Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a annoncé dimanche 9 août avoir “rejeté” la dernière feuille de route américaine acceptée par le Hamas, affirmant que Tsahal ne se retirerait pas de l’enclave tant que le groupe islamiste ne serait pas désarmé, rapporte Ha’Aretz.
Un responsable du Hamas a réagi dimanche en déclarant au site de la BBC que le mouvement “réaffirmait son engagement” en faveur de l’accord et était prêt “à participer sérieusement et de manière responsable à la mise en œuvre” de celui-ci.
La feuille de route prévoit un désarmement progressif du groupe palestinien, tandis que l’armée israélienne se retirerait progressivement du territoire et serait remplacée par une force internationale de stabilisation, qui travaillerait en coordination avec une nouvelle force de police palestinienne. Mais, dimanche, Nétanyahou a déclaré que le retrait israélien n’aurait lieu qu’après un “véritable désarmement et non un désarmement fictif”.
Ce “désaccord” avec Trump, “affiché publiquement”, est “une chose rare” entre les deux dirigeants, même si leur relation a connu “une trajectoire mouvementée et souvent imprévisible”, observe The New York Times.
Après l’annonce à la fin de juillet d’un accord conclu entre le Conseil de la paix – mis sur pied par Trump – et le Hamas, le bureau de Benyamin Nétanyahou “avait initialement émis des réserves, estimant que le cadre proposé ‘ne reflétait pas les positions d’Israël’, sans toutefois aller jusqu’à le rejeter catégoriquement”, rappelle le New York Times.
Washington, qui avait indiqué que Donald Trump serait “très déçu” si Nétanyahou s’opposait au plan de paix, n’a pour le moment pas réagi aux déclarations du Premier ministre israélien. Une source américaine de haut rang a toutefois cherché à minimiser leur portée, déclarant à la chaîne israélienne Channel 12 que les propos de Nétanyahou “ne préoccupaient pas” la Maison-Blanche, rapporte The Times of Israel. “Nous comprenons ses impératifs politiques [en cette période préélectorale]. Cela ne nous pose aucun problème, tant qu’il continue à faire ce que nous lui demandons – notamment en ce qui concerne la réduction des frappes” sur l’enclave palestinienne, a assuré la source.
À quelques mois des législatives israéliennes – qui auront lieu le 27 octobre et constitueront le premier scrutin national depuis l’attaque meurtrière du Hamas commise le 7 octobre 2023 –, Nétanyahou se trouve “sous la pression des membres de sa coalition de droite, qui réclament une ligne dure sur Gaza”, rappelle la BBC. Une partie des Israéliens doute par ailleurs que “le Hamas ait l’intention de respecter ses engagements, les militants palestiniens considérant la lutte armée comme faisant partie de la raison d’être du mouvement”, souligne le New York Times.
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