EDITORIAL DE SHLOMO KISLEV. Le réveil allemand : les chiffres parlent.
Depuis 2022, l’Allemagne a augmenté ses dépenses militaires de +89% — contre +21% pour la France. Berlin s’est libéré du tabou post-WWII. Le mot « Zeitenwende » (tournant historique) prononcé par Scholz a tout changé.

Les acteurs allemands qui montent en puissance :

• Rheinmetall — chars, munitions, véhicules blindés. Capitalisation boursière x5 depuis 2022
• Hensoldt — radars, optronique, guerre électronique
• KNDS (co-entreprise franco-allemande) — mais Berlin veut en prendre le contrôle

France vs Allemagne — le choc des modèles

La France reste n°2 mondial des exportations d’armes (18 milliards d’€ en 2024), tirée par le Rafale et les sous-marins. Mais l’Allemagne monte vite sur des segments clés :

• Chars (Leopard vs Leclerc) — Rheinmetall rafle les marchés européens
• Défense aérienne — avec l’Arrow 3 israélien, Berlin double Paris
• Munitions — l’Allemagne investit massivement là où la France peine

Le nœud du problème
L’alliance Israël-Allemagne en défense crée un bloc technologique redoutable qui court-circuite les Français sur des marchés qu’ils convoitaient. Arrow 3 pour l’Europe ? C’est IAI + Allemagne, pas Thales. Satellites de renseignement ? Rafael + Reflex Aerospace, pas Airbus Defence.

La France se retrouve coincée : trop morale pour vendre à Israël, pas assez rapide pour concurrencer l’alliance germano-israélienne sur les marchés tiers. Eurosatory est un bon révélateur de ces tensions.

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