Israël tente de faire comme la Chine: produire efficacement de l’énergie à partir de chaleur résiduelle.

Par |2026-06-04T11:58:57+02:004 Juin 2026|Catégories : HIGH-TECH|

La Chine inaugure la plus puissante centrale au CO2 supercritique du monde.

Développée conjointement par l’Institut de l’énergie nucléaire du CNNC (China National Nuclear Corporation), Jigang International et Shougang Shuicheng Steel, cette technologie chinoise réussit à produire efficacement de l’énergie à partir de chaleur résiduelle. Une prouesse.

Dans la province du Guizhou, la mise en service complète de la centrale Carbon One, appelée également Chaotan One dans l’Empire du Milieu, marque l’entrée en exploitation du premier système commercial au monde capable de produire de l’électricité à partir de chaleur industrielle perdue (ou résiduelle) grâce au dioxyde de carbone supercritique, un état fluide du CO₂. Avec la connexion de sa seconde unité de elle aussi 15 mégawatts (MW) au réseau électrique de l’aciérie Shougang Shuicheng, située dans la ville de Liupanshui, l’installation atteint désormais une puissance totale de 30 mégawatts.

« Avec ses deux unités désormais opérationnelles, le projet Carbon One est apte à fournir une capacité installée stable de 30 MW, ce qui en fait le projet de production d’électricité à partir de dioxyde de carbone supercritique le plus grand, le plus avancé et le plus abouti au monde actuellement en fonctionnement », ont fièrement annoncé les représentants du China National Nuclear Corporation (CNNC) dans un communiqué de presse, lundi 1er juin.

Revaloriser les déchets

Dans les aciéries et d’autres structures énergivores, d’immenses quantités de chaleur sont rejetées dans l’environnement sans être utilisées. Un gâchis. Cette nouvelle centrale, au contraire, récupère cette énergie résiduelle et la transforme en électricité. Comment ? En utilisant du CO₂ porté à l’état supercritique, une phase particulière où il adopte à la fois des propriétés liquides et gazeuses, comme fluide de travail.

Cette caractéristique permet non seulement de transporter et de transformer de l’énergie, mais aussi d’améliorer les performances du système, avec un rendement thermique supérieur.

Vers une commercialisation mondiale

Installée au sein du complexe sidérurgique de Shougang Shuicheng, la centrale a déjà fait ses preuves. La première unité est en fonctionnement depuis décembre 2025 et a notamment tourné sans interruption majeure pendant plus de cinq mois. « Tous les indicateurs de performance ont atteint ou dépassé les objectifs fixés lors de la conception », rapportent les responsables du projet. Les essais réalisés ces derniers mois sont venus, eux, confirmer « la fiabilité des équipements clés et la stabilité de l’ensemble du système dans diverses conditions d’exploitation ».

La deuxième unité, raccordée samedi 30 mai, a aussi fait l’objet de tests approfondis avant son intégration au réseau. Lancée à pleine capacité, l’installation attire déjà les regards des investisseurs du monde entier en raison de ses applications potentielles dans les centrales nucléaires de nouvelles générations, les installations solaires thermodynamiques, la géothermie et la récupération de chaleur dans d’autres secteurs industriels. Les chercheurs chinois accélèrent d’ores et déjà son déploiement en vue d’une commercialisation à grande échelle.

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