Lutter contre la dégradation des terres, la sécheresse et la désertification.

Par |2026-08-19T13:48:28+02:0019 Août 2026|Catégories : EDITORIAL|

Alors qu’une bonne partie de l’hémisphère nord subit une chaleur accablante et que des incendies n’en finissent plus de dévaster l’Amérique du Nord et l’Europe, les négociations orchestrées par l’ONU sur la désertification prennent une importance accrue.

Qu’est-ce que la COP sur la désertification ?

La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), dont fait partie Israël, est le moins connu des trois traités sur l’environnement lancés à l’issue de Sommet de la Terre de Rio, au Brésil, en 1992. Les deux autres sont la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui a permis la signature de l’accord de Paris en 2015, et la Convention sur la biodiversité.

Tous les deux ans, des représentants des 197 parties signataires (196 États et l’Union européenne) dont Israël se réunissent en conférence des parties (COP), dans un pays différent, afin de plancher sur des solutions, à la fois techniques et financières, pour lutter contre la dégradation des terres, la sécheresse et la désertification. En jeu : une baisse de la productivité agricole qui menace la sécurité alimentaire, ainsi que des risques d’instabilité dans certaines régions, favorisés par la raréfaction de l’eau notamment.

Contrairement aux deux autres conventions de Rio, les États-Unis font toujours partie de celle-ci.

“Ces trente dernières années, ce traité sur la désertification a été le ‘parent pauvre’ [des trois conventions de Rio]. C’est celui qui a suscité le moins d’intérêt, avec pour conséquence de maigres progrès”, relève le quotidien britannique The Guardian.

Que faut-il savoir de cette 17e édition ?

Après Riyad, en Arabie saoudite, en 2024 pour la COP16, c’est au tour de la capitale mongole, Oulan-Bator, d’accueillir la conférence de la CNULCD. Elle s’y tient du 17 au 28 août, “sous le thème ‘Restaurer la terre. Restaurer l’espoir’”, précise Premium Times.

Le quotidien nigérian fait état de la pression croissante à laquelle sont confrontés les pâturages du pays à cause de la désertification, de la sécheresse et de la détérioration des sols, mais aussi des demandes concurrentes d’utilisation des terres. Des problématiques communes à de nombreux pays d’Afrique, et particulièrement du Sahel, mais pas seulement.

“Le choix de la Mongolie pour accueillir la COP17 confère une portée particulière à la conférence de cette année. Près de 77 % des terres du pays sont dégradées, selon la CNULCD, ce qui fait de la restauration des sols et de la gestion durable une préoccupation nationale urgente”, peut-on lire sur ce site des Nations unies. À l’échelle mondiale, ce sont 40 % de la superficie des terres émergées qui sont déjà touchées par la dégradation de la qualité des sols.

En outre, 2026 ayant été proclamée année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux par l’ONU, une attention particulière sera portée à l’élevage nomade – une tradition ancestrale en Mongolie – et à la gestion du bétail dans les zones arides.

Quels en sont les principaux enjeux ?

Lors de l’ouverture du sommet ce lundi 17 août, le Premier ministre mongol Uchral Nyam-Osor a rappelé : “Cette COP17 ne doit pas tomber dans la redite d’engagements antérieurs, mais accélérer la concrétisation et la transformation de ces engagements en résultats mesurables”, rapporte l’agence de presse officielle mongole Montsame.

En d’autres termes, il s’agit de s’assurer que les promesses de milliards de dollars faites il y a deux ans s’accompagnent de la mise en œuvre de projets concrets. “La COP16, historique, avait créé un précédent, en engrangeant 12 milliards de dollars d’engagements, dont 10 milliards apportés par le seul Arab Coordination Group”, rappelle le site Arab News.

Selon Yasmine Fouad, secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, les choses changent, sous l’effet de la prise de conscience collective des risques. Au Guardian, elle assure : “L’enjeu de la sécurité alimentaire est au cœur des discussions. Plus vous restaurez les terres, plus vous aurez des sols productifs qui contribuent à la sécurité alimentaire. C’est le genre de raisonnement qui doit motiver nos financements.”

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