Pendant des mois, Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, a affirmé que « pas une arme française n’est allée à destination de Tsahal ». Un rapport de 58 pages publié en avril 2026 a recensé l’envoi de cargaisons d’armes de France vers Israël entre octobre 2023 et mars 2026.
Thalès fournit les transpondeurs des drones Hermès 900 d’Elbit Systemsa. L’usine ADR de Thomery équipe en capteurs et en outils de surveillance les drones, hélicoptères et blindés d’Elbit. L’entreprise la plus valorisée en bourse d’Israël. De Fos-sur-Mer, plus de XX millions de bandes de munitions produites par Eurolinks ont traversé la Méditerranée jusqu’à Haïfa pour alimenter les mitrailleuses lourdes. NYCO, leader français des lubrifiants industriels, fournit de son côté une bonne partie des huiles utilisées dans les tanks et blindés israéliens.
Le rapport annuel au Parlement sur les exportations d’armement présente Israël comme un client « d’importance relative », une vingtaine de millions d’euros par an depuis 2014. Le rapport pour 2025 indique un chiffre d’exportation pour l’année de 16,1 millions d’euros. S’il est vrai qu’Israël n’est pas le principal consommateur des produits de guerre français, ces chiffres excluent les matériels « à double usage » : drones, logiciels de surveillance, équipements qui servent autant sur le champ de bataille que pour les opérations de police.
Israël s’est imposé comme un spécialiste mondial dans plusieurs secteurs comme les drones militaires, la cybersécurité, ou encore les armes dites « non létales ». Tous ces équipements sont estampillés « combat proven ».
Et ce sont précisément ces secteurs qui alimentent les partenariats avec les fleurons de l’industrie française. Airbus a développé le drone Harfang en collaboration directe avec l’entreprise israélienne IAI, sur le modèle du drone Heron utilisé lors de l’opération « Plomb durci » en 2008-2009. Thales a développé son propre drone de surveillance sur la base des technologies d’Elbit Systems. Le groupe franco-allemand KNDS a signé récemment un accord avec Elbit.
En plus de ces échanges de technologies pour la production d’armements, Israël partage son expertise dans les renseignements. Il fournit notamment des logiciels de surveillance des foules, des technologies de reconnaissance faciale, des outils algorithmiques de contrôle des masses. Les exemples sont innombrables, du logiciel de reconnaissance faciale de l’entreprise Briefcam utilisé par la police nationale.
Israël est le deuxième bénéficiaire hors-UE des programmes européens de financement de la recherche, derrière la Norvège : 84 entreprises israéliennes ont touché 69 millions d’euros dans ce cadre. Des universités françaises et européennes maintiennent des partenariats avec des entreprises d’armement israéliennes. Les échanges commerciaux bilatéraux entre la France et Israël se chiffrent en milliards d’euros.
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