Un rapport intitulé « Les exportations militaires françaises vers Israël » a été publié en avril 2026 par des collectifs palestiniens. S’appuyant notamment sur les données de l’Autorité fiscale israélienne, ce document de 58 pages détaille l’acheminement de 525 cargaisons de matériel à usage militaire depuis la France vers Israël entre octobre 2023 et mars 2026.
Les cibles principales des cargaisons
- Elbit Systems au cœur des flux : Le rapport indique que le géant de l’armement Elbit Systems et ses filiales locales sont à l’origine de la quasi-totalité des achats de ces composants français. [
- Treize entreprises françaises identifiées :
Le document liste formellement les fournisseurs industriels. Parmi eux figurent Thales (Thales AVS et Thales Six GTS), Safran, Sermat, ADR, Effbe France, Eurolinks, Savimex, Cimulec, Amphenol Air LB, Radiall, Aubert & Duval, Vishay MCB et Hutchinson.
- Infrastructures et logistique d’État : Les analystes soulignent que les composants ont été expédiés de manière « régulière et diversifiée ». Près de 92 % de ces cargaisons ont transité par l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle via des vols de la compagnie israélienne El Al.
Le cas spécifique du transit des F-35.
Au-delà des composants expédiés à Elbit, le rapport révèle un autre volet logistique majeur à l’aéroport de Roissy. Pas moins de 117 vols de la compagnie FedEx, transportant des pièces stratégiques pour les chasseurs de combat F-35 de l’américain Lockheed Martin, ont transité par la France pour alimenter directement la base aérienne israélienne de Nevatim.
La ligne de défense des autorités et des industriels
- Dilution dans la chaîne de valeur : Les industriels concernés assurent respecter scrupuleusement la réglementation. Le gouvernement français et le ministère des Armées maintiennent de leur côté que ces flux ne constituent pas des ventes d’armes létales directes.
- L’argument des composants intégrés : Les autorités affirment que la majorité de ces pièces entrent dans deux catégories très précises. Soit elles ont une vocation strictement défensive (comme les équipements de blindage ou de vision nocturne), soit ce sont des biens à double usage ou des composants technologiques destinés à être intégrés en Israël puis légalement réexportés vers des forces armées de pays tiers.
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