« Abraham in Tech » ou l’innovation au service de la paix.

À VivaTech, des entreprises israéliennes, marocaines et émiraties ont partagé le même pavillon pour construire ensemble de nouvelles relations dans la région MENA (Moyen-Orient Afrique du Nord).
VivaTech returns to the Porte de Versailles Exhibition Centre for its 10th edition in Paris, France, on June 19, 2026. VivaTech organizes Europe's largest event dedicated to start-ups and technology. (Photo by Telmo Pinto/NurPhoto) (Photo by Telmo Pinto / NurPhoto via AFP)

La semaine dernière, dans les allées de VivaTech, un immense écriteau suspendu dans les airs au-dessus d’un grand pavillon attirait le regard : Abraham in Tech. Mais, que venait donc faire cette figure biblique dans le Salon annuel de l’innovation technologique ? Il symbolisait la rencontre d’entreprises israéliennes, émiraties et marocaines, sachant que leur pays respectif sont parties prenantes aux Accords d’Abraham signés en 2020, dont sont aussi partenaires le Bahrein et le Soudan.

À l’origine de cet évènement insolite par les temps qui courent, Elnet, une organisation dédiée au renforcement des liens entre l’Europe et Israël. « La coopération entre start-up est positive pour tous. Il s’agit de générer un rapprochement dans des domaines très concrets », souligne Patrick Anidjar de l’équipe Elnet.

Des entreprises israéliennes, marocaines et émiraties réunies

Au total, une trentaine d’entreprises israéliennes, marocaines et émiraties ont pu discuter de leurs projets allant de l’énergie, à l’agriculture en passant par la gestion des stocks, le financement… et aussi les présenter à des entreprises françaises, que ce soit des start-up ou des groupes de premier plan comme Total, Sanofi ou LVMH. Le pavillon était dédié à Shimon Pérès, Président d’Israël (2007-2014), Prix Nobel de la paix 1994 et ardent défenseur de l’économie comme moteur de la paix.

L’inauguration a eu lieu en présence de Hemi Pérès, qui a repris le flambeau de son père à la tête du Centre Pérès pour la paix et l’innovation, basé à Tel-Aviv-Jaffa, et qui n’exclut pas d’entrer en politique « si une occasion se présente ». Parmi les autres personnalités présentes figuraient Maurice Lévy, cofondateur de VivaTech en 2016, et Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France. Ce dernier fut d’ailleurs l’un des pionniers des liens noués entre l’État hébreu et les Émirats arabes unis ou le Bahreïn, une vingtaine d’années avant que ces relations ne soient officialisées par les Accords d’Abraham. Envoyé dans les pays du Golfe par Shimon Pérès, il y vivra six ans.

C’est cette même conviction — l’innovation comme moteur de la paix — qui animait ces jours-ci tous les participants à Abraham in Tech. « L’objectif est de profiter des capacités de chacun pour maximiser les performances de tous, de créer des ponts entre les pays de la région MENA (Middle East and North Africa) », souligne une jeune femme marocaine, soucieuse de préserver son anonymat. Douze entreprises marocaines étaient présentes à Abraham in Tech.

« L’innovation peut changer le monde »

Si ces entrepreneurs sont avant tout motivés par le succès de leur activité, ils partagent aussi la conviction que l’innovation et, plus largement, les relations économiques constituent un moyen de bâtir la paix.

« Tous les liens que nous créons aujourd’hui faciliteront demain un accord politique », souligne avec fougue Tajeddine Seif, président du groupe K & K, actif dans le secteur de l’énergie, l’une des quatre entreprises émiraties présentes sur le pavillon Abraham in Tech. « Aujourd’hui, 600 entreprises israéliennes travaillent aux Émirats. Ces collaborations sont bénéfiques pour nos deux pays. Le premier objectif de l’attaque du 7 octobre était de faire capoter les Accords d’Abraham. Mais ils ont tenu bon. »

Yossi Dan, qui menait la délégation des quinze entreprises israéliennes, est convaincu que « l’innovation peut changer le monde, et notamment la région MENA. Il ne faut pas attendre que la paix existe pour avancer. »

C’est exactement ce que fait Barak Mambar, fondateur et directeur de Naki — « propre » en hébreu. Cette entreprise transforme les déchets industriels non recyclables en carburants durables, notamment pour l’aviation (SAF).

« Si l’on veut mener une vraie révolution dans le domaine des énergies durables, il faut être ouvert, parler à tout le monde, explorer toutes les pistes possibles », explique-t-il. Après avoir travaillé plusieurs années en Allemagne et en Pologne, il se dit heureux « de porter l’espoir aux côtés du Maroc et des Émirats arabes unis ». Son rêve ? « Que le Moyen-Orient devienne une région comme l’Union européenne. »

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