Une croissance hors-norme pour un pays riche qui pourrait atteindre 3,8%: mais comment fait Israël pour avoir une économie aussi forte (et une faible inflation) malgré la guerre?
Malgré trois ans de conflit au Moyen-Orient, l’économie israélienne figure toujours parmi les plus florissantes dans le monde. La banque centrale du pays prévoit une croissance de 3,8% en 2026, un chiffre malgré tout en repli par rapport aux 5,2% annoncés en début d’année.
Ce n’est pourtant pas l’effort de guerre qui porte l’économie, selon les gouverneurs. Amir Yaron, l’un d’entre eux, estime ainsi que si les conflits en cours étaient résolus, le pays pourrait retrouver 5,5% de croissance dès l’année prochaine.
Un poil plus prudent, le FMI lui prédit une croissance de 3,5% en 2026, suivie d’une autre, de 4,4% l’année prochaine. Deux taux largement au-dessus de ses anticipations pour les pays du G7, alors que les États-Unis plafonnent à 2,3% et l’Union européenne à 1,3%.
Cette hausse n’est pas uniquement liée à l’inflation, qui a même diminué sur les deux premiers mois du conflit avec l’Iran. En mars, elle s’élevait à 1,9%, largement dans la fourchette fixée par la banque centrale, qui n’intervient pas avant 3%. Le taux de chômage augmente quant à lui, pour se stabiliser à 3,2% en mars. Là aussi, des performances bien supérieures à celles américaines (4,3%) et européennes (6,2%).
Un retour à la paix serait bénéfique pour l’économie.
Comment expliquer de telles performances pour un pays enlisé dans les conflits depuis le 7 octobre 2023? Les analystes, en plus des aides apportées par Donald Trump et les Etats-Unis, pointent la résilience du secteur privé grâce à une main d’oeuvre hautement qualifiée. Israël exporte principalement de la haute technologie, notamment dans le secteur de la défense, à l’Occident. Le pays dispose aussi de ressources gazières, qu’il développe massivement.
« En 2025, Israël a enregistré (…) le rachat de Wiz par Google pour 32 milliards de dollars et celui de CyberArk par Palo Alto Networks pour 25 milliards de dollars, les deux opérations ayant été finalisées en mars 2026 », observe ainsi Keren Uziyel, de l’Economist Intelligence Unit dans une note de blog.
L’experte estime que si le cessez-le-feu se maintient, même sans être respecté à la lettre, la croissance pourrait grimper à 3% en 2026. Elle avance aussi l’argument d’une population jeune, « selon les normes des pays développés » (29 ans d’âge médian), qui bénéficie de ces investissements massifs et peut les réinvestir dans l’économie locale. L’indice de fédoncité (le nombre d’enfants par femme) atteint 2,9, ce qui fait d’Israël le seul pays de l’OCDE à dépasser le seuil de renouvellement de sa population qui est de 2,1.
Le maintien d’un semblant de paix semble en revanche impératif.
« L’économie israélienne commence à ressentir les effets de la guerre, constate sur son blog Joao Gomes, professeur à l’Université de Pennsylvanie. Le pays s’approche d’une pénurie de main-d’oeuvre, notamment parmi les actifs en âge de travailler, qui sont mobilisés par le conflit. Le tourisme est également fortement touché. »
Les experts semblent donc unanimes, un retour à la paix serait bénéfique pour l’économie israélienne. À l’heure actuelle, un cessez-le-feu est toujours en vigueur avec l’Iran, dans l’attente de négociations pour un accord de paix. Le pays continue en revanche de bombarder le Liban.

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