L’essor de l’IA chinoise aux Etats-Unis
Lorsqu’une start-up d’intelligence artificielle (IA) chinoise jusqu’alors peu connue, DeepSeek, révéla un modèle d’IA incroyablement performant en janvier 2025, la Silicon Valley fut prise de panique. La Chine, elle, retrouva foi en sa capacité à rattraper son retard technologique sur les Etats-Unis. Une nouvelle secousse, tout aussi forte, se fait ressentir depuis le 13 juin, date à laquelle un autre laboratoire chinois, Zhipu (prononcer « djeu-pou »), qui se fait aussi appeler Z. ai, a présenté la dernière version de son IA, GLM-5.2.
Les experts restent abasourdis par ses capacités. Le site d’évaluation Artificial Analysis le classe troisième en intelligence, derrière Fable 5 d’Anthropic et ChatGPT-5.5 d’OpenAI, mais devant Gemini de Google et les deux chinois MiniMax et DeepSeek. « Aujourd’hui, on peut affirmer que les trois meilleurs laboratoires au monde sont Anthropic, OpenAI et Zhipu », nous confie Paul Triolo, associé spécialiste de l’IA et de la Chine à DGA Global, un groupe de réflexion basé à Washington.
Comme DeepSeek, cette nouvelle IA chinoise se distingue des leaders américains sur un point important : elle est en open source, offrant à tous les développeurs la possibilité de l’intégrer à leurs produits. « C’est le seul modèle ouvert qui tient la route pour une utilisation au quotidien. Les choses ne seront plus les mêmes après cela », s’est enthousiasmé, sur X, Mat Velloso, ancien dirigeant chez Microsoft, Google et Meta. Et lorsque, le 18 juin, l’entrepreneur Elon Musk a spéculé que la Chine parviendrait à présenter une IA du niveau de celle d’Anthropic au début de 2027, le fondateur de Zhipu Tang Jie lui a aussitôt rétorqué : « Ça ne prendra pas aussi longtemps. »
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