L’agence de notation Moody’s abaisse ses prévisions de croissance pour Israël et met en garde contre l’impact du conflit et de la dégradation des institutions.

1Graphique financier faisant référence à Israël et illustrant la réduction des prévisions de croissance économique annoncée par Moody’s.

L’agence de notation a maintenu la note de crédit du pays, mais a abaissé ses prévisions de croissance pour 2026 et a averti que l’augmentation des dépenses de défense, la persistance des risques géopolitiques et l’affaiblissement des institutions pourraient affecter l’économie à long terme.

Prévisions de croissance plus faibles pour 2026

L’agence internationale de notation de crédit Moody Elle a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’économie israélienne en 2026, considérant que le contexte sécuritaire demeure le principal facteur d’incertitude pour les performances économiques du pays.

Selon des rapports de ReutersLa firme a maintenu la note souveraine d’Israël à Baa1avec perspective écuriemais a abaissé ses prévisions de croissance économique pour cette année à 5 3,7% à%Cette nouvelle projection est également inférieure aux prévisions de la Banque d’Israël, qui table sur une croissance de 4% suite à l’avancement de 2,9% inscrits en 2025.

Selon Moody’s, bien que l’économie israélienne ait fait preuve d’une remarquable capacité de redressement après diverses crises ces dernières années, le contexte sécuritaire demeure fragile et représente un risque permanent pour les perspectives budgétaires et économiques.

Le conflit demeure le principal risque

Le rapport indique que, malgré la conclusion de divers accords de cessez-le-feu sur plusieurs fronts ces derniers mois, la possibilité de nouveaux affrontements demeure.

L’agence de notation a indiqué qu’elle s’attend à ce que ces accords restent partiels et instables, avec des risques de violations et de flambées de violence, ce qui fait du risque géopolitique le principal facteur déterminant du profil de crédit d’Israël.

Il a également averti qu’une escalade militaire ayant des conséquences durables sur l’activité économique ou les finances publiques pourrait exercer une pression supplémentaire à la baisse sur la cote de crédit du pays.

Au début de cette année, Moody’s avait relevé les perspectives d’Israël de négatives à stables, confiante dans une reprise économique d’après-guerre à condition que les cessez-le-feu avec le Hamas, le Hezbollah et l’Iran puissent être maintenus dans le temps.

Défense et institutions sous surveillance

Outre le contexte sécuritaire, le rapport met l’accent sur le poids croissant des dépenses militaires sur les finances publiques.

Moody’s prévoit que les dépenses en matière de défense et de sécurité nationale resteront aux alentours de 6 % du produit intérieur brut par an, un niveau considérablement plus élevé que durant les années précédant le conflit.

Bien que l’agence ait souligné qu’Israël continue de bénéficier d’une économie dynamique, d’un niveau de richesse élevé, d’un secteur extérieur solide et d’un accès stable aux marchés financiers, elle a averti que les finances publiques resteraient sous pression en raison de l’augmentation structurelle des dépenses de sécurité.

Un autre point clé du rapport concerne l’inquiétude relative au fonctionnement institutionnel du pays.

L’agence de notation a déclaré que les institutions israéliennes restent solides, mais a estimé qu’elles se sont affaiblies ces dernières années en raison de la polarisation politique croissante et des tensions entre les différentes branches du gouvernement.

Mise en garde concernant les réformes judiciaires

Ce rapport coïncide avec le débat à la Knesset sur un projet de loi soutenu par le gouvernement qui vise à limiter considérablement les pouvoirs du procureur général, considéré comme l’un des principaux contre-pouvoirs du pouvoir exécutif.

Cette initiative permettrait aux ministres d’ignorer les avis juridiques contraignants émis par le procureur général et de décider eux-mêmes de la légalité de leurs actions.

Selon Moody’s, tout affaiblissement supplémentaire du système institutionnel pourrait devenir un facteur déterminant pour les futures dégradations de la notation de crédit.

L’agence a rappelé qu’elle avait déjà abaissé la notation d’Israël en septembre 2024. A2 à Baa1Ils ont fait valoir qu’il y avait eu une détérioration de la qualité des institutions et de la gouvernance, ainsi qu’une augmentation des dépenses résultant de la guerre contre le Hamas.

Perspectives pour les années à venir

Malgré ces avertissements, Moody’s maintient des perspectives relativement optimistes à moyen terme.

L’agence de notation estime que l’économie israélienne pourrait accélérer sa croissance jusqu’à 5 % en 2027à condition que les accords de cessez-le-feu avec l’Iran, le Hezbollah et le Hamas soient consolidés et que les risques régionaux soient réduits.

Il a toutefois clairement indiqué qu’une nouvelle escalade du conflit et une détérioration institutionnelle accrue pourraient à nouveau mettre sous pression la notation souveraine d’Israël, rendant le financement plus coûteux pour l’État, les entreprises et les ménages.

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