En 2026, Aleph Farms se positionne comme un leader de la viande cultivée en phase de commercialisation, visant le lancement sur le marché de son « Petit Steak » (Aleph Cuts). L’entreprise israélienne, qui a atteint une réduction drastique de ses coûts de production, se concentre sur le développement de la marque et la production via des partenaires externes, après l’ouverture d’un centre de R&D.
- Crise de financement et de valorisation : Après avoir levé environ 140 millions de dollars, la baisse de l’appétit des investisseurs pour le risque (hausse des taux d’intérêt) a rendu le capital plus coûteux et difficile à obtenir, forçant une réévaluation drastique de l’entreprise.
- Difficultés de mise à l’échelle : Passer du stade de laboratoire à la production commerciale de masse (scaling) est complexe techniquement et onéreux.
- Défi de l’acceptation par le consommateur : Malgré les promesses environnementales, de nombreux consommateurs, y compris la génération Z, restent réticents à l’idée de manger de la viande de synthèse.
- Stratégie de croissance : L’entreprise a été critiquée pour une expansion potentiellement trop rapide et des erreurs stratégiques dans un secteur où les attentes ont été surestimées.
- Certification Religieuse : Bien qu’ayant reçu des approbations réglementaires, la conformité casher/halal nécessite de structurer la banque de cellules, ce qui ajoute un niveau de complexité à la production.
L’entreprise israélienne Aleph Farms est pionnière dans le développement de produits carnés cultivés. Fondée en 2017 par Didier Toubia et la professeure Shulamit Levenberg, l’entreprise est spécialisée dans la production de steaks de bœuf cultivés en laboratoire. Grâce à une technique qui permet de cultiver des cellules animales dans un bioréacteur qui recrée les conditions biologiques de l’organisme de l’animal, ils éliminent le recours à l’abattage traditionnel. Leur produit phare, le Petit Steak cultivé, est élaboré à partir de cellules non modifiées et non immortalisées d’une vache Black Angus de première qualité, nommée Lucy, associées à une matrice protéique végétale de soja et de blé.
En 2024, Aleph Farms a reçu la première autorisation réglementaire au monde pour la production de bœuf cultivé de la part du ministère israélien de la Santé, lui permettant de produire et de commercialiser ses produits sur le marché national.
« Chez Aleph Farms, notre objectif n’est pas de remplacer la viande traditionnelle, mais de construire un système alimentaire plus durable, plus éthique et plus résilient. La viande cultivée apporte une réponse concrète aux grands défis de notre époque — qu’il s’agisse du changement climatique, de la sécurité alimentaire ou du bien-être animal. Ce n’est pas de l’innovation pour l’innovation, c’est de l’innovation avec du sens », a déclaré Didier Toubia, CEO et cofondateur d’Aleph Farms.
L’entreprise s’engage en effet en faveur du développement durable et vise à atteindre la neutralité carbone pour ses activités d’ici 2025 et pour l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement d’ici 2030. En 2019, Aleph Farms a mené la première expérience mondiale de culture de viande à bord de la Station spatiale internationale, en collaboration avec 3D Bioprinting Solutions, afin de produire du tissu musculaire à petite échelle en microgravité.

L’entreprise a attiré d’importants investissements de diverses sources, notamment une levée de fonds de 105 millions de dollars en 2021. Le célèbre acteur et environnementaliste Leonardo DiCaprio a notamment rejoint Aleph Farms en tant que conseiller et investisseur, soutenant ainsi sa mission de transformation du système alimentaire et de lutte contre le changement climatique.
Mais malgré ses avancées innovantes, Aleph Farms, dont le siège social est à Rehovot, fait face à des difficultés financières. Début 2025, l’entreprise a lancé une levée de fonds d’urgence afin de réunir 25 millions de dollars pour poursuivre ses activités, suite à une baisse significative de l’intérêt des investisseurs pour les secteurs des protéines alternatives et de la viande cultivée. De plus, mi-2024, Aleph Farms a licencié environ 30 % de son personnel en raison de difficultés à obtenir des investissements importants.

Aleph Farms incarne l’avant-garde d’une révolution alimentaire mondiale. En combinant innovation biotechnologique, éthique environnementale et vision stratégique, l’entreprise israélienne ne se contente pas de produire de la viande en laboratoire — elle redéfinit la manière dont nous concevons l’alimentation, la durabilité et la souveraineté alimentaire.
Caroline Haïat
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