Une étude accuse l’algorithme d’Instagram de promouvoir des contenus antisémites
Selon un rapport du Combat Antisemitism Movement, des utilisateurs consultant de simples contenus de bien-être sont rapidement exposés à des théories complotistes et à de la propagande antisémite.


Une nouvelle étude publiée par le Centre de recherche sur l’antisémitisme du Combat Antisemitism Movement (CAM) met en cause le fonctionnement de l’algorithme de recommandation d’Instagram.
Selon ce rapport, des utilisateurs qui consultent uniquement des contenus liés au bien-être, à la nutrition ou au sport peuvent être progressivement dirigés vers des contenus antisémites, sans avoir effectué la moindre recherche sur ces sujets.
Intitulée « Algorithmic Escalation: From Self-Improvement Content to Antisemitism on Instagram », l’étude affirme que l’algorithme du réseau social favorise l’exposition à des théories du complot, des messages de haine codés et même à des contenus inspirés de la propagande nazie.
Pour mener leurs recherches, les auteurs ont créé deux nouveaux comptes Instagram fictifs. L’un suivait des contenus consacrés au bien-être et au biohacking, tandis que l’autre s’intéressait au fitness et au développement personnel.
Pendant trois jours, les chercheurs ont observé les recommandations proposées après des sessions quotidiennes de navigation de 45 minutes.
Les résultats se sont révélés préoccupants.
Pour le compte consacré au bien-être, plus de 32 % des vidéos recommandées ont été classées comme antisémites ou contenant des messages codés à caractère antisémite. Dès le troisième jour, près d’un tiers du contenu affiché relevait de cette catégorie.
Le compte axé sur le sport a connu une évolution similaire : près d’un quart des contenus recommandés ont été identifiés comme antisémites ou véhiculant des théories complotistes.
Les chercheurs soulignent également la rapidité du phénomène. Dans certains cas, des contenus antisémites ont été proposés dès la première session de navigation, avant même que l’algorithme ne dispose d’un historique suffisant pour personnaliser les recommandations.
« Il n’est pas nécessaire de rechercher du contenu antisémite pour en trouver sur Instagram », affirme Oliver Marks, chercheur associé au sein du projet.
Selon le rapport, les deux comptes, pourtant orientés vers des univers totalement différents, ont fini par être exposés aux mêmes récits complotistes, aux mêmes stéréotypes antisémites et parfois aux mêmes vidéos.
Les auteurs estiment que cette convergence révèle un problème structurel dans le système de recommandation de la plateforme plutôt qu’un phénomène limité à certaines communautés en ligne.
Le Combat Antisemitism Movement appelle désormais Meta, maison mère d’Instagram, à procéder à un examen urgent de ses algorithmes et à renforcer les mécanismes destinés à empêcher la diffusion de contenus antisémites et extrémistes.
Cette étude s’inscrit dans la continuité de précédentes enquêtes menées par l’organisation sur l’antisémitisme en ligne, notamment concernant des réseaux de faux comptes générés par intelligence artificielle sur Instagram, YouTube et TikTok.
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