- Soutien à la sécurité et condamnation de Hamas : Le gouvernement travailliste soutient le droit d’Israël de se défendre, et affirme que le Hamas ne doit jouer aucun rôle dans le futur gouvernement de Gaza.
- Reconnaissance de l’État palestinien : Le Royaume-Uni a officiellement reconnu l’État de Palestine, une mesure que l’administration Starmer intègre dans sa volonté de relancer une solution à deux États.
- Sanctions et pression : Le gouvernement britannique a déjà imposé des sanctions contre des militants extrémistes israéliens en Cisjordanie. Il se montre extrêmement préoccupé par l’expansion des colonies, qu’il juge contraires au droit international, et a exprimé sa vive inquiétude concernant la fermeture des agences de l’ONU.
- Lutte contre l’antisémitisme : Au niveau intérieur, Keir Starmer fait de la lutte contre l’antisémitisme une priorité institutionnelle. Il a mis en place un plan national pour protéger les communautés juives face à la forte augmentation des actes antisémites enregistrés au Royaume-Uni.
LE CHALLENGER DE STARMER. Le maire travailliste du Grand Manchester Andy Burnham a été élu député haut la main vendredi lors d’une législative partielle, une victoire électorale qui lui permet de se placer en pole position pour succéder à Keir Starmer à Downing Street.
Avec 54,8% des voix, Andy Burnham, 56 ans, ex-ministre sous Gordon Brown et maire de Manchester depuis 2017, a largement devancé Robert Kenyon (34%), candidat du parti anti-immigration Reform de Nigel Farage, dans la circonscription de Makerfield proche de Manchester (nord-ouest).
Reform, pourtant en tête des sondages nationaux depuis des mois et vainqueur d’élections locales dans cette région début mai, subit ainsi un important revers, même s’il a aussi pâti de la concurrence d’un nouveau parti, Restore Britain, plus à l’extrême-droite encore, dont la candidate Rebecca Shepherd a recueilli près de 7% des voix.
«C’est une dernière chance de changer»
«Je le dis à mon propre parti: c’est une dernière chance de changer», a lancé Andy Burnham après l’annonce des résultats, dans un discours à Wigan, où se déroulait le dépouillement du scrutin marqué par une forte participation. «Tout le monde sait que la politique ne marche pas, tout le monde peut sentir que le pays n’est pas actuellement là où il devrait être, et cela peut être un tournant».
Bien qu’il soit le plus populaire des responsables travaillistes selon l’institut YouGov, Andy Burnham, surnommé le «roi du Nord» et déjà candidat malheureux à la tête du Labour en 2010 et 2015, ne pouvait prétendre diriger le parti et devenir Premier ministre sans retrouver préalablement un siège de député.
Désormais élu, Burnham, qui prône une politique plus à gauche pour le Labour, apparaît le mieux placé pour évincer Keir Starmer, très impopulaire et contesté depuis des mois au sein du parti – et plus encore depuis la démission la semaine dernière de son ministre de la Défense et de son secrétaire d’État aux Armées.
Pourfendeur du «néolibéralisme», il affiche notamment sa volonté de redynamiser les régions en difficulté, à l’image du renouveau qu’il a incarné à Manchester, ex-bastion industriel. Pour rassurer des marchés inquiets, il s’est néanmoins engagé à tenir les objectifs d’équilibre budgétaire fixés par l’actuelle ministre des Finances, Rachel Reeves.
La façon dont il compte défier Starmer est incertaine
Pourtant, au-delà de son investiture comme député attendue lundi, la façon dont il compte maintenant défier Starmer est incertaine, et les médias britanniques comme le Times ou le Guardian spéculaient sur les scénarios possibles.
Le plus rapide, selon Andrew Fisher, ex-directeur politique du Labour sous Jeremy Corbyn, serait que le Labour se rassemble largement autour de Burnham et que Keir Starmer démissionne. Ce qui permettrait au parti de désigner formellement Andy Burnham à sa tête dans les jours qui viennent selon le Guardian, et d’éviter une élection interne au Labour potentiellement fratricide.
Mais le Premier ministre n’a montré jusqu’ici aucun signe qu’il pourrait quitter volontairement le pouvoir. «Je ne vais pas partir, je vais me battre», a-t-il répété mercredi sur Sky News, depuis le G7 à Evian.
Selon un autre scénario, plus probable selon le Times, le Premier ministre accepterait de s’en aller, mais seulement après la conférence annuelle du Labour fin septembre. Au risque de paralyser l’action gouvernementale dans l’intervalle.
D’autres hypothèses encore verraient Andy Burnham et ses alliés forcer la main à Keir Starmer, soit en brandissant la menace de démissions de poids-lourds de son gouvernement, soit en déclenchant une élection interne. Ce dernier cas supposerait qu’Andy Burnham réunisse le soutien de 81 parlementaires, mais sa popularité parmi les quelque 400 députés travaillistes est telle qu’il y arriverait sans peine. Cette solution, qui prendrait des semaines et pourrait éroder sa popularité, n’est cependant clairement pas la préférée du «roi du Nord».
L’ancien ministre de la Santé Wes Streeting, autre rival de Keir Starmer qui a démissionné après la défaite du Labour aux élections locales de mai, a lui affirmé dès mercredi avoir les 81 parrainages nécessaires et s’est dit prêt à lancer les hostilités, peut-être dès la semaine prochaine. Wes Streeting a cependant estimé qu’il fallait d’abord laisser à Keir Starmer le «temps de la réflexion» ce weekend. Avec l’espoir que le Premier ministre en ressorte convaincu de la nécessité de jeter l’éponge…
Laisser un commentaire