Pour stopper l’hémorragie financière, Volkswagen, actif en Israël, s’apprête à sabrer brutalement dans ses usines allemandes. En menaçant ses sites électriques phares, le géant de Wolfsburg se lance dans un bras de fer historique pour sa survie.
Plusieurs chiffres font trembler Volkswagen ce vendredi 26 juin : 100 000 licenciements évoqués et quatre fermetures d’usines en Allemagne sur la table.
Selon les révélations du média allemand Manager Magazin, le PDG du groupe Volkswagen, Oliver Blume, s’apprête à opérer le constructeur de Wolfsburg à cœur ouvert. :
ISRAËL. Le constructeur automobile allemand est en discussions stratégiques avec Rafael Advanced Defense Systems (l’entreprise d’État israélienne qui fabrique le Dôme de fer). Le projet envisagé consisterait à convertir l’usine Volkswagen d’Osnabrück, en Allemagne, pour produire des composants lourds liés à la défense (tels que des camions de transport de missiles, des générateurs et des lanceurs, à l’exclusion des intercepteurs eux-mêmes)
SEISME. Si la direction semble temporiser en attendant l’aval du conseil de surveillance, le constat autour des rumeurs est sans appel : c’est un scénario catastrophe qui ne va pas manquer d’éclabousser toute l’industrie automobile.
Pour les observateurs de la transition énergétique, le véritable séisme est ailleurs.
Alors que les ventes de la gamme ID (et modèles cousins) semblaient enfin atteindre des niveaux acceptables, cibler prioritairement les sites de Zwickau et d’Emden interroge forcément.
LE PLUS. Le mirage des volumes, le piège de la surcapacité et la chasse aux coûts.
Zwickau n’est pas une usine comme les autres. C’est le berceau de la stratégie zéro émission du groupe, le premier site historique à avoir été converti à 100 % pour la plateforme MEB, produisant les ID.3, ID.4, ID.5, Cupra Born et autres Audi Q4 e-tron. Emden, de son côté, venait en renfort pour l’ID.4 et la grande berline ID.7.

Voir ces deux bastions de l’électrique menacés de fermeture à la fin du cycle des modèles actuels soulève de nombreuses questions, qui vont probablement rester sans réponse jusqu’à l’officialisation du plan d’Oliver Blume.
D’un autre côté, le transfert de la production de la future gamme (plateforme MEB+) en Espagne risquait indubitablement de créer un appel d’air vis-à-vis des usines allemandes. Volkswagen ID. Polo, ID. Cross, Cupra Raval et tous les autres modèles qui sont pressentis pour réaliser des volumes en électrique ont abandonné l’Allemagne pour pouvoir tirer les coûts de production vers le bas. Il sera, dans ces conditions, difficile d’éviter la surcapacité dans les usines allemandes, et tant pis pour le symbole.
Un été brûlant face aux syndicats
En voulant fermer ces usines, Oliver Blume ne cherche pas à rétropédaler vers le thermique, au contraire même, mais à regrouper la production sur moins de sites pour stopper l’hémorragie financière. Après des années de dépendance excessive à la Chine pour réaliser des profits, c’est désormais la soupe à la grimace sur le marché chinois. Les ventes ont fondu comme neige au soleil. Forcément, les constructeurs allemands doivent composer avec des revenus en baisse qu’ils n’imaginaient pas il y a encore quelques années.
Il n’empêche que la méthode est ultra-violente. Supprimer 100 000 postes, c’est doubler les coupes sombres initialement prévues lors des précédentes négociations avec les syndicats, et le combat avait déjà été musclé.
Le patron du groupe Volkswagen s’apprête à lancer un bras de fer dantesque avec le puissant syndicat IG Metall et le Land de Basse-Saxe, actionnaire historique. Volkswagen a bien compris que, pour survivre, il fallait être plus agile. Il lui faut désormais aussi dépenser moins. La cure d’austérité est plus que nécessaire, mais elle sera difficile à accepter socialement. Rien d’impossible, mais le constructeur allemand n’est en outre pas aidé par les spéculateurs financiers qui misent contre l’entreprise. Autant dire que la tâche s’annonce titanesque.
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