimulé, prend de l’ampleur, plus son influence sur les financements, les résultats et les collaborations internationales des chercheurs israéliens augmente. La lutte contre ce boycott doit devenir une mission nationale. »
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