Les satellites israéliens observent: progression des rebelles yéménites pro-iraniens vers le détroit de Bab El-Mandeb.

Par |2026-09-11T18:22:05+02:0011 Sep 2026|Catégories : Non classé|

Les rebelles yéménites pro-iraniens ont pris jeudi cette ville clé, située à 75 kilomètres du détroit de Bab El-Mandeb. Pour la presse internationale, cette avancée sur le littoral de la mer Rouge pourrait permettre à Téhéran et à ses alliés de contrôler un nouveau point de passage stratégique, après Ormuz.

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C’est une prise qui devrait permettre aux houthistes, groupe rebelle yéménite allié à l’Iran, de “renforcer leur contrôle” sur la mer Rouge et d’“accentuer les tensions sur les marchés de l’énergie”, résume The New York Times.

Les combattants antigouvernementaux ont pris jeudi 10 septembre le contrôle de la ville clé de Moka, une “victoire majeure” dans leur progression vers le détroit de Bab El-Mandeb, note le quotidien américain.

“Depuis que l’Iran a en grande partie bloqué le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, fin février, afin d’exercer une pression économique” en réaction aux attaques américaines, ce passage au large du Yémen – qui relie l’Asie à l’Europe via la mer Rouge et le canal de Suez – est “devenu une voie de plus en plus stratégique pour le transport maritime mondial, notamment pour les exportations de pétrole de l’Arabie saoudite”, rappelle The Washington Post.

La situation géographique de Moka – à environ 75 kilomètres de Bab El-Mandeb – fait donc “de sa prise un enjeu mondial”, note Al-Jazeera, celle-ci pouvant permettre aux houthistes d’exercer à l’avenir une “emprise étroite sur le détroit”.

“Moka était le dernier port entièrement sous le contrôle du gouvernement [yéménite] reconnu par la communauté internationale”, a déclaré à la chaîne l’analyste Wolfgang Pusztai, qui voit sans sa chute “un tournant dans la guerre”, capable “d’entraîner l’effondrement des forces gouvernementales dans le sud du Yémen”.

Selon Al-Jazeera, des centaines de femmes et d’enfants ont été contraints de quitter Moka pour trouver refuge dans les provinces de Lahij et d’Aden.

Depuis la semaine dernière, les combats au Yémen entre les forces gouvernementales et les houthistes ont fait des centaines de morts dans les deux camps et jeté sur les routes près de 20 000 personnes, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

“L’étincelle d’un nouveau conflit régional”

Pour The Guardian, la prise de contrôle du littoral et de certaines îles de la mer Rouge par les houthistes “constituerait un désastre stratégique pour l’Arabie saoudite et les États-Unis”, puisqu’elle renforcerait la capacité de l’Iran et de ses alliés à prendre le “contrôle total de deux points de passage cruciaux pour le transport maritime occidental, situés de part et d’autre de la péninsule arabique”.

Le Yémen n’est donc “plus seulement un théâtre de guerre local, mais une menace stratégique capable d’influencer l’ensemble de l’équilibre régional”, analyse Ha’Aretz. “Quiconque est en mesure de menacer le port de Moka, le détroit de Bab El-Mandeb et la route d’exportation saoudienne en mer Rouge dispose non seulement d’un moyen de pression sur Riyad, mais aussi d’un levier pour peser directement sur les enjeux liés au détroit d’Ormuz, à la sécurité énergétique et à la confrontation entre les États-Unis et l’Iran”, souligne le quotidien israélien.

“Toute nouvelle escalade au Yémen, a fortiori si elle débouche sur une guerre terrestre de grande ampleur et implique d’autres acteurs, pourrait rapidement dépasser les limites du conflit local et devenir l’étincelle d’un nouveau conflit régional”, prévient le journal.

Lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, jeudi, l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, a lui-même réclamé “l’engagement actif de chaque membre de cette instance pour s’éloigner de ce qui pourrait être le précipice vers un conflit bien plus dangereux”.

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