L’Association des centres d’aide aux victimes d’agressions sexuelles en Israël (ARCCI) a enregistré plus de 51 000 sollicitations en 2024 (chiffre assez similaire en 2025), selon son rapport annuel publié.

L’ARCCI, qui coordonne l’ensemble des centres de crise du pays, compile chaque année des données provenant notamment de la police, du système judiciaire, des services sociaux et de l’armée. Cette année, la police, le parquet, l’administration pénitentiaire, ainsi que les ministères de l’Éducation, du Bien-être social et l’armée ont refusé de transmettre leurs chiffres, une rupture nette avec les pratiques des années précédentes. L’association a déposé plusieurs recours administratifs et envisage de nouvelles actions juridiques.

Malgré ces lacunes, les données issues directement des centres montrent une situation préoccupante : 51 118 cas ont été signalés en 2024, dont plus de 16 600 nouveaux. Les appels de mineurs sont majoritaires. Le service anonyme AnyTeen destiné aux adolescents a enregistré plus de 3 900 demandes, une hausse d’environ 30 % par rapport à 2023.


Les signalements de violences sexuelles dans les écoles, les lieux de travail pour jeunes et les structures thérapeutiques ont augmenté, tout comme les agressions liées à des substances sédatives ou à des drogues du viol. Seule une victime sur dix a porté plainte, souligne le rapport.

Les rares données communiquées par le parquet au Parlement indiquent que 81 % des dossiers traités en 2024 ont été clos sans mise en examen : un peu plus de 700 inculpations pour plus de 3 000 dossiers classés. Pour l’ARCCI, ces chiffres illustrent un système défaillant à chaque étape, de la prise en charge policière au traitement judiciaire.

Sa directrice générale, Orit Sulitzeanu, dénonce “un mépris et un abandon de responsabilité” de la part des autorités, pointant le manque d’enquêteurs spécialisés et la gestion défaillante des signalements en ligne. Cette opacité, selon elle, mine la confiance des victimes et permet aux agresseurs d’échapper aux poursuites.


Les tribunaux civils ont enregistré davantage d’actions en justice liées à des agressions sexuelles, souvent conclues en faveur des victimes, tandis que l’unité d’aide juridique du ministère de la Justice a accompagné un nombre record de 427 victimes.

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